Critique ciné : Super 8

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A la toute fin des années 70, une bande de gamins de l’Ohio prépare un court-métrage de zombies en super 8 et alors qu’ils filment une scène de nuit près d’une voie ferroviaire, ils assistent à l’impressionnant déraillement d’un train militaire. Par peur des représailles, ils décident de ne dire à personne ce qu’ils ont vu. Mais très vite les disparitions se multiplient dans la ville sans que leurs parents, les forces de l’ordre ou l’armée puissent y faire quoi que ce soit. Bien malgré eux, ça va ainsi être aux enfants de découvrir ce qui s’est échappé lors de l’accident

« Beaucoup de bruit pour (presque) rien »

Clairement annoncé comme tel lors de sa promotion, Super 8 se veut une résurrection du cinéma Amblin des années 80, le descendant de films comme E.T. l’extraterrestre, Les Goonies ou encore Explorers. Avoir Steven Spielberg à la production en guise de parrain se révèle bien sûr être un gage de continuité et de qualité (théoriquement tout du moins) mais c’est surtout à J.J. Abrams que revient la lourde charge de recréer l’alchimie de cette époque. Après nous avoir bluffé avec son reboot de Star Trek, nous découvrons ainsi que le créateur de Alias et Lost enfile plutôt aisément les bottes de tonton Spielby et, aidé par une soigneuse reconstitution historique, parvient effectivement à trouver une patine 80′s où même les effets les plus impressionnants ne jurent pas (l’apocalyptique accident de train, le monstre). Elève des plus respectueux, son film est parsemé d’emprunts divers au style ou à l’univers du créateur de Amblin, allant évidemment de la mise au premier plan des enfants à une construction calquée sur celle des Dents de la mer, la fascination pour les visiteurs de l’espace… La musique de Michael Giacchino elle même, sans perdre son identité, renforce cette parenté de par ses envolées Williams-esques et parfait l’illusion d’être face à un film de Spielberg exhumé trente ans après son tournage. Pour un temps en tout cas.

Vendu comme Cloverfield (produit par Abrams, rappelons-le) à base de marketing viral cryptique, Super 8 laissait planer un gros mystère quant à son contenu et la nature de son élément surnaturel, ce qui présageait d’un concept novateur intégré au cadre de l’école Amblin. Or, grosse déception, le métrage n’a en fin de compte pas grand chose de surprenant ou original à offrir sur ce point, se contentant d’une classique histoire d’alien lâché sur Terre. Beaucoup de bruit pour (presque) rien serait-on tenté de dire. Un peu arnaqueur, Abrams trébuche en plus sur le système spielbergien puisque s’il commence son film comme une oeuvre horrifique, avec une TRES longue exposition (mais pas inintéressante), il essaye sur la fin de retomber dans une lecture à la E.T l’extraterrestre comme pour présenter le cinéma du maître en un spectre le plus large possible. Une tentative peu convaincante, cela va sans dire, d’autant que sa créature nous avait toujours été présentée jusque-là comme un monstre éminemment mauvais, terré dans l’ombre. De manière générale on sent en fait un gros relâchement au niveau du script, avec ce changement d’optique artificiel mais aussi avec les inutiles rôles des pères, l’affrontement avorté entre les deux potes d’enfance…

L’ensemble reste alors plutôt divertissant et prenant grâce à l’excellent casting de jeunes comédiens (l’amourette entre Alice et Joe est même assez touchante) mais malgré les efforts de Abrams pour faire de Super 8 un film de Spielberg qu’on aurait oublié, l’élève est très loin d’égaler le talent et la cohérence du maître.

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