Critique ciné : One Piece – Strong World

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Peu de temps après leur victoire à Thriller Bark, Monkey D. Luffy et ses compagnons croisent sur la Route de tous les périls Shiki le Lion d’or, un légendaire pirate volant. Apprenant que leurs îles natales d’East Blue courent un grand danger, ils acceptent sa proposition de les conduire jusque là-bas par la voie des airs mais à la place c’est à Strong World, son royaume, qu’il les emmène, kidnappant Nami par la même occasion. Lâché sur un archipel d’îles célestes peuplées de féroces créatures, l’équipage de Chapeau de paille n’a alors plus d’autre choix que d’affronter un corsaire qui en son temps rivalisait avec le légendaire Gol D. Roger

« Du fan-service plus appliqué que la moyenne »

Pensées en pur terme de merchandising, les adaptations de manga ne rendent que rarement honneur à leur matériau d’origine. Qu’il s’agisse de série, d’OAV ou de long-métrage, production à l’économie et champ-libre laissé à des artistes-mercenaires tirent en effet le niveau par le bas et One Piece, malgré son monstrueux succès, ne fait pas mieux que les autres. Alors quand pour les dix ans de la série animée, et à l’occasion du dixième film, le mangaka Eiichirô Oda vient en personne chapeauter une adaptation de son bébé, il y a tout lieu d’espérer que celle-ci sache enfin se hisser à la hauteur de son modèle.

Las, cette participation inespérée du génial Oda ne porte pas les fruits (du démon) attendus et One Piece – Strong World, bien que faisant preuve d’une nette amélioration comparé à ses prédécesseurs (à sortir en DVD et Blu-ray dès la rentrée au rythme d’un tous les quatre mois), continue d’arborer les écueils propres à ce genre de productions. Les moments de bravoure visuelle côtoient ainsi des segments d’animation beaucoup plus feignants (certains personnages en arrière-plan piquent vraiment les yeux) et une intégration pas toujours heureuse des images de synthèse mais surtout, le plus regrettable, c’est que l’intrigue ne fonctionne encore une fois qu’en vase-clos. Des efforts avaient pourtant été faits pour la relier à la trame du manga avec l’utilisation en méchant de Shiki le Lion d’or, présent dans la mythologie sur papier, or il est clair que Oda est incapable de pousser cette filiation aussi loin que nous le voudrions. On peut d’ailleurs se demander si tel était vraiment son but lorsqu’on voit d’une part les nouveaux – discutables – costumes qu’il a dessinés tout spécialement pour cette aventure, lesquels ruinent d’emblée toute idée de continuité, et d’autre part quand on comprend que tout ça n’apportera finalement rien à la trame-mère (le dilemme de Nami au coeur de Strong World est même redondant avec celui de l’arc narratif de Arlong Park).

Pour autant, étonnamment, cette autonomie ne rend pas le film beaucoup plus accessible aux non-initiés de One Piece. Pas de réelle introduction, caractérisation des personnages inexistante : une connaissance préalable de l’oeuvre originale est requise pour apprécier au mieux Strong World, sans quoi il faudra se contenter de son rythme trépidant qui recèle quelques moments aussi électrisants que ceux rencontrés dans le manga (l’arrivée de l’équipage en costards, la colère de Luffy lors du duel final…). Malgré la présence de Eiichirô Oda à son générique, qui se ressent pour beaucoup dans l’irruption tant attendue de son inimitable humour, One Piece – Strong World ne peut donc prétendre à être chose que du fan-service plus appliqué que la moyenne, qui s’assume comme tel (voir les tenues TRES sexy des femmes de l’équipage et la façon qu’a le réalisateur de cadrer régulièrement dessus). Encore une fois le manga reste intouchable, mais peut-être est-ce trop demander vu ses incroyables qualités ?

(retrouvez cette critique sur Excessif.com)

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2 Réponses à “Critique ciné : One Piece – Strong World”

  1. mabataille dit :

    Petite boulette :
    One Piece – Strong World ne peut donc prétendre à être chose que du fan-service

  2. Polo dit :

    Je reste un peu sur ma faim.

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