Critique ciné : Mais qui a re-tué Pamela Rose ?

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Cela fait des années que les agents Ripper et Bullit ont résolu avec succès l’affaire Pamela Rose, chacun ayant depuis pris son propre chemin. L’un est devenu le souffre-douleur de ses collègues du FBI tandis que l’autre, à la retraite, profite de sa nouvelle vie pour de chanter de la country dans les barbecues de voisinage. Pourtant, lorsque la tombe de Pamela est profanée, les deux anciens partenaires oublient leurs différends et refont équipe pour résoudre une enquête de laquelle pourrait dépendre la survie de la présidente des Etats-Unis of America

«A recommander aux connaisseurs»

Passés à la postérité sous le pseudonyme KDO, d’abord à la radio puis à la télévision, Olivier Baroux et Kad Merad avaient déjà transposé leur univers comique au cinéma il y a presque dix ans avec Mais qui a tué Pamela Rose ?, la première enquête de leurs agents débilos et culte du FBI. Néanmoins, comme c’est le cas pour beaucoup de duos, chacun a par la suite tracé la route de son côté, Un Ticket dans l’espace marquant la fin de leur collaboration pour ne plus se limiter qu’à des visites surprises. C’est dire donc si Mais qui a re-tué Pamela Rose ? sonne comme des retrouvailles pour eux mais également et surtout pour les fans, à qui il tardait autant de revoir Douglas Ripper et Richard Bullit que leurs interprètes re-déconner de concert.

Et il était plus que temps car le moins que l’on puisse dire, c’est que les deux comiques sont loin de profiter de la même hype que lors du premier film. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à voir les seconds rôles où se pressent bien moins de caméos «de prestige» car même s’ils ont réussi à débaucher Omar Sy et Audrey Fleurot, deux des acteurs du méga-carton Intouchables, cela sent plus la manœuvre pour retrouver une certaine alchimie, se forger un grigri pour le box office. En effet, Olivier aurait bien besoin d’un succès après les scores relativement décevants de ses comédies en tant que réalisateur et quant à Kad, il est passé de l’hyper-popularité à un certain gavage à force d’omniprésence (ce dont il se moque d’ailleurs au détour d’un gag). Ces retrouvailles ne sont alors pas totalement innocentes mais qu’importe, puisque le plaisir qu’ils y prennent est évident et communicatif.

Ainsi, le manque de cohérence du scénario coécrit avec l’habituel Julien Rappeneau (bah quoi, on s’en fout alors de l’affaire Pamela Rose ?) ne doit pas nous induire en erreur, il s’agit d’un véritable retour aux sources pour les deux acteurs / réalisateurs / scénariste. Pour ceux qui connaissent, nous sommes en plein dans le registre de leur glorieuse époque sur la chaîne Comédie!, au point que l’on a même droit au recyclage de quelques-uns de leurs gags les plus célèbres. La parenté tient donc au fait qu’ils n’ont rien perdu de leur ton potache, très inspiré des chefs d’oeuvre des ZAZ dès lors qu’il s’agit de mettre ça en forme dans un long-métrage. A ceci près qu’eux paient de leur personne quand ils font un film. Déjà qu’ils endossent quantité de casquettes, le duo s’implique effectivement toujours plus en interprétant plusieurs personnages et en assurant toutes les voix qu’on peut entendre à la radio, télé… ils donnent même de la voix pour une chanson de zouk ! Une touche de système D qui rappelle là encore l’esprit de leur passage sur le satellite, peut-être davantage que dans Mais qui a tué Pamela Rose ?

Cependant, le plus gros changement comparé au premier opus ciné de Ripper et Bullit concerne l’abandon progressif de l’enquête policière à la Twin Peaks pour une trame dans la veine de Dans la ligne de mire, avec tueur monomaniaque et président(e) en danger. Assez faiblard dans l’ensemble même s’il sait parfois se jouer de nous, le scénario est alors compensé par la qualité et l’abattage des gags, Kad et Olivier se lâchant en particulier sur les (très nombreuses) blagues métafilmiques pour flirter avec l’absurde le plus complet sans jamais être stupides non plus. Ils savent autant ce qu’ils veulent que ce qu’ils font et par exemple, comme Eric Lartigau à l’occasion du précédent, leur réalisation soignée reprend les apparats du genre qu’ils parodient plutôt que d’adopter une pure esthétique de comédie, au risque de s’aliéner une frange du public habituée à un spectacle plus traditionnel. Bien qu’il ne soit alors pas nécessaire d’avoir vu le premier film avant de s’attaquer à celui-ci, Mais qui a re-tué Pamela Rose ? reste à recommander aux connaisseurs, ceux appréciant l’humour du duo depuis leur début car c’est bien à eux qu’il s’adresse. Il en va souvent ainsi avec les retrouvailles.

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