Critique ciné : Du plomb dans la tête

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Engagé pour un contrat en apparence des plus banals, Jimmy Bobo, un tueur à gages de la Nouvelle-Orléans, se fait doubler par ses employeurs et son coéquipier est assassiné. Réclamant vengeance dans le sang, il se retrouve alors à collaborer avec un policier isolé sur la piste d’un promoteur véreux. Mais si les deux hommes partagent le même but, leurs méthodes n’ont rien de comparable

«Si le revival des 80′s doit servir à une chose, c’est à ça»

En droite lignée de sa vague revival du cinoche d’action des 80′s, Sylvester Stallone veut nous prouver qu’il en a toujours dans les biscottos avec Du plomb dans la tête, buddy-movie hardboiled tiré d’un roman graphique français (yep, la classe) éponyme et sous très forte influence des classiques de la catégorie. Qui de mieux alors pour mettre cela en images que le revenant Walter Hill, venu remplacer au pied levé un Wayne Kramer (Droit de passage) brouillé avec Sly ? Qui de mieux en effet que l’homme nous ayant livré le binôme 48 heures et Double détente, véritables fleurons du genre ? «Personne» serait-on tenté de dire car même si ça fait une grosse décennie que nous n’avons pas vu son travail sur grand écran, depuis Un seul deviendra invincible, le bonhomme n’a rien perdu de sa niaque légendaire.

Sans en faire aucun mystère avec un tel pedigree, le métrage descend donc clairement de ce que l’on pouvait voir il y a une trentaine d’années dans les salles obscures. La bande-dessinée originale était déjà comme ça et son adaptation renforce cette impression, Hill abondant pleinement dans cette direction avec un plaisir non-feint. Après tout, on lui demande de refaire ce qu’il sait faire de mieux et de ne pas se préoccuper des modes actuelles, de faire ce qu’il veut en somme. Le rythm’n blues qui ouvre le film donne tout de suite le ton, et on aura même droit par la suite à quelques notes de saxophone (on avait presque oublié que ça existait, tout comme le coup du coéquipier tué en début d’intrigue). A l’image, tous les lieux que l’histoire nous fait traverser ont un parfum de déjà-vu et la boîte de strip-tease est en fait le seul aux abonnés-absents. Pour le reste ils ne manquent jamais de nous rappeler les décors d’autres métrages, d’autant que le cinéaste adore les néons et en met partout comme à la belle époque. Le réalisateur des Guerriers de la nuit cède bien alors à quelques tics de réalisation de ses jeunes successeurs telle une caméra trop agitée lors des scènes d’action – une pratique quand même utile pour camoufler l’âge de Stallone et son implication moindre dans les cascades – mais ça ne retire rien à l’impact de ces moments d’une violence ultra-sèche et en même temps ultra-fun. Du pur 80′s style. On retrouve la fureur de Dernier recours dans les fusillades et les bastons font mal pour de vrai, rarement on a ressenti à ce point le choc des coups. Hill veut nous mettre KO et livre un spectacle sans concession, en une impunité similaire à celle de l’époque Reagan dont ce fut bien l’un des seuls aspects positifs.

La vraie bonne surprise est cependant que Du plomb dans la tête est bien supérieur à ce que laissait entendre sa campagne de promotion, nombre de scènes présentes dans les trailers étant en réalité absentes du montage final. L’intrigue avec la fille du tueur à gages se passe ainsi des considérations lénifiantes entrevues et surtout, nous échappons à la cascade de vannes sur le fait que Sly est vieux et son collègue jeune, lesquelles s’annonçaient bien lourdingues. Bon, on a quand même droit aux blagounettes racistes sur les asiatiques mais là encore, c’est dans la tradition du buddy-movie de charrier à tout-va et un peu n’importe comment. Hill nous fait en tout cas oublier ça en conduisant son intrigue au plus court (avec le risque d’un enchaînement parfois un brin trop métronomique), il fait dans l’efficacité et le fait plutôt bien, déjà en choisissant ses thèmes avec soin. Au lieu de la confrontation générationnelle, il a en effet resserré son récit sur l’antagonisme criminel / flic, bien plus riche pour la caractérisation des personnages et prenant pour les spectateurs. De quoi satisfaire aux exigences du buddy-movie tout en adoptant un ton un peu plus rêche qu’à l’accoutumée. La star de soixante-six ans est alors parfaitement à l’aise dans ce cadre qu’il connaît par cœur et Sung Kang (les derniers Fast and Furious) ne démérite pas bien qu’il ait à certains moments du mal à s’imposer face à la gouaille de Sly. Mais plus encore, c’est Jason Momoa qui impressionne par le charisme et la dangerosité qu’il dégage. Le comédien hawaïen mérite vraiment qu’on lui redonne une chance après l’échec public de Conan, dans lequel il était loin de se ridiculiser par ailleurs, tant il sait donner de l’envergure à des rôles presque aussi causants que ceux de The Artist.

Petite péloche sans prétention autre que de nous faire renifler des effluves de poudre et sueur avec une bonne marrade de temps en temps au milieu, Du plomb dans la tête marque donc surtout le grand retour de Walter Hill aux affaires après son excursion westernienne sur le petit écran (Deadwood, Broken Trail). On ne sait pas s’il voudra persévérer de la sorte (peut-être voit-il cela comme un chant du cygne, ce qui serait crédible vu la teneur nostalgique du projet) ou même s’il le pourra (le film est l’un des plus gros plantages de Stallone au box-office US) mais ce qui est certain, c’est que nous prenons un réel panard à le voir ainsi ressusciter l’âge d’or du buddy-movie. Si le revival des années 80 doit servir à quelque chose, c’est bien à cela.

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Une Réponse à “Critique ciné : Du plomb dans la tête”

  1. Nauru wycieczki dit :

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