Critique ciné : Underworld – Nouvelle ère

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Alors qu’elle pensait pouvoir enfin vivre son amour avec Michael, Selene et lui sont attaqués par des militaires qui la capturent. Elle se réveille douze ans plus tard dans un caisson cryogénique pour découvrir que les humains se sont immiscés entretemps dans la guerre ancestrale opposant lycans et vampires, exterminant sans sommation un camp comme l’autre et les poussant à une vie toujours plus clandestine. Mais surtout, elle apprend qu’elle a désormais une fille dont les pouvoirs constitueraient une menace pour les trois espèces. Au coeur de la bataille, elle va alors tout faire pour retrouver le père

« Un film peut-il se permettre de n’être qu’une introduction ? »

Arrivée dans une impasse avec son troisième épisode en forme de préquelle, surtout que le deuxième avait déjà des airs de point final, la saga Underworld est toutefois aujourd’hui de retour avec Underworld : Nouvelle ère, une quatrième itération à qui revient la charge de relancer la machine. Que le comeback de la sexy Kate Beckinsale (le latex noir a été inventé pour elle) ne vous y trompe pas néanmoins, nous sommes bien en présence d’une nouveau départ pour la série comme le stipule le titre français, avec une possible nouvelle trilogie à la clé. L’univers des films a en effet connu de grandes modifications avec l’irruption des humains dans le conflit entre vampires et lycans, conduisant à une « purge » présentée lors d’une introduction sombre et violente, riche de potentiel. Sans valoir non plus celui d’un Daybreakers, le scénario comporte donc pas mal de bonnes idées dont on attend de voir comment il va les développer.

Sauf que plus on avance le métrage et plus on s’aperçoit que les simples mortels vont s’en tenir à leur rôle de figuration, tout comme on s’aperçoit des lacunes d’un script se refusant à bâtir sur les fondations qu’il a jetées : il n’y a pas d’antagoniste clairement identifié (Stephen Rea semble endosser ce rôle par dépit juste avant le climax) ou d’objectif clairement défini, en tout cas à la hauteur de ce nouvel univers que nous découvrons. Les personnages secondaires pourraient peut-être s’avérer intéressants si on voulait bien leur en laisser le temps. Quant à la relation mère / fille qui aurait dû être une des principales préoccupations de Selene, elle est tout simplement aux abonnés absents.

En contrepartie, comme dans Underworld 2 – Evolution, cette trame épurée permet d’aller droit au but et si ce n’est un très léger (et très court) ralentissement en milieu de métrage, celui-ci ne cesse d’accumuler les scènes d’action brutales et gores avec de vrais morceaux de bravoure dedans. Mention spéciale à un loup-garou géant (oui, GEANT !) qui pousse encore un plus la saga dans la veine comic-book : aucun suspense ou inspiration horrifique, quasiment nulle trace d’humour, ce quatrième épisode se prévaut totalement de l’actioner pur et dur. Les réalisateurs suédois Mans Marlind et Bjorn Stein confirment ainsi ce que nous avions constaté au travers de leur inédit-vidéo Le Silence des ombres, à savoir que ces cinéastes efficaces ne semblent pas trop regardants du côté du scénario. En tout cas le temps qu’ils fassent leur trou à Hollywood et c’est bien dommage car lorsqu’on regarde leurs travaux au pays, en particulier un Storm avec lequel ce quatrième Underworld entretient beaucoup de ressemblances, ils sont largement capables d’aller un cran au-dessus.

Pour toutes ces raisons, le générique de fin débarque sans même qu’on l’ait vu venir, laissant un goût d’inachevé d’autant plus fort que rien n’a été développé et que l’intrigue n’a pas de conclusion… mais que nous avons carrément pris notre pied jusque-là ! La plus grande qualité de Underworld : Nouvelle ère est alors de nous donner envie d’en voir la suite, seulement un film peut-il se permettre de n’être presque qu’un teaser ou – au mieux – une introduction ?

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