Critique ciné : La Vérité si je mens ! 3

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Dix ans après avoir conquis le Sentier, Eddie, Dov, Serge, Yvan et Patrick sont toujours en place mais doivent composer avec la concurrence croissante des chinois, qui rachètent peu à peu les affaires familiales du quartier. Et comme si ça ne suffisait pas, quelqu’un cherche à leur mettre des bâtons dans les roues en les piégeant avec l’assistance de la douane. Pris à la gorge, les cinq amis n’ont alors plus d’autre choix que de mettre sur pied un gros coup, l’arnaque parfaite qui les vengera et les renflouera à la fois

« Sans être aussi moisi que Les Bronzés 3, le film ne pète pas bien haut non plus »

Onze ans presque jour pour jour après le deuxième volet, l’équipe de trublions du Sentier est de retour pour La Vérité si je mens ! 3, des retrouvailles comme on n’en avait pas vues dans le cinéma français depuis… Les Bronzés 3. Pour un résultat fleurant autant la naphtaline et l’arnaque ? Ce qu’il y a de sûr déjà c’est que, par les temps qui courent, on peut trouver légèrement obscène de raconter l’histoire de riches qui deviennent encore plus riches (la thématique « David contre Goliath » des épisodes précédents a été abandonnée). D’autant plus lorsqu’on le fait en une glorification du libéralisme sauvage qui pouvait encore passer il y a une décennie mais plus aujourd’hui. Clinquant et bling-bling, le film réussit ainsi l’exploit d’être plus écoeurant que le Coco de Gad Elmaleh, lequel cultivait au moins le ridicule de son personnage. Mais comme lui, ironiquement, la réalisation est d’une pauvreté aberrante et ne consiste la plupart du temps qu’en une simple succession de champs / contre-champs. Seuls comptent les dialogues. La plus grande idée de mise en scène sur deux heures serait alors le générique de début et, attention !, ça pique les yeux dans le genre kitsch. Peu inspiré derrière sa caméra, Thomas Gilou ne fait pas mieux avec la scénographie comme en atteste cette longue scène au cul d’un camion où les personnages se mettent en place et ne bougent plus, ou bien se remettent automatiquement à leur marque après avoir fait deux pas. De comédie statique, on bascule en plein dans l’arthritique.

Un défaut qu’on ne peut pas vraiment mettre au compte des comédiens, en pleine forme il faut bien le dire, sauf qu’ils ne sont franchement pas gâtés à la base. En effet, leur camaraderie fait forcée (on les sent gênés dans cette scénographie gelée) et certains sont franchement irrécupérables tant ils sont présentés comme des enfoirés ou pire, avec en tête un Serge / José Garcia poussé trop loin dans l’immoral. Difficile de croire qu’il a fallu une décennie pour accoucher d’un tel scénario, de plus hautement prévisible sauf quand les retournements de situation n’ont pas de réelle explication (voir le coup des chaussures droites et gauches). Et ça ne s’arrête pas en si bon chemin puisque chaque protagoniste a droit à son intrigue secondaire, ce qui conduit forcément à un trop plein narratif avec un montage souvent cahoteux, des transitions choquantes entre certaines scènes. Tout ça pour n’être en fin de compte que rarement drôle même si à force d’abattage, le film parvient malgré tout à nous arracher quelques sourires. Sans être alors aussi moisi que le comeback de la bande du Splendid (mais peu s’en faut), La Vérité si je mens ! 3 ne pète pas bien haut non plus et n’ira pas en redorant le blason de la comédie française. La vérité.

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