Critique ciné : Gangster Squad

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A la fin des années 40, la ville de Los Angeles est gangrenée par un nouvelle criminalité importée de l’est par Micky Cohen, un mafieux de la pire espèce ayant pris la ville sous sa coupe. N’en pouvant plus de voir leur travail sapé par la corruption et les bandits s’en sortir sans cesse, plusieurs policiers de la ville se regroupe dans une escouade secrète qui aura pour mission, par tous les moyens légaux ou illégaux, de l’empire de Cohen. Mais ce faisant, ils vont se mettre eux et leurs familles comme jamais auparavant en danger

«Franchement, on n’en attendait pas tant»

Sulfureux, violent, grandiloquent, le Los Angeles des années 30 à 50 dégage une aura particulière qui sied fort bien au polar, en témoignent L.A. Confidential, Black Dahlia ou plus récemment le jeu vidéo L.A. Noire (plus une tendresse toute particulière pour Qui veut la peau de Roger Rabbit ?). Exactement le genre d’oeuvres qu’on adore mais bien trop rares sur les écrans, certainement parce que les producteurs les trouvent trop vieillottes. A tort dirions-nous, le champ à explorer et réinventer étant énorme. Justement, avec Gangster Squad, le réalisateur du fort sympathique Bienvenue à Zombieland se propose alors de le dépoussiérer un brin, de remettre au goût du jour l’ensemble imper’, galure et Thompson dans le Hollywood de l’âge d’or. Mais de la même façon que Ruben Fleischer avait livré un film de zomblards à sa sauce sans rien trahir de la catégorie, il ne fait pas les choses n’importe comment cette fois encore.

Le plus grand risque que courrait le métrage était donc de laisser s’emballer sa logique et, à trop vouloir rajeunir son contenu, de tomber dans une bêtise crasse. Sauf qu’en y regardant de plus près, exception faite du couple glamour incarné par Ryan Gosling et Emma Stone, le reste du casting et la promotion de Gangster Squad font la part belle à des acteurs bien plus mâtures, loin des éphèbes des pages de tabloïds qu’on aurait pu se coltiner. Clairement, le film ne table pas sur le racolage du côté du public adolescent, il vise plus large et à plus de respectabilité. Que les teenagers se rassurent toutefois, ils n’auront pas à être déçus par les performances des solides Josh Brolin, Giovanni Ribisi ou Robert Patrick, parfaits dans les rôles de ces flics justiciers. Quant à Sean Penn, puissant et impitoyable, il est tout bonnement incroyable dans la peau du parrain Mickey Cohen et se hisse tout de suite parmi les grandes figures de la mafia au cinéma.

Tout le film de Ruben Fleischer prend à ce titre le parti de s’inscrire dans la tradition du genre, quitte à paraître manquer d’originalité. La structure de l’intrigue s’avère par exemple extrêmement classique, calquée même sur celle des Incorruptibles de Brian de Palma pour ne citer que lui (au passage, la fusillade finale dans le hall d’entrée fait d’ailleurs beaucoup penser à celle de la célèbre scène dans l’escalier de la gare). Plus encore, la forme du métrage respecte cette veine classique si ce n’est que son aspect «best of» et pop le fait tout de même basculer vers le Dick Tracy de Warren Beatty (le maquillage que Sean Penn y participe également beaucoup), ces allures de comic book movie n’étant absolument pas incompatibles avec un respect certain. D’autant que cela se fait sans tomber dans une réalisation trop moderne. Pas d’effets clinquants de mise en scène ou juste quelques ralentis, pas de musique contemporaine comme le faisait craindre la bande-annonce… Pour un peu, on se croirait face à une péloche tournée dans les années 80.

Reste alors bien sûr le problème de l’histoire discutable quant au thème de la justice sauvage, sujet toujours délicat à aborder, surtout que la question est posée par un des personnages mais rapidement éludée. En gros ils savent qu’il jouent avec le feu mais ils s’en foutent. Et ils ont bien raison car ce n’est pas franchement la peine de se prendre la tête avec ça dans le cas présent. La péloche a en effet beau se prévaloir d’être tirée de faits réels eux-mêmes relatés dans le livre Tales from the Gangster Squad de Paul Lieberman, c’est surtout le sentiment d’être devant une fiction qui ressort de l’oeuvre. Tout ça est trop manichéen pour être pris au sérieux sur ce point, nous sommes dans la logique décomplexée d’un film d’action ou d’un western. Et c’est par ce biais du divertissement que Ruben Fleischer, avec Gangster Squad, ressuscite le polar old-school, avec panache et sans tomber dans les pièges du jeunisme. Franchement, on n’en attendait pas tant.

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