Critique ciné : L’Age de glace – la dérive des continents

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Désormais installés et bienheureux, nos trois amis n’en ont pas moins chacun leurs soucis : Manny se fait un sang d’encre pour sa fille, adolescente en pleine émancipation. Diego, toujours aussi solitaire, se demande s’il n’est pas temps de chercher l’amour. Et Sid… est Sid. Mais cette quiétude est bouleversée lorsque débute la dérive des continents, une brusque activité tectonique qui les sépare tous les trois de leurs proches et les envoie errer sur les flots, où ils ne manqueront pas de croiser maints dangers. Le temps presse pourtant, car la horde est menacée

«Et ainsi part à la dérive la saga»

Jamais espèces éteintes n’auront tant fait parler d’elles (enfin, jusqu’à Jurassic Park 4) et pour la quatrième fois, la horde de L’Age de glace est de retour pour rafraîchir la période estivale. Il y a évidemment Manny le mammouth, Diego le tigre à dents-de-sabre et Sid le paresseux, le trio d’origine, auquel s’ajoutent leur famille, leurs amis, l’écureuil Scrat… Nous retrouvons donc tout ce petit monde dans L’Age de glace : la dérive des continents et mine de rien, ça commence à faire pas mal de personnages à suivre pour un seul métrage. Après alors un troisième épisode franchement cool (vive Buck la belette !), on se demandera comment fait celui-ci pour avoir si peu à raconter.

Tout commence ainsi de manière bien poussive, avec des idées grappillées à droite, à gauche sans grande conviction (la grand-mère sur les bras fait quand même beaucoup penser à Bonjour les vacances), et surtout parce que la logique de la saga atteint ici une très mauvaise passe : l’adolescence, ingrate comme il se doit. Le thème de la famille a en effet toujours été au cœur de la saga made in 20th Century Fox et Manny s’impose comme le membre le plus représentatif de cela. On l’a vu se faire des amis, on l’a vu rencontrer l’amour, on l’a vu devenir père et maintenant… on le voit gérer une adolescente, Pêche, soûlante dans la norme hollywoodienne des teenagers en manque de reconnaissance. Un personnage ultra-lourdingue qui amène irrémédiablement son lot de scènes d’autant plus usantes que nous les avons mille fois vues ailleurs, jusqu’au vrai pote que l’on trahit pour se rapprocher des gamins populaires. Oui, c’est de ce niveau-là, et ça ne brille pas davantage du côté des adultes puisque le père-poule reste une donnée extrêmement délicate à manipuler, qui vire vite ici au ridicule. Du très lourd. Et encore vous n’avez rien vu, puisque nous n’avons abordé jusqu’à présent que les vingt premières minutes du métrage…

La suite tente ainsi de nous faire vivre une aventure dont la logique et l’utilité nous échappent, le cul entre deux chaises à vouloir faire coïncider une relecture de L’Odyssée d’Homère avec le film de piraterie. Passait encore la trouvaille d’un monde perdu rempli de dinosaures dans L’Age de glace 3, ça restait dans le ton de la série, mais là on s’enfonce jusqu’au cou dans du grand n’importe quoi. C’est à dire deux pistes d’une intrigue bâtarde qui ne mènent strictement à rien (même les pirates arrivent à manquer de charisme), surtout qu’elles sont encore parasitées par deux autres. Comme si ça ne suffisait pas, il faut donc se coltiner en premier lieu l’exode plan-plan du troupeau avec Pêche et sa maman, pleine de poncifs teenagers et de fausse urgence. Et puis bien sûr, en second, nous retrouvons les intermèdes de Scrat qui continuent invariablement de casser le rythme depuis le début de la saga. Et ne surprennent même plus puisque deux d’entre elles servaient – dans leur quasi-intégralité – de bandes-annonces !

Au scénario bricolé au point de ne plus ressembler à rien, nous ajouterons encore une ultime couche en précisant que L’Age de glace : la dérive des continents est moins généreux question gags que dans les précédents opus (forcément, avec tout ce qu’il y a d’histoires à caser en moins d’une heure trente) et que ses scènes d’action ne soutiennent pas la comparaison avec celles du troisième, loin de là, achevant de nous convaincre de la médiocrité de l’entreprise. Et ainsi part à la dérive la saga avec ce film de trop.

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