Critique ciné : Hugo Cabret

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Orphelin passionné de mécanique et n’ayant pas son pareil pour réparer ce qui est cassé, Hugo Cabret a grandi dans les coulisses d’une gare parisienne des années 30, s’occupant en remontant les horloges et chipant ce qui lui est nécessaire pour survivre. C’est alors que son chemin croise celui d’une jeune fille passionnée de livres et de son grand-père, un vieil homme cachant un mystérieux secret dans son passé

« Un conte pour grands enfants dont la magie est puisée à la source du cinématographe »

S’il est un de ces touche-à-tout géniaux que compte Hollywood, il est néanmoins des cinémas desquels Martin Scorsese est moins coutumier : il est par exemple très rare de le voir signer une oeuvre tout public, sa dernière fois remontant tout de même à presque 20 ans avec Le Temps de l’innocence. Plus encore, on ne l’aurait jamais imaginé s’atteler à un film reposant sur le merveilleux au point qu’on le croirait presque destiné aux plus jeunes, surtout avec une sortie en cette période de fêtes de fin d’année. C’est pourtant le nouveau pari que le réalisateur relève avec Hugo Cabret, ou tout du moins en apparences. Car loin d’être le conte pour enfants qu’on veut nous vendre, l’adaptation du roman de Brian Selznick est un conte qui s’adressera en priorité aux adultes.

Scorsese reste donc Scorsese, ce qui ne l’empêche pas malgré tout de laisser la place à l’émerveillement. Ne serait-ce qu’avec sa représentation fantasmée du Paris des années 30 à la direction artistique de brocanteur, avec des décors faits de bric et de broc nous donnant le sentiment de nous perdre dans un coffre à jouets. Qui plus en étant conduits par des enfants aspirant à l’aventure, confrontés à un antagoniste un brin dangereux mais surtout rigolo (Sacha Baron Cohen, toujours aussi surprenant). Toutefois, le discours du film n’a rien d’enfantin puisqu’entre mécanique du coeur et science des rêves, pas sûr que les gamins accrochent aux problématiques du récit ou à ses rouages narratifs. Nous ne sommes pas dans de la fantasy pour kids où les problèmes se règlent au fil de péripéties (hormis quelques courses-poursuites, il n’y a pas ici de scène d’action à proprement parler), c’est la confrontation verbale qui prime dans Hugo Cabret, la mise en avant des dilemmes des protagonistes. Scorsese aurait alors pu se reposer sur son excellent casting pour laisser se dérouler le fil de son intrigue, la rencontre d’un enfant et d’un vieil homme qui vont mutuellement se « réparer », sauf qu’il n’a pas choisi cet atypique projet sans raison. Il a quelque chose à dire, ou plus exactement à expérimenter.

En effet, le réalisateur n’a jamais eu de problème à reconnaître son admiration pour certains, à faire montre d’une déférence passionnée à l’occasion de ses nombreux documentaires ou, en tant que cofondateur de The Film Foundation, de la restauration de classiques du 7ème art. Et c’est précisément cet aspect qui nous intéresse ici puisque sous ses atours de blockbuster de Noël, Hugo Cabret est avant tout une lettre d’amour à un autre grand cinéaste-magicien, George Méliès, dont il ressuscite les courts-métrages de deux manières. D’abord en les ramenant sur grand écran, à leur place, avec des extraits n’ayant jamais paru si grandioses ; puis en les recréant en un plaisir jouisseur évident, nourrissant son film d’un déferlement de références qui nous conduit peu à peu à retrouver l’enchantement des premiers spectateurs. Il transcende même ces confiseries historiques par le biais des technologies dernier cri, nous plonge dedans pour mieux nous faire partager leur brillante ingéniosité. Oublié le gimmick commercial qui pique les yeux, la 3D du film se classe alors parmi les plus impressionnantes qu’on ait vues. Le réalisateur de Taxi Driver était impatient de s’y frotter et il nous prouve – après James Cameron et son Avatar – que cette technologie a, en plus du spectaculaire, un intérêt narratif et émotionnel réel dès lors qu’elle est confiée à des gens sachant ce qu’ils font. Et ce que Scorsese voulait faire cette fois, c’est un conte pour grands enfants dont la magie est puisée à la source du cinématographe. Mission réussie.

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Une Réponse à “Critique ciné : Hugo Cabret”

  1. karine dit :

    j attend avec impatience la sortie du blu ray 3D c est vraiment un excellent spectacle il faut y aller sans faute

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