Critique ciné : Iron Man 3

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Depuis qu’il a sauvé la Terre avec les autres Avengers, Tony Stark ne trouve plus le sommeil et est pris de violentes crises de panique, angoissé à l’idée de perdre la femme qu’il aime face à des menaces inconnues. C’est alors qu’un impitoyable terroriste international, le Mandarin, fait son apparition et provoque plusieurs attentats dans des conditions mystérieuses, impliquant qu’il a accès à une technologie de pointe. D’abord intrigué, Stark en fait une affaire personnelle lorsque son chauffeur et ami devient l’une des victimes du super-méchant. Mais même dans l’armure de Iron Man il n’est pas invincible, et le héros va se retrouver mis plus bas que terre

«Le film redore malgré tout le blason du personnage»

La saga Iron Man a cela de particulier dans l’univers Marvel – version cinéma – que c’est par elle que la firme a lancé ses grandes manœuvres, dont la première phase s’est achevée il y a presque un an avec la sortie de Avengers. Un départ en fanfare qui avait pris beaucoup de monde au dépourvu, tout comme sa suite même si ce n’était pas pour les mêmes raisons. Extrêmement décevante, celle-ci ne savait pas en fait exploiter le potentiel de spectacle mis en place par l’opus précédent, elle se préoccupait plus des interrogations de ses personnages que du désir des spectateurs. Pour Iron Man 3, le changement de réalisateur laissait donc espérer un changement de cap, un redressement de la barre. Surtout avec le badass Shane Black pour remplacer Jon Favreau.

Le vent de la nouveauté est pourtant loin d’être évident, ce troisième volet continuant de rester très centré sur les protagonistes et particulièrement son Tony Stark de héros, ici terrassé par le doute et les angoisses après les événements du crossover de l’année dernière. Nous n’avons ainsi toujours pas droit au blockbuster furieux que nous attendons depuis que nous avons vu l’armure en action, cependant une différence se fait au niveau de l’écriture. Incomparablement plus vivante, celle de Shane Black – scénariste réputé pour les Arme fatale ou Last Action Hero – aide à mieux faire passer la pilule. En bon spécialiste qu’il est des dialogues plus fins qu’ils n’y paraissent et bourrés d’humour, il fait déferler une avalanche de réparties cinglantes qui n’épargnent pas même les enfants, fait rare dans une grosse production chapeautée par un studio comme Disney (rappelons qu’ils sont les nouveaux propriétaires de la Boîte aux idées).

Peut-être d’ailleurs qu’il y a justement un peu trop de comédie. Outre un Robert Downey Jr en roue libre (ce à quoi nous commençons à être habitués), le cinéaste n’hésite pas en effet à tourner en ridicule un héros déjà bien diminué par sa dépression et, trahison des trahisons, il va jusqu’à démystifier l’armure dans un même mouvement. Shane Black fait du Shane Black et comme à sa grande époque de scénariste, le bonhomme s’attache à montrer l’être humain caché derrière l’image du super-héros américain traditionnel, un courant apparu en même temps que lui dans le ciné US des années 80 et dont Iron Man 3 découle indéniablement. Nombreuses sont ainsi les séquences fonctionnant selon la mécanique du buddy-movie, Stark changeant plusieurs fois de partenaire au gré des aléas du script, et le super-héros se retrouve dans des scènes d’action old-school rappelant par moment Commando (l’attaque de la villa) ou Die Hard 3 (les premières minutes du climax). Moins d’armure, plus de flingues, voilà qui ne ressemble en rien aux autres productions de la galaxie Marvel, lesquelles tendent de plus en plus vers la science-fiction épique.

Merci aux artistes de Digital Domain et Weta Digital qui remplacent ILM au pied levé sur cet opus, le film n’est pas perdu pour autant lors des passages gorgés d’effets spéciaux puisque le final ou la scène du sauvetage aérien constituent des moments de spectacle ne déméritant pas, d’autant que le milliardaire en armure est enfin mis face à des ennemis de poids. C’est toutefois vraiment grâce à son scénario que Shane Black gagne des points et démontre le bien-fondé de sa nomination sur un blockbuster de ce type, que ce soit dans l’intelligence de son traitement des thèmes de l’armement et de la surprotection ou sa petite charge sympathique contre la manipulation de la peur par le pouvoir dirigeant. Absent des plateaux depuis un bout de temps (son dernier travail officiel date de 2005 avec Kiss Kiss Bang Bang), l’artiste n’avait pas eu l’occasion d’évoquer l’Amérique post-11 septembre et étonnamment, il profite de ce film-ci pour le faire. Encore une manière de faire ressortir ce métrage des autres représentants du genre, même au sein de sa propre écurie.

Avec Iron Man 3, Shane Black a donc vraiment fait un film de super-héros à sa sauce et si ce n’est pas tout à fait ce qu’on attendait d’une nouvelle aventure de Tony Stark, plus encore après la pantalonnade du deuxième opus, il redore malgré tout le blason du personnage en solo. Et il s’est rappelé à la mémoire des grands studios qui, on l’espère, ne tarderont pas à remettre son talent à l’épreuve.

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