Critique ciné : Cloclo

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De sa jeunesse égyptienne à sa disparition tragique, découvrez l’incroyable destin de Claude François, la star de la chanson française la plus adulée de tous les temps. Véritable homme-orchestre dont l’ambition n’avait d’égal que sa perpétuelle insatisfaction et ses légendaires coups de gueule, nous le connaissions aussi bien talentueux qu’odieux. Il est alors désormais temps de lever le voile sur l’homme qui se cachait derrière cette image publique contrastée

« Il manque quelque chose pour s’extraire du biopic académique »

Très en vogue ces dernières années comme en témoignent les succès de La Môme, Gainsbourg, vie héroïque ou du diptyque Mesrine, le biopic à la française est de retour sur les écrans avec un film retraçant le parcours du bondissant et caractériel Claude François, dit Cloclo. L’une de nos plus grandes stars de la variétoche et par conséquent un sujet de choix pour l’exercice, dont Podium avait déjà démontré la popularité toujours vivace auprès du public. C’est donc sans la moindre surprise que nous voyons aujourd’hui débarquer cette nouvelle moissonneuse à récompenses et de la même manière, c’est sans grande surprise que nous la découvrons. Parce que même très réussie, une recette connue aura toujours un goût de déjà-vu.

Le métrage commence pourtant en dévoilant une période peu connue de la vie de l’artiste – sa jeunesse en Égypte et la relation conflictuelle avec ses parents – et ne se privera pas de révéler par la suite certains des aspects les plus sombres du personnage, surenchérissant ainsi sur la chiée de documentaires diffusés sur les ondes. On ne peut cependant s’empêcher de trouver son contenu un peu convenu, à la fois exhaustif (on commence avant la naissance de Claude pour finir après sa mort) et objectif plus que de raison, au point que Cloclo en devient forcément un peu scolaire et paraît réciter une leçon apprise sur le bout des doigts sans se l’être véritablement appropriée. La réalisation fonctionnelle de Florent-Emilio Siri n’est bien sûr pas étrangère à ce constat, le metteur en scène faisant montre d’une réserve similaire à celle constatée sur son précédent effort, L’Ennemi intime. On trouve bien quelques fulgurances rappelant le Oliver Stone de The Doors et une excellente utilisation des tubes du chanteur en complément du score de Alexandre Desplat (ils ont du sens vis à vis de ce qu’ils illustrent et ne se contentent pas d’être juste du fond musical pour vendre des compiles), cela n’évite pas l’impression d’être face à une simple énumération de faits, jamais lassante mais pas davantage excitante. Sans remettre en cause le talent de Siri derrière une caméra, loin de là, nous trouverons donc tout de même dommage qu’il ait choisi de privilégier à ce point l’efficacité narrative sur la personnalité pour son nouvel effort.

La grosse attraction reste toutefois le personnage de Claude François en lui-même, incarné par un Jérémie Renier ayant trouvé le rôle de sa vie et espérant certainement en tirer profit vu son implication à ressusciter l’idole des minets. Il y réussit d’ailleurs si bien que le film peut se permettre de mêler des images d’archives à celles du tournage sans que cela soit jamais choquant, c’est dire ! On pourra alors toujours arguer qu’il s’agit d’une voie express et un peu facile vers l’obtention de statuettes, une simple transformation physique, cela serait nier sa performance fusionnelle qui parvient à rendre sympathique – ou tout du moins humain – un personnage qui passerait sans ça seulement pour un gros con, voire même un fou dangereux à en croire cette séquence où il se comporte en véritable harceleur sexuel. Sa prestation risque en tout cas d’éclipser le reste de la distribution et c’est bien dommage car celle-ci recèle de très bonnes choses, en particulier un Benoit Magimel étonnant et méconnaissable dans la peau du nabab Paul Lederman.

Cloclo n’est donc en aucun cas une foirade, il se suit même plutôt agréablement et ravira les milliers de fans qui n’attendaient qu’une telle évocation du destin de leur idole, mais il lui manque définitivement quelque chose pour s’extraire de l’académisme du biopic. Vraiment, on ne peut alors que déplorer l’état du cinéma français qui s’ingénie trop souvent à ne confier des budgets à nos réalisateurs les plus talentueux que s’ils s’attachent à des projets formatés et sans risque, ou qui ne sortent pas des clous tout du moins. Comme d’habitude…

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Une Réponse à “Critique ciné : Cloclo”

  1. tiniere dit :

    je suis ok avec toi pour ta critique à 90% je pense que Jeremy Renier a du beaucoup travaille pour arriver à la gestuelle quasi parfaite de cloclo du coup je pense qu il merite une statue

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