Critique ciné : Die Hard – Belle journée pour mourir

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Sans nouvelles de son fils depuis plusieurs mois, John McClane est particulièrement inquiet lorsqu’il apprend que celui-ci est sur le point d’être jugé pour meurtre en Russie. Se rendant à Moscou, le flic new-yorkais arrive au tribunal pour assister à la tentative de meurtre d’un industriel que sa progéniture – en fait un agent secret au service de la CIA – doit protéger. Encore une fois au mauvais endroit, au mauvais moment, McClane est alors embarqué dans une course-poursuite qui le conduira jusqu’à Tchernobyl

«Mauvais film pour mourir»

Saga culte dans la catégorie action bourrine et intelligente, Die Hard et son héros John McClane étaient revenus sur le devant de la scène en 2007 avec un quatrième épisode mis en scène par Len Wiseman, tout juste sorti de ses Underworld. Largement conspué dans la presse ou parmi la communauté des fans, on parlait alors du film qui enterrait le fameux flic poissard new-yorkais, d’une véritable trahison même. Une volée de bois vert pas très juste au regard des qualités de ce volet, loin de faire honte à la tradition, mais qu’importe car avec ce nouveau Die Hard : Belle journée pour mourir, le précédent opus ne pourra qu’être revu à la hausse.

Cette fois, la soi-disant trahison est donc indéniablement consommée. Soit, ils ont remis les insultes et autres «fuck» chers au personnage de Bruce Willis mais à côté de cela, ils réussissent l’exploit de démolir son image d’entrée de jeu, sans s’embarrasser de nous laisser un quelconque espoir. La première scène d’action est par le fait symptomatique de cela puisque notre héros y est transformé en roquet pourchassant des voitures (littéralement) et aboyant des vannes ineptes à la chaîne. Triste spectacle, et ce n’est pas tout. Car dans l’irritante tradition de l’actioner décérébré (dont les Die Hard n’avaient jamais fait partie), ils en ont fait un gros con de touriste américain – blagues racistes à l’appui – qui oublie jusqu’à sa vocation de policier en écrasant (littéralement, encore) la population. Il n’est plus là pour protéger le citoyen ou même sauver la situation mais juste pour faire de la casse, comme si la saga se résumait à cela. Tournée en ridicule, la légende s’auto-parodie donc pour n’être plus qu’un bouffon blagueur et brise-fer. Heureusement alors qu’il est toujours aussi efficace dans l’action, aussi bien le personnage d’ailleurs que son interprète malgré les années qui s’accumulent. Ceci dit, son remplacement est tout de même anticipé avec l’arrivée du fils, joué par un Jai Courtney (Varro dans la première saison de Spartacus) qui y croit à mort. La conviction des comédiens ne suffit pourtant pas à rendre intéressante la relation conflictuelle père-fils, celle-ci ne se montrant un brin tangible que lorsque le duo se prépare pour le showdown final.

La faute incombe clairement en grande part au réalisateur John Moore, qui n’a jamais su raconter correctement une histoire. En réalité, la seule fois où y est presque parvenu, c’était avec La Malédiction, et il s’agissait d’un remake à la quasi-scène près de l’original de Richard Donner. Enfin ce n’est pas tant qu’il ne sait pas raconter une histoire mais plutôt qu’il en a rien à battre, à en juger la pluie d’aberrations et incohérences qu’il accepte de filmer ou de laisser telles quelles après l’étape du montage. Yes man assez doué sur le plan visuel (quoique il a un peu tendance à abuser ici de la shakycam), il semble donc bien que ça n’ira jamais plus loin pour lui, en tout cas tant qu’il se contentera de bosser sur des scripts (trafiqué pour devenir un Die Hard ?) à ce point indigents, fardés de méchants au charisme de navet. Moore n’a même pas la volonté de restituer l’aspect épique de la saga et se contente de livrer une péloche d’à peine 1h30, alors que Moscou se posait comme une énorme cour de récréation. Pas très nombreuses et amenées mécaniquement, les explosives scènes d’action (magnifique boulot des cascadeurs) ne parviennent alors pas à sauver l’ensemble car elles sont régies par les mêmes problèmes que le reste, à savoir qu’elles ne cachent rien de leur gratuité pour atteindre un résultat spectaculaire et énorme mais creux, vain. Le stupide suicide en hélicoptère de la fin en est un exemple flagrant.

Même pas anecdotique, Die Hard : Belle journée pour mourir est donc bien un épisode honteux à oublier au plus vite, la chute que certains avaient prédit un peu trop vite. Cette fois, c’est clair, McClane a touché le fond, et malgré cela Bruce Willis et producteurs parlent de prolonger la série avec un sixième métrage, puis un septième… Mauvais film pour mourir mais parfois, il vaut mieux savoir arrêter les frais.

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