Critique ciné : Cowboys & envahisseurs

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Arizona, 1873. Un homme se réveille au milieu du désert sans savoir d’où il vient ni qui il est, un curieux bracelet vissé autour du poignet. Arrivant bientôt à une ville, cet étranger taciturne découvre que sa tête est mise à prix et il est fait prisonnier. Mais lorsqu’il est sur le point d’être conduit devant le juge, de mystérieuses lumières apparaissent dans le ciel et plongent la colonie minière dans un chaos de flammes, kidnappant même plusieurs habitants avant que l’étranger ne les fasse fuir à l’aide de son bracelet, une arme d’un genre inconnu. Pour retrouver la mémoire et les disparus, il se joint alors au groupe de recherche et part sur la trace de ces envahisseurs venus d’un autre monde

« Favreau se sort très bien de sa petite cuisine »

Jon Favreau, c’est un peu l’histoire du mec qui ne brille que lorsqu’on pense qu’il va se planter. Rabatteur de caquets avec son adaptation de Iron Man dont nous n’attendions rien, il avait en revanche proportionnellement déçu avec un second épisode refusant de balancer la sauce comme tout le laissait présager, et comme tout le monde le voulait. En conséquence de quoi, bêtement, notre jeune foi dans son potentiel de réalisateur avait donc été ébranlée, nous abandonnant sans grand espoir pour cet autre comic-book movie, Cowboys & envahisseurs. Mais voilà, ce salopiaud nous a refait le coup de 2008 !

Parce que s’il n’est pas le plus talentueux des réalisateurs, il faudra bien se faire à l’idée qu’il en est un aussi avisé qu’efficace quand il le veut bien. Ou peut-être quand on lui en laisse les moyens, faut voir (les relations avec Marvel n’étaient à ce qu’il paraît pas géniales sur Iron Man 2). Toujours est-il que Favreau se sort très bien de sa petite cuisine alors que le western et la SF n’étaient pas évidents à accorder au premier abord. Sa recette : faire un vrai western, au point que nous en oublions presque totalement l’aspect science-fictionnel dès lors que les aliens ne sont pas à l’image. Un pur et dur représentant du genre avec une histoire calquée sur le bon vieux modèle de la chasse à l’homme, où les envahisseurs ont simplement remplacé les coutumiers desperados. Le plus étonnant est alors la manière dont son film va jusqu’au bout de ses idées, en ne s’embarrassant pas de la tempérance ordinaire des blockbusters (le ton est bad-ass comme il se doit au Far West) ou en nous jetant en pâture à des monstres autrement plus flippants que les gros sauriens de son sympathique Zathura.

L’introduction de la SF permet également de conduire les classiques scènes d’action du western vers un nouveau niveau (son goût pour l’imagerie comics fait des merveilles) mais ce que nous retiendrons surtout, c’est comment il est parvenu à gérer l’équilibre entre les besoins en spectacle et ceux pour narrer l’histoire, faire exister les personnages malgré leur nombre. La plus grande qualité de Favreau en tant que réalisateur est en effet de savoir s’entourer comme il faut, de rallier à lui des comédiens de première bourre dans un registre où nous n’avons pas forcément l’habitude de les voir et qu’ils vont transcender. Daniel Craig est ainsi impeccable en Bond de l’Ouest et Olivia Wilde est plus sexy que jamais (ce qui n’était pas gagné vu son seyant costume dans Tron l’héritage) mais encore davantage, ce sont les seconds rôles qui apportent la plus vive réjouissance : Harrison Ford, Sam Rockwell, Clancy Brown, Walton Goggins, Paul Dano, Adam Beach… Du talent à revendre, au service d’un film qui atteint par ce biais une classe et une crédibilité inespérées.

Sans contenir alors quoi que ce soit de véritablement incroyable, Cowboys et envahisseurs nous rappelle combien Jon Favreau peut assurer et s’impose comme un divertissement d’excellente facture, emballé avec soin et ne gâchant pas son postulat de départ (une habitude avec les crossovers). Ils sont peu nombreux les blockbusters à pouvoir prétendre à un tel constat…

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