Critique ciné : Green Lantern

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Notre univers est composé de 3600 secteurs, chacun d’entre eux étant protégé par un Green Lantern. Mais cette paix séculaire est menacée lorsque Parallax, un ennemi enfermé par le légendaire Abin Sur il y a fort longtemps, se libère de sa prison et entame une destruction systématique de plusieurs mondes. Blessé à mort lors d’un ultime affrontement avec sa nemesis, Abin Sur s’écrase alors sur Terre et lègue son pouvoir à Hal Jordan, un pilote de l’air irresponsable et moins courageux qu’il n’en a l’air. Devenu le premier humain à rejoindre le corps des Green Lanterns, il va devoir révéler quelle force se cache chez notre espèce

« Warner prend le contrepied de son Batman version Nolan »

Dans une situation similaire à celle de Marvel lorsque la « boîte aux idées » nous a lâché Thor sur grand écran, son éternel concurrent DC Comics se doit aujourd’hui de puiser dans son catalogue s’il veut être régulièrement présent dans les salles et s’attaque en toute logique à d’autres icônes que Batman ou Superman. C’est à dire des licences dépassant le cadre du « super-héros classique », souvent moins populaires, avec des concepts autrement plus barrés que l’habituel mutant ou sauveur de ce bon vieux New York. Une définition qui va comme un gant au Green Lantern, en fait.

Transposer l’univers du comics dans un film live relevait ainsi de la véritable gageure, notre monde y côtoyant une mythologie intergalactique n’ayant cure de réalisme ou vraisemblance. Un contraste visuel que le dessin peut uniformiser mais qui devient un véritable défi dans le cadre de la prise de vue réelle. Certainement galvanisés par les avancées perpétuelles en matière d’effets spéciaux, la production et le réalisateur Martin Campbell ont alors fait le pari d’une adaptation quasi-littérale – picturalement parlant – de leur matériau d’origine, avec tout ce que cela implique. Il y a bien sûr la flatterie faite aux fans qui trouvent là une version respectueuse de l’objet de leur affection. On se souvient par exemple de l’esclandre suite à la représentation éthérée de Galactus dans Les 4 Fantastiques et le Surfeur d’argent et bien qu’il s’éloigne tout de même du design original, il faut reconnaître au méchant Parallax de Green Lantern – ainsi qu’aux autres aliens – une tentative réelle de s’inscrire dans une imagerie comic book-esque. Louable. Et courageux, car c’est un challenge qu’ils remportent parfois (le costume en full-CGI du héros) pour s’en trouver moins convaincants par la suite. Le film de Campbell a beau en effet se rêver en successeur de Avatar, il est loin de posséder des effets spéciaux aussi solides – sans parler du talent aux commandes – et cela renforce le caractère un peu cheap de certains designs, qui jurent par des couleurs et une lumière désagréablement baveuses (la planète Oa en particulier).

Moins tributaire des considérations budgétaires, la narration s’avère alors être un point fort que nous n’attendions pas pour le film. Concise au point de passer à la trappe quelques éléments (quid de la recharge de l’anneau?), elle n’en possède pas moins un rythme et une construction relativement efficaces, équilibrés, permettant aux récits dans les deux mondes de ne pas se parasiter. Un fait rare dans ce cas de figure, rappelez-vous Thor… Mieux, et même si le personnage principal est condamné à n’être qu’un héros sans grande saveur (on sait Ryan Reynolds capable de mieux depuis Buried, mais encore faut-il lui en donner l’opportunité), la place est laissée pour qu’existent des rôles secondaires fort intéressants en les personnes de Sinestro et Hector Hammond, que campent respectivement Mark Strong et Peter Sarsgaard. Excellent comme à son habitude, le premier voit malheureusement son charisme un peu gâché par une séquence durant le générique de fin tentant de préparer la suite en catastrophe ; tandis que le second est surprenant de complexité et d’intensité, allant même jusqu’à être tantôt effrayant, tantôt émouvant malgré un maquillage pas franchement évident à porter.

Une note de sérieux dans un long-métrage qui se veut beaucoup plus léger que ce que l’on rencontre d’ordinaire chez Warner / DC Comics, sorte de contrepied au ton du Batman selon Nolan qui s’imposait pourtant comme la marque de fabrique maison, le meilleur moyen de se démarquer de la concurrence. Une approche que nous aurions pu accepter pour peu qu’elle soit suivie d’un travail irréprochable derrière, ce qui n’est pas toujours le cas avec Green Lantern. On verra donc comment cela tournera avec la suite déjà dans les starting-blocks, et annoncée comme « plus sombre » (bah tiens !). Et si cette fois ils pouvaient intégrer des scènes d’actions moins convenues et utilisant à bon escient les pouvoirs des « Lanternes Vertes », ce serait génial !

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