Critique ciné : La Planète des singes – les origines

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Pour guérir son père de la maladie d’Alzheimer, un chercheur expérimente sur des chimpanzés un nouveau remède ayant la particularité de régénérer les cellules du cerveau. Exposé au produit par le biais de sa mère enceinte, César est ainsi le premier singe à naître avec une intelligence démultipliée et, recueilli par le chercheur, il grandit en ne cessant d’aiguiser ses facultés. Mais lorsqu’il est séparé de son ami et se sent trahi par lui, une terrible rancoeur contre l’humanité s’empare de César, au point qu’il organise bientôt la révolte de ses frères singes

« Des origines dont nous n’aurions même pas osé rêver »

Pas connue pour la tendresse avec laquelle elle traite habituellement ses franchises, cela faisait quelques années que les cinéphiles voyaient d’un mauvais oeil la tentative de la Fox de réamorcer la saga de La Planète des singes, laissée dans un drôle d’état après le faux-pas de Tim Burton en 2001. Pourtant, quelques semaines après l’excellent X-Men : le commencement (une autre de leurs préquelles), le studio confirme avec La Planète des singes : les origines que cette année 2011 est la sienne et qu’il est encore capable de faire briller ses plus précieux trophées.

Ca commence – comme l’a fait Disney avec Tron l’héritage – en confiant les rênes du film à un réalisateur débarqué de nulle part ou presque, un nouveau talent capable de raviver une licence tombée en désuétude en se montrant aussi déférent que novateur. Dans le cas présent il s’agit de Rupert Wyatt, remarqué pour son film de prison Ultime évasion (The Escapist en VO). Une petite expérience pas inutile pour ce second long-métrage (après tout, il s’agit encore d’une histoire d’évasion) mais qui ne nous préparait pas à l’aisance avec laquelle il s’installe sur son premier blockbuster. Sa réalisation s’avère en effet être particulièrement efficace, même être un modèle de fluidité lors des étourdissantes scènes où la caméra accompagne César dans ses déplacements, mais le plus impressionnant est d’abord sa gestion parfaite des effets dramatiques et épiques, avec un sens de la mise en place assez fabuleux. La rébellion des singes est à ce titre une véritable explosion minutieusement préparée, un climax d’anthologie.

Ce n’était pas gagné et on se demandait bien comment ils allaient y parvenir, mais ils sont en plus parvenu à accoucher d’une véritable introduction à la saga originale. Au-delà des clins d’oeil plaisants (Charlton Heston à la télé, « You damn dirty ape » dans la bouche de Tom Felton,…), ils installent ainsi une intrigue que nous pouvons extrapoler jusqu’aux films des 60′s / 70′s sans en être non plus prisonniers, car ils se permettent également de réactualiser le propos (le génie génétique comme premier déclencheur de l’extinction humaine) et de jeter les bases pour une nouvelle série de films (le singe balafré n’a pas dit son dernier mot). Ce qui n’est pas plus mal car on sort de celui-ci avec l’envie dévorante d’en voir davantage, que se poursuive et se propage le soulèvement.

Il est alors inévitable de rendre les honneurs au magnifique boulot de Weta Digital, qui nous avait déjà bien bluffé avec le gorille de King Kong mais qui s’est ici surpassé. Ses artistes – sans oublier l’inévitable Andy Serkis à la performance capture – sont les magiciens derrière le réalisme troublant de César et ses comparses, ils prodiguent au vrai personnage central du film une humanité grandissante qui n’en rend que plus forte son aventure, chargée tour à tour d’émotions touchantes et violentes. Ce que Rupert Wyatt et eux ont réussi en fait, c’est donner vie à ce Ben Hur simiesque avec toute la puissance et la sauvagerie qu’il nécessitait, surpassant même de très loin le discours enflammé du César de La Conquête de la planète des singes. On pourra alors toujours rechigner sur un petit problème de temporalité et un second rôle féminin particulièrement ingrat (raccourci au montage ?) mais clairement, ce sont là des origines dont nous n’aurions même pas osé rêver. Après des années d’errance, la Fox a donc réussi à rebooter La Planète des singes : vivement la suite !

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