Critique ciné : Cars 2

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Trônant au sommet de tous les championnats de son circuit, Flash McQueen accepte de participer à une compétition mondiale organisée pour promouvoir un carburant alternatif et non-polluant et emmène avec lui tous ses amis, dont le gaffeur Martin. Suite à un quiproquo, ce dernier est pris par les services secrets anglais pour un agent américain infiltré dans la course et se retrouve alors embarqué dans une dangereuse mission pour déjouer un complot visant à discréditer le carburant écolo

« Le Diable est entré chez Pixar »

Bien que nous n’en attendions pas grand chose, le premier Cars se révéla être une excellente surprise et, plus encore, incarnait le mieux la capacité de Pixar à transformer en or tout ce qu’ils touchent. Avec sa suite pourtant, et bien que le studio nous ait livré la monstrueuse trilogie Toy Story (prouvant qu’il peut faire des suites valant le coup), on sentait que quelque chose n’allait pas, les problèmes de production et le retour en catastrophe de Lasseter aux commandes y étant pour beaucoup. Et nous ne nous y sommes pas trompés : dès le court-métrage en ouverture, une récupération purement mercantile de leurs jouets-stars, il est clair que la rupture va être sévère avec les critères d’excellence auxquels nous étions habitués. Le Diable est entré chez Pixar, et ses manières ressemblent beaucoup à celles du grand frère Disney.

Avec Cars 2, nous sommes en effet très proches de la logique des suites au rabais du studio aux grandes oreilles. Ainsi, et parce qu’il était en fin de compte plus populaire que le personnage principal, c’est le sidekick Martin qu’on a projeté sur le devant de la scène cette fois-ci. Mauvaise idée. Car si son rôle de bouffon fonctionnait tant qu’il restait au second plan, il n’en va pas de même quand on doit se le coltiner tout au long du métrage. Il est alors vrai qu’il faut forcer le trait pour servir sa problématique mais puisque celle-ci est sans saveur ni finesse, le remorqueur cabossé ne peut se dépêtrer de la lourdeur de ses gags. Un comble pour Pixar. Et l’écriture ciselée caractéristique du studio devient un souvenir encore plus lointain lorsqu’on constate que la mise en avant du personnage contraint le récit à une double intrigue qui s’auto-annule, avec d’une part un championnat dont tout le monde se fout – les créateurs du film encore plus que les spectateurs à l’évidence – et de l’autre une parodie de films d’espionnage à pleurer de nullité, surtout quand on se remémore comment ils avaient pu revisiter les comic-book movies avec Les Indestructibles.

Ultra-convenu de par son ressort narratif vu mille fois ailleurs et en mieux, Cars 2 possède bien alors quelques scènes d’action assez réussies et une 3D plutôt jolie mais cela ne peut camoufler la fainéantise ayant présidé à sa création, la facilité pour laquelle Lasseter & co ont opté (il n’y a qu’à voir comment leur « tour du monde » se résume à aligner des clichés). On pourrait toujours expliquer cette débâcle par les difficultés rencontrées lors de la production sauf que Toy Story 2 et 3 ont également été enfantés dans la douleur, et pour un résultat autrement plus brillant. Non, définitivement, l’ombre de Disney semble avoir recouvert l’oasis de Pixar. Et les premiers bruits concernant un Toy Story 4 ne font que renforcer cette impression…

Pas drôle, pas émouvant, il n’y en aura en fait qu’un pour se réjouir de la sortie de Cars 2 : 1001 pattes, qui n’est officiellement plus le vilain petit canard du studio !

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