Critique ciné : Sherlock Holmes 2 – Jeu d’ombres

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Partout à travers le monde, des magnats de l’industrie et des scientifiques meurent dans de mystérieuses conditions sans que personne ne puisse établir de liens entre eux. Personne ? Sherlock Holmes, si. Le plus célèbre des détectives a en effet découvert que tous ces événements sont l’oeuvre du professeur Moriarty, un génie du mal dont les sombres desseins sont encore à mettre en lumière. Accompagné du docteur Watson, il se lance alors sur la piste de son plus grand adversaire

« Les fans du premier y trouveront certainement leur compte »

Participant d’un rajeunissement généralisé des icônes littéraires britanniques (nombreuses sont par exemple les séries télé à revisiter les rayonnages des bibliothèques), le premier Sherlock Holmes était une excellente surprise. En effet, adapter le héros de Conan Doyle au public adolescent des blockbusters avait de quoi laisser circonspect, et le réalisateur Guy Ritchie n’inspirait plus grande confiance après une série de péloches plus ou moins décevantes. Mais contre toute attente ça marchait, très bien même. Et puisque ça rapportait plein de billets verts, un deuxième épisode fut donc lancé sans attendre. Elémentaire, mon cher Watson. Sauf qu’à être trop systématique on peut parfois raisonner à tort et à travers, encore plus lorsqu’on est dans le cadre d’une suite…

Sherlock Holmes 2 : Jeu d’ombres reprend ainsi sans vergogne la formule de son prédécesseur, tout ce qui avait plu est là. « Tant mieux » direz-vous et vous n’aurez pas forcément tort, car après tout c’est ce qu’on demande à une bonne séquelle. Et même si des scènes entières sont des réminiscences du premier chapitre (difficile de ne pas repenser aux explosions multiples sur les docks face à la fuite dans les bois), tout continue de fonctionner aussi bien, au moins en tant que variation sur le même thème. A l’identique, le duo vedette n’a rien perdu de son charisme et de son efficacité (Robert Downey Jr est décidément un pur acteur de blockbuster) et c’est un vrai plaisir que de les retrouver. Il apparaît d’ailleurs comme évident que c’est leur alchimie qui a accaparé les scénaristes, leur relation ne connaissant aucune réelle évolution après avoir été au coeur du précédent.

Et c’est là que la surenchère propre aux suites commence son entreprise de gavage, les dialogues consistant pour beaucoup en d’incessantes vannes et réparties enlevées, avec un abattage qui n’a d’égal que le rythme même du film. Lequel a en plus revu ses ambitions à la hausse comparé à Sherlock Holmes, l’enquêteur de Baker Street se prenant un peu pour James Bond en bossant à l’internationale. Il en ressort en conséquence une intrigue rendue parfois inutilement alambiquée, voire confuse, le long de laquelle on se laisse porter sans vraiment chercher à comprendre ni être surpris. Et dans cette fureur, les personnages secondaires finissent évidemment par manquer d’épaisseur alors que tous possédaient un beau potentiel : Moriarty fait pâle figure comparé à Lord Blackwood (un comble pour la nemesis de Holmes), Noomi Rapace est là pour travailler sa côte de popularité outre-Atlantique et Mycroft Holmes, pourtant incarné par le désopilant Stephen Fry, s’en tient à un emploi purement anecdotique.

Sherlock Holmes 2 : Jeu d’ombres reste malgré tout très divertissant mais déçoit aussi dans son incapacité à surprendre comme le fit le précédent. On a le sentiment qu’après ses nombreuses déconvenues, Guy Ritchie craint d’abandonner une formule qui fonctionne et s’égare à trop vouloir capitaliser dessus, accouchant d’une suite un peu paresseuse dans sa façon de surenchérir sans risque. Les fans pas trop exigeants y trouveront certainement leur compte, les autres continueront de penser que tout ça fait beaucoup de bruit pour rien.

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