Critique ciné : Cheval de guerre

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Né dans la campagne anglaise au début du 20ème siècle, le poulain Joey était promis à un avenir de cheval de course avant qu’un fermier un peu bourru mais au nez fin en fasse l’acquisition. Se liant d’amitié avec le fils de la maison, Albert, le jeune cheval se révèle être un véritable miracle. Mais c’est alors que la guerre éclate sur le continent et, comme beaucoup d’autres, Joey est réquisitionné par l’armée pour être envoyé sur le front. De batailles en rencontres, il va traverser tous les défis pour retrouver son maître

« Le génie de Spielberg brille à chaque instant du métrage »

Quelques mois tout juste après avoir sublimé le reporter à houppette de Hergé, Steven Spielberg est déjà de retour avec l’adaptation d’un autre de ses coups de coeur, Cheval de guerre. Un film qui certes ne révolutionnera rien au sein d’une carrière exemplaire mais ne trahit en rien tout le génie du bonhomme, qui brille à chaque instant du métrage aussi bien en termes narratif que visuel.

Son histoire incroyable, tirée d’un roman de Michael Morpurgo, il lui donne donc les atours d’un conte puisque parmi les inévitables références au western et au cinéma de John Ford en particulier, on dénote une étonnante ressemblance avec le mésestimé Babe de George Miller : entre la représentation de la campagne anglaise, les crépuscules flamboyants ou l’oie comme ressort comique, difficile en effet de ne pas voir la filiation. Et même lorsqu’il s’agit de recréer l’Histoire, la première Guerre mondiale, Spielberg reste dans une logique identique car là où il a déjà démontré toute l’horreur d’un conflit, il prend cette fois des pincettes, se distancie de la violence (il n’y a qu’à comparer l’exécution des mômes avec celles de La Liste de Schindler ou les scènes de bataille avec l’introduction de Il faut sauver le soldat Ryan pour constater dans quelle mesure). En résulte une approche familiale mais aucunement enfantine, où drame, action, tendresse, aventure, humour et Histoire forment un tout cohérent grâce à la liberté de ton offerte par la forme du conte.

Tout ça sans trop en faire, spécialement en ce qui concerne le parcours du cheval Joey qui aurait pu autrement plus tomber dans le mélo comme c’est souvent le cas avec les récits animaliers. Humanisés par petites touches, sans tomber dans l’excessif, les animaux n’ont pas pour seule vocation de nous tirer des larmes. Au contraire, ils servent une visée bien plus grande en tant que révélateurs du Bien chez l’être humain, quel que soit son camp, rapprochant les opposés que fait naître la guerre. Un discours anti-manichéen au possible et toujours indispensable, élaboré au gré des diverses rencontres sur le chemin du canasson. Le plus gros problème de Cheval de guerre serait alors cet aspect morcelé de l’intrigue, les parties successives nous détournant du coeur de l’histoire pendant un bon moment. Steven Spielberg n’est toutefois pas n’importe qui et lorsque la dernière bobine arrive, il sait mieux que personne nous cueillir, aller jusqu’au bout de son cinéma et faire résonner en nous les enjeux de son film. Alors oui, peut-être ne s’agit-il pas du meilleur ouvrage de Spielby mais même sans être incroyable, son petit dernier n’en demeure pas moins excellent. Telle est la moyenne chez Spielberg.

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