Critique ciné : Hollywoo

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« L.A. Couples » est la série américaine numéro un à travers le monde, et Jennifer Marshall en est la star glamour et inaccessible. Mais chez nous, quand Jennifer parle en français, c’est en fait avec la voix de Jeanne, une doubleuse qui profite également grassement du succès du show. Son bel avenir s’écroule pourtant lorsque Jennifer annonce vouloir arrêter le métier d’actrice, en proie à une dépression que sa voix française ne tarde pas à suivre. Jeanne n’a alors plus qu’une seule chose à faire si elle veut que rien ne change : se rendre à Hollywood et, d’une manière ou d’une autre, remettre la star sur le chemin des plateaux

« Le film échoue tristement à nous faire rire »

Une idée de départ aussi sympa qu’originale, deux des meilleurs comiques français actuels réunis à l’écran : normalement, avec Hollywoo, on tenait là sans problème une des comédies-phares de cette fin d’année, l’imparable pourvoyeur de fous-rires. La déconvenue n’en est alors que plus cinglante tant tout ce qu’il y avait d’attrayant, tout ce qui le faisait sortir du lot, finit par nous donner envie de fuir. Porté sur les menues épaules de Florence Foresti, le film échoue ainsi tristement à nous faire rire car malgré le talent comique de l’actrice, et elle en a, son personnage est trop peu intéressant ou sympathique pour qu’on accroche aux gags. Un problème que l’on retrouvait à l’exact dans le King Guillaume de Pierre-François Martin-Laval, où là aussi elle finissait très vite par nous saouler, nous donnant à penser que la Flo’ ferait peut-être mieux de s’en tenir à la scène ou à de courts sketchs chez Ruquier. Et ça ne sert à rien de compter sur Jamel Debbouze pour rattraper cela car en plus d’une caractérisation anorexique et pas plus attrayante que celle de l’héroïne, il donne l’impression constante d’avoir les boules d’être mêlé à tout ça.

A la décharge de Foresti, il faut dire qu’elle n’est pas non plus dans un registre qui lui est favorable. Extrêmement drôle lorsqu’elle reprend à sa sauce l’humour de bonhomme, ce dont on lui laisse à peine quelques occasions ici (la rencontre avec les gangstas au bout d’un quart d’heure est le climax humoristique de la péloche), elle fait surtout du girlie tendance romantico-prout prout qui rapproche dangereusement Hollywoo du tout-venant de la comédie US. Une parenté appuyée évidemment par le lieu de l’action et ses décors mille fois vus mais aussi par la réalisation du duo Frédéric Berthe (R.T.T… aouch) / Pascal Serieis, qui voudraient bien se faire frères Farrelly mais ne nous rappellent que les yes men anonymes de Hollywood (et ce ne sont pas deux, trois effets de montage tape à l’oeil qui feront la différence).

Comme si ça ne suffisait pas, même l’intrigant postulat subit donc un saccage en règle avec une intrigue qui coule à pic, lestée qu’elle est de rouages narratifs usés jusqu’à la corde (l’entremetteuse qui s’épuise en coulisses) ou même franchement insupportables (le mensonge de l’héroïne pour atteindre une existence à laquelle elle ne pouvait que rêver, non mais qui a encore envie de se taper ça aujourd’hui ?). Hollywoo se fond tellement dans cette approche vaseuse qu’il en oublie le choc des cultures, tout ce qu’il y aurait pu avoir de marrant à voir une doubleuse confrontée au « real deal », et passe complétement à côté de son sujet. Finissant ainsi de laisser les spectateurs sur la touche.

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2 Réponses à “Critique ciné : Hollywoo”

  1. tiniere dit :

    le duo Florence Djamel ne fonctionne pas ce film est fait pour Florence Foresti
    qui m amuse toujours avec ses mimiques et ses réflexions

  2. coco dit :

    Super comme film:)

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