Critique ciné : Real Steel

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Parce que les combats entre humains n’étaient plus assez violents pour le public, les boxeurs ont été remplacés dans le futur par des robots. Ancien champion en devenir, Charlie Kenton a été contraint de se reconvertir en manager de seconde catégorie, criblé de dettes alors que ses machines se font mettre en pièces une à une. C’est alors qu’il apprend la mort d’une de ses ex-femmes, et que la charge de son fils lui revient. Ne voyant là en premier lieu qu’un moyen de se faire de l’argent, il va se rapprocher du gamin au fur et à mesure que leur robot, Atom, gravit les marches du championnat

« Un gentil divertissement trop calibré pour vraiment convaincre »

Parrainé par Steven Spielberg et Robert Zemeckis, Shawn Levy fait ici ses premiers pas sur un blockbuster dit « sérieux », vaguement inspiré d’une nouvelle du grand Richard Matheson (déjà adaptée dans la série La Quatrième dimension) et promettant un certain spectacle avec ses robots lâchés dans des matchs de boxe. A priori, ce réalisateur de gentillettes comédies familiales n’était donc pas le bon cheval sur lequel miser pour une telle entreprise, puis on se rappelle que son La Nuit au musée 2 nous avait pas mal étonné par son sens du rythme et – plus important – ses scènes d’action, inespérées sur un tel projet. Alors, Real Steel, pourquoi pas ?

Ce qui est sûr déjà, c’est qu’il s’avère plus inspiré par ses machines anthropomorphes qu’un Michael Bay, il ne déçoit pas en nous faisant poireauter trois films avant de les filmer correctement. Le début ambiance redneck fait un peu peur quant à l’orientation de la péloche mais le style se réaffirme par la suite avec des séquences bien foutues (la décharge et la découverte de Atom, par exemple) et, nous y venons enfin, des combats ayant sacrément de la gueule ! Lisibles et brutaux (une association pas si fréquente que ça de nos jours), introduits efficacement avec le clinquant du catch mais en bien mieux filmés et avec de gros robots au lieu de gros cons (le méchant mastard Zeus pète franchement la classe), ils sauront donc ravir tous ceux désirant voir des colosses d’acier se foutre sur la gueule. D’autant que ces derniers sont tout bonnement splendides, aussi bien sous leur forme CGI – la motion capture de boxeurs offre une animation des plus convaincantes – qu’en animatroniques : le cumul des techniques reste définitivement la meilleure voie à suivre, surtout quand on veut s’intégrer à un contexte réaliste comme ici (2020 n’est pas si éloigné que ça, et ça se voit très bien sur la direction artistique du film). C’est pourquoi on ne regrettera que plus durement la place qui leur est laissée car malgré quelques tentatives avortées de personnifier Atom, de leur donner une âme autre celle d’une voiture tunée, les robots ne restent ici que des outils, des accessoires au service des humains et de l’intrigue.

Intrigue qui ne les concerne donc pas directement, le coeur du film étant la difficile relation entre un père qui est un franc connard (disons ce qu’il en est) et un fils qu’il n’a jamais connu. Un postulat peu rassurant pour qui se souvient du gros boulet que trainait le premier La Nuit au musée sur un principe identique, sauf qu’on évite cela dans le cas présent grâce à un gamin moins tête à claque d’ordinaire. En tout cas pour commencer. Parce qu’il faut s’en coltiner après un traitement assez préoccupant, faisant de lui un véritable petit singe savant (voir les danses où l’acteur a dû se sentir franchement seul lors du tournage) dopé aux boissons énergétiques et aux sodas, exploité par son père, et génie de l’informatique parce que – semble-t-il – il joue aux jeux vidéo… Difficile de faire plus stupide, et il ne faut pas compter sur le scénario pour venir améliorer le tableau. Celui-ci fonctionne en effet sur des schémas archi-rabattus sans jamais s’en écarter, que ce soit pour les relations entre les personnages ou l’intrigue sportive qui souffre d’une embarrassante similitude avec Rocky. Heureusement que la musique de Danny Elfman est là pour surélever ce qui se passe à l’écran mais cela n’empêche pas Real Steel d’être un gentil divertissement trop calibré pour vraiment convaincre, nous laissant en fait un sentiment très proche de celui provoqué à la première vision de La Nuit au musée. Cela veut-il dire qu’il faudra attendre Real Steel 2 pour se mettre la méga-baffe ? Vu le succès de celui-ci au box-office US, et Hollywood étant une machine huilée, on devrait avoir la réponse très vite !

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