Critique ciné : Expendables 2 – unité spéciale

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Revenus d’une mission explosive en Chine, Barney Ross et ses hommes sont contactés par l’agent Chapelle de la CIA qui leur impose – en guise de remboursement pour une dette en souffrance – une mission apparemment des plus simples : récupérer le contenu d’un coffre dans un avion s’étant crashé en Europe de l’est. Mais une fois sur les lieux, les Expendables tombent face au terroriste international Vilain, lequel convoite l’objet de leur mission pour mettre la main sur cinq tonnes de plutonium et plonger ainsi le monde dans le chaos

«Il faut se demander s’il ne serait pas temps d’arrêter les frais»

Avec la vivacité de la jeunesse mais inspirés par le temps jouant contre eux, Sylvester Stallone et sa bande de potes ultra-burnés sont de retour pour Expendables 2 : unité spéciale, LE shoot de testostérone de cet été 2012. L’occasion de rameuter de petits nouveaux que nous avions espérés en vain dans le premier volet (Jean-Claude Van Damme, Chuck Norris…) et d’en corriger également les bavures, lesquelles étaient quand même parvenues à ternir ce qui s’annonçait comme l’un des fantasmes les plus jouissifs jamais portés à l’écran. Mais après tout, si tout le monde a droit à une seconde chance, on peut bien en donner deux ou trois de plus à des stars de leur calibre !

Un privilège qui se mérite car en plus de nous être éternellement sympathiques, ces acteurs sont lucides quant à leur statut et cela se ressent sur le métrage, qui n’est pas dupe de son caractère bas du front. Plus encore, il s’avère en fin de compte très potache et en rajoute une couche sur le second degré par rapport au premier volet. Déjà, appeler le méchant Vilain et en faire un suppôt de Satan, faut oser, mais surtout il y va tant dans la blague clin d’oeil lancée aux spectateurs (jusqu’aux «Chuck Norris facts» si chers aux internautes) qu’on pourrait presque parler de métafilm. On rit ainsi gentiment – avec eux – des vieux de la vieille, de leurs longues carrières, et le film d’aborder justement ce sujet de la vieillesse alors que le précédent voulait au contraire le faire oublier. Le personnage du jeune loup interprété par Liam Hemsworth, inclus pour apporter la touche sexy que même Statham ne peut plus assurer, tendrait à faire croire le contraire or, fort heureusement, le choc des générations est abordé avec humour et une certaine tendresse propre à Stallone. Et si ça vous saoule quand même, sachez que le sujet est vite éclipsé pour se concentrer sur le sérieux !

Enfin, Expendables 2 : unité spéciale commence aussi avec du costaud. Absolument monumentale, la scène d’ouverture semble au départ vouloir marcher sur les plates-bandes de Commando avec son génocide de soldats anonymes. Mais ça c’est avant de nous faire comprendre que son mètre-étalon à dépasser, ce sont en fait les FPS nouvelle génération type Call of Duty et autres Battlefield. Un modèle donnant l’opportunité au réalisateur Simon West (Les Ailes de l’enfer) de se surpasser et entre l’enchaînement ininterrompu des situations les plus périlleuses et cinégéniques qui soient ou le carnage qui fait rage (avec même un peu de gore bien que nous soyons très loin des excès de John Rambo), il faut bien reconnaître que jamais séquence ne s’est approchée à ce point du feeling de ces jeux vidéo.

Le problème est qu’ensuite le film ne se risque plus une seule fois à reproduire de telles envolées : s’il se suit plus agréablement que le premier Expendables un peu beauf (rassurez-vous, il en subsiste quelques reliquats), il surprend en définitive beaucoup moins sur la longueur. Le tournage à l’économie dans les studios Boyana de Millennium Films et Nu Image n’est pas alors à mettre en cause mais plus l’amoncellement de contraintes propres à la nature du projet. Soit faire coïncider les calendriers de chacun (Jet Li se casse au bout d’un quart d’heure pour ne plus revenir), composer avec des acteurs qui tirent un peu trop visiblement sur la corde (la principale cascade de Schwarzenegger consiste à se relever de derrière un bureau), caser tout ce petit monde dans un seul scénario (Statham est réduit à un sidekick comique ne s’exprimant que par vannes)… Tout ça nous conduit comme un cheveu sur la soupe (franchement, le climax donne le sentiment d’arriver une bonne demi-heure trop tôt) jusqu’à un combat final ultra-minimaliste, avec un JCVD caché – à juste titre vu comme il a le regard bouffi – derrière ses lunettes et un Sly refusant à l’évidence de prendre les mêmes risques que dans le précédent opus. Et quand même l’initiateur de cette folle équipée ne veut (ne peut ?) plus s’impliquer, il faut se demander s’il ne serait pas temps d’arrêter les frais.

Toujours est-il que l’ensemble se suit agréablement et ressuscite une nouvelle fois avec délice le ciné en sueur des 80′s. Un programme que nous aurions encore plus apprécié s’il ne sonnait comme un glas pour nos gloires du passé car, parti sur les chapeaux de roues, Expendables 2 : unité spéciale souffre en effet d’un manque d’endurance que l’on redoute d’associer à de la gériatrie mais qui, vues les circonstances, ne peut que nous venir à l’esprit. On verra si l’avenir nous fait mentir avec Stallone dans Bullet in the Head, Schwarzy dans The Last Stand, mais il va certainement falloir se préparer à faire son deuil des action heroes de la belle époque…

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