Critique ciné : Le Chat Potté

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Recherché par la justice, craint des hommes et adoré des femmes, le Chat Potté est un aventurier bandit toujours en quête d’un moyen pour inscrire son nom au rang des légendes. Alors quand se présente à lui l’opportunité de mettre la main sur les célèbres haricots magiques, seul moyen d’atteindre le château des géants et son fabuleux trésor cachés dans les nuages, il est prêt à braver tous les dangers. Tout comme la voleuse aux pattes de velour Kitty ou Humpty Dumpty, un oeuf roublard surgi tout droit du passé de notre héros

« Le film réussit le double-exploit de se détacher de son modèle et d’en corriger les tares »

Partie sur les chapeaux de roues grâce à ses deux premiers épisodes, la saga Shrek s’était ensuite considérablement essoufflée avec les deux suivants qui n’en finissaient pas de décevoir (et de jurer avec l’excellent reste du catalogue Dreamworks Animation). En terme qualitatif tout du moins, car les aventures de l’ogre vert n’ont jamais fini d’engranger des billets verts et puisqu’elles avaient atteint leur chapitre final, il fallait bien trouver un moyen de garder en vie la poule aux oeufs d’or. C’est là que débarque Le Chat Potté, spin-off autour d’un personnage secondaire adoré du public et dont nous n’attendions rien d’autre qu’une resucée de la recette d’origine, d’autant plus avec Chris Miller (Shrek le troisième) aux commandes.

Mais voilà, le vilain matou nous réservait un chien de sa chienne car son opus solo réussit à trouver son propre ton, presque son propre univers avec cet environnement aux accents sud-américains (direction artistique et musique prennent un tour neuf). Et en se démarquant du grand frère, il gagne sa légitimité à exister. Il est alors bien évident que les références aux contes de notre enfance traînent toujours dans le coin – ils ne peuvent pas non plus faire sans, quand même – à ceci près qu’ici, elles ne sont plus utilisées à des seules fins de parodie. Elles s’intègrent au contraire à une véritable intrigue et cessent de fonctionner comme un simple amalgame de clins d’oeil, ce qui avait entre autre contribué à la chute d’une saga-mère prisonnière de ce système. Miller et les pontes de Dreamworks semblent au moins avoir compris ça.

Ils n’en oublient pas au passage de caresser dans le sens du poil leur héros chapeauté, en lui réservant un traitement soigné qui contribue grandement à son passage au premier plan, l’édification de sa légende. Ses origines se révèlent ainsi intéressantes même sans être des plus originales mais surtout, c’est une amitié / rivalité fraternelle très bien écrite entre Potté et l’oeuf Humpty Dumpty qui tire l’ensemble vers le haut. Elle offre en effet à l’histoire du film une profondeur inattendue, et même une poignée de moments relativement émouvants là où l’ogre vert nous laisse froid depuis longtemps. A côté de ça, la petite amourette avec la voleuse Kitty fait en contrepartie pâle figure et ce n’est alors certainement pas plus mal qu’on ne s’y attarde pas trop, ne serait-ce que pour ne pas gâcher l’équilibre sur lequel repose l’entreprise.

Le Chat Potté concrétise donc le double-exploit de se détacher de sa source d’inspiration et d’en corriger les tares, gagnant par le fait sa place parmi la production inspirée du département animation de Dreamworks. Bien emballé dans l’ensemble avec des scènes d’actions gentiment trépidantes (les courses-poursuites sont nombreuses) et quelques idées marrantes (la battle de chats), certains regretteront peut-être malgré tout que l’humour soit loin d’y être omniprésent, ou en tout cas prépondérant, parce que nous sommes davantage dans l’optique d’un film d’aventure. Mais pour les autres, dont fait partie votre serviteur, il suffit d’animaux en CGI qui parlent avec un accent espagnol pour se taper une barre de rire et là, il va sans dire qu’on est servi !

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