Critique ciné : John Carter

john carter_taylor kitsch_lynn collins_andrew stanton_disney_affiche_poster

Nous pensons connaître la planète Mars, mais nous nous trompons : déjà, son véritable nom est Barsoom. Et loin d’être inhabitée, celle-ci est même le théâtre d’une terrible guerre sur le point de s’achever par la victoire des forces du Mal, épaulées par d’étranges êtres supérieurs. C’est là que débarque le terrien John Carter, un soldat sudiste déserteur et désabusé. Mais s’il se refuse à prendre part à un nouveau combat, l’humain du 19e siècle va néanmoins devoir accepter qu’il est le seul à pouvoir sauver Barsoom

« De la bonne grosse SF old-school »

A la recherche d’une nouvelle lucrative franchise alors que Pirates des Caraïbes semblait au point mort (rappelez-vous, le troisième était censé être le dernier), Disney sort des placards un projet qu’ils avaient échoué à concrétiser dans les 80′s : John Carter, l’adaptation d’Une princesse de Mars par Edgar Rice Burroughs, le papa de Tarzan. Soit la première pierre du Cycle de Mars et une oeuvre cruciale dans la démocratisation de la SF mais, il faut bien le dire, un peu oubliée aujourd’hui. Ne soulevant donc pas plus d’attente qu’il a de vraie star au casting, le film n’a pas d’autre choix que de mettre les bouchées doubles pour rameuter les spectateurs dans les salles obscures.

Et la première bonne idée a ainsi été de confier les commandes à l’échappé de Pixar Andrew Stanton, qui nous avait déjà conduit vers les étoiles avec le magistral Wall-E. Toutefois, comme son collègue Brad Bird il y a quelques mois avec Mission : Impossible – Protocole fantôme, il s’agit pour lui d’un passage au cinéma live et nous étions par conséquent particulièrement curieux de voir comment il allait s’en sortir. C’est à dire au moins presque aussi bien que le mec derrière Les Indestructibles et Ratatouille, si ce n’est qu’on le sent parfois freiné par les directives disneyennes (la décapitation foirée pour en atténuer la violence) et que, reconnaissons-le, ce métrage-ci ressemble beaucoup plus à de l’animation qu’une mission de Ethan Hunt avec sa pléthore de CGI. On ne peut cependant lui nier une certaine aisance à donner vie à ce monde et à nous plonger dedans, bien que ce n’était pas gagné avec un début rendu inutilement confus et très étonnant de la part du réalisateur du Monde de Nemo. Une expérimentation de trop ?

Stanton s’en sort en tout cas très bien avec l’action – si on en doutait – et lui donne même parfois une portée autre que le pur entertainment, à l’image de ce montage alterné entre les flashs du passé de Carter et une baston homérique. Sauf que toutes les ramifications du script ne laissent pas autant de place au spectacle que nous l’aurions souhaité, et un gros vide se fait ressentir au cours de l’aventure sans que le casting faiblard puisse le combler. Taylor Kitsch serait ainsi presque charismatique (c’était franchement pas gagné) et a un personnage intéressant, même si des zones d’ombre restent à élucider, mais on ne peut pas dire que sa partenaire Lynn Collins soit vraiment convaincante. Elle n’est même crédible dans aucune des facettes de son rôle et tue dans l’oeuf toute la portion de l’intrigue la concernant.

On peut néanmoins être en compagnie peu enviable et profiter du voyage, ce qui est le cas présentement grâce à la richesse de l’univers que nous avons à découvrir, pétri d’inspirations diverses qui ensemble renouent avec le style enlevé des serials, jusque dans une direction artistique qui aurait pu tourner au désuet si elle n’était si cohérente avec la touche old-school parcourant le projet. Ajoutons à cela des tas d’idées marrantes (les aliens qui appellent le héros « Virginie ») ou originales (les effets de la différence de gravité sur Carter, qui en font presque un super-héros) et nous obtenons un film qui est une combinaison de tradition et modernité pour un spectacle de SF on ne peut plus plaisant, qui ouvre la porte à une franchise sans pour autant laisser trop de choses en suspens. John Carter, bienvenue donc dans le 21e siècle !

Critique ciné : John Carter dans Cinema Cinema 021-150x100031-150x99 dans Cinema Cinema041-150x100

Laisser un commentaire