Critique ciné : Avengers

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Alors que nous le pensions perdu à jamais dans le vide de l’inter-univers, le diabolique Loki a en fait été récupéré par un mystérieux peuple qui lui offre de nouveaux pouvoirs et l’envoie sur Terre, où il va pouvoir exercer sa vengeance. Représentant une menace jamais vue pour notre planète, Nick Fury, le responsable du S.H.I.E.L.D., réactive alors un projet abandonné il y a des années et consistant en la réunion des plus grands super-héros. Nom de code : Avengers. Mais la collaboration entre ces êtres hors-du-commun va s’avérer presque aussi dangereuse que les hordes ennemies attendant de nous envahir

« C’est un joli exploit qu’a réussi Joss Whedon »

Ça y est, Marvel l’a fait. Là où la Warner Bros. et DC Comics se sont cassés les dents sur Justice League of America, la « boîte à idées » est en effet parvenue à concrétiser son projet de réunir tous les plus fameux héros maison (ou presque) dans un seul film, Avengers. La récompense d’une stratégie commerciale et artistique rondement menée, en droite lignée de la politique prévalant dans les comics. Il est vrai alors que ça ne s’est pas fait sans quelques accrocs – rappelez-vous la déconfiture de certains des derniers films – mais cela aura au moins eu le mérite de permettre la mise en chantier de ce crossover gargantuesque où pour une fois ce ne sont pas les méchants qui se multiplient, mais bien les super-slips. Iron Man, Thor, Hulk, Captain America… toute la smala est là en force ! Le risque étant bien sûr que tant de fortes personnalités regroupées dans une seule péloche viennent l’étouffer, tirant chacune à elle la couverture de l’intrigue. C’est là qu’entre en scène Joss Whedon.

Pour ceux qui ne le connaissent pas, le sieur Whedon s’est fait avant tout connaître en créant la série Buffy contre les vampires après une première tentative (de triste mémoire) en long-métrage. Puis s’il a continué à oeuvrer pour la télévision avec des shows comme Firefly ou Dollhouse, il s’est aussi illustré quelque peu sur grand écran en signant les scripts du premier Toy Story et de Alien, la résurrection ou bien en adaptant sa série SF avec Serenity. Un parcours récompensé par une attention méritée et prouvant qu’il peut aisément passer d’un univers à l’autre mais malgré cela, on pouvait douter qu’il soit le plus qualifié pour un projet aussi maousse. Sans aller en effet jusqu’à un extrême tel que Kenneth Branagh débarquant sur Thor, sa nomination avait de quoi surprendre. Sauf que Whedon a pour lui, en plus d’une expérience bien commode de scénariste dans le monde des comics, de toujours choyer ses personnages. Et c’est en cela qu’il se révèle finalement un choix des plus judicieux.

On ne va pas se mentir cependant, Avengers comporte évidemment quelques blancs dans sa narration et on ne peut pas dire que tous les personnages soient vraiment traités à égalité : Iron Man reste le favori et cela finirait d’ailleurs par le desservir, car ses dialogues ne ressemblent quasiment plus qu’à une succession de vannes. Sans compter que les motivations des bad guys, Loki et de mystérieux méchants intergalactiques (restez pendant le générique de fin), demeurent des plus simplistes. Pourtant, l’ensemble fonctionne parce que personne n’est oublié grâce à la générosité du scénario (pour ne pas être noyé sous le flot d’informations, il est utile d’avoir vu les autres films ou de connaître un minimum la mythologie Marvel), dont l’histoire tourne toute entière autour de la création des Vengeurs et de la confrontation de leurs égos. Plus que de sauver le monde comme à l’accoutumée, il s’agit avant tout de se réunir pour le faire. Et cela va jusqu’au point où, pendant une grande partie du métrage, le danger ne vient pas de l’extérieur mais bien de certains membres du groupe ! Le traitement des personnages, leur évolution personnelle et celle de leurs relation, est ainsi ce qui nourrit directement l’intrigue.

Une telle ligne de conduite pourrait alors tuer le rythme à ceci près que le réalisateur / scénariste a eu la bonne idée de substituer certaines scènes de dialogues – qui auraient pu être longuettes, avouons-le – par de la bonne grosse baston. Oui, ici les super-héros se mettent sur la tronche entre eux, et méchamment encore ! Du pur régal pour geeks même si le film se garde bien d’établir clairement les rapports de force (faudrait pas se mettre à dos les fans de tel ou tel personnage), ce qui n’empêchera pas l’affrontement entre Tony Stark et le dieu du tonnerre d’enterrer toutes les scènes d’action regroupées de Iron Man 2. Tout ça nous conduit jusqu’à un climax apocalyptique qu’on aurait tôt fait de comparer à celui de Transformers 3 si on oubliait combien il est mieux structuré, et combien nous y sommes davantage impliqués. Rarement en effet l’adage « l’union fait la force » n’aura eu d’incarnation aussi galvanisante sur un écran, et Whedon s’avère décidément un réalisateur plein de ressources après le sympathique Serenity.

C’est donc un joli exploit qu’a réussi le papa de Buffy avec son Avengers, à savoir raconter une histoire « humainement » dense sans sacrifier au spectacle que nous sommes en droit d’attendre d’un blockbuster de ce calibre. Ça a l’air bête mais c’est une alchimie loin d’être facile à créer, que seuls peuvent atteindre des raconteurs d’histoire de sa stature. Il trouve même le moyen d’éviter les pièges dans lesquels commençaient à s’engluer les productions Marvel, jusqu’à l’humour au ras des pâquerettes, et ravive d’un coup notre intérêt pour ces adaptations. Définitivement alors, on peut le dire, l’union fait la vraie force. Mais il faut toujours quelqu’un de spécial autour de qui se réunir !

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Une Réponse à “Critique ciné : Avengers”

  1. mutuelle forum dit :

    ça a l’air un bon film

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