Critique ciné Kung Fu Panda 2

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Désormais devenu le guerrier-dragon, Pô a pour mission de protéger la vallée et ses habitants de tous les bandits et voleurs qui peuvent y rôder. Mais lorsque le seigneur paon d’une ville lointaine revient pour mettre à exécution sa terrible vengeance contre la Chine, le panda le plus fort et gourmand des environs doit non seulement défendre ses concitoyens mais aussi le kung fu, menacé par un arsenal d’un nouvel âge. Un combat qui l’amènera à en découvrir davantage sur ses origines

« Toujours autant topissime ! »

Le premier ayant définitivement scellé la position de Dreamworks face au tout-puissant Pixar, le posant en leader de l’animation pour ados et geeks quand le partenaire de Disney vise toute la famille, Kung Fu Panda 2 se devait de perpétuer en beauté les très bonnes choses que nous a apporté le studio ces dernières années. Se justifier pleinement en tant que suite, aussi bien au niveau de l’intrigue que des scènes de combat (le plus gros point fort du précédent). Alors, Pô est-il devenu pour de bon un maître ?

Petit panda est devenu grand…

La plus grosse baffe que nous avait mis Kung Fu Panda à sa sortie tenait sans conteste à son visuel ultra-léché, animé par une direction artistique magnifique (la création d’une Chine fantasmagorique digne des contes de là-bas) et une réalisation détonante. On a beau avoir alors changé de capitaine aux commandes du film, le duo Osborne / Stevenson ayant cédé la place à Jennifer Yuh (réalisatrice sur l’excellente série animée Spawn), la continuité est assurée et tire même les choses vers le haut. D’une classe folle dans le premier film, les séquences « 2D » prennent ici une raison d’être supplémentaire en illustrant le mental du héros qui, cette fois, est clairement au centre de l’histoire (nous y reviendrons) ; mais ce sont surtout les scènes de fight qui nous intéressent, voir comment l’animation peut continuer de transcender un kung fu débarrassé des limites du tournage physique. Toujours aussi bien chorégraphiées et inventives, rehaussées même par un relief plutôt bien géré, ces séquences constituent ainsi à n’en point douter les grands moments du film et si elles peuvent paraître moins nombreuses que dans l’opus précédent, c’est surtout qu’elles sont désormais plus variées, ne fonctionnent plus seulement sur le modèle du duel. Elles peuvent être drôles (le dragon à la Claws of Steel) ou véritablement épiques (l’évasion de la tour qui s’écroule) et quand on en vient aux bons vieux duels, la pluie de riches idées les accompagnant assure un divertissement d’une qualité rare (le « combat musical » vaut son pesant de bambou).

… mais l’entraînement continue

Après il faut reconnaître que ce seyant emballage cache tout de même un peu de vide. Thématique on ne peut plus classique pour une suite, le retour sur les origines du héros doublé d’une remise en cause fonctionne relativement bien ici – ne serait-ce que parce que cela rabaisse son niveau et lui permet une nouvelle évolution après avoir déjà atteint le stade parfait dans Kung Fu Panda – mais son traitement est cependant beaucoup trop balisé et simpliste pour atteindre son plein potentiel, tout juste frôlé dans quelques scènes faisant parfois preuve d’une belle intensité. La réalisation et l’humour (sur lequel repose pour beaucoup notre attachement aux personnages) sont fort heureusement là pour contrebalancer ces faiblesses de l’écriture, qui ne s’arrêtent pas aux motivations du héros : on pourra également râler sur le fait que les cinq cyclones continuent de n’être que des faire-valoir, ou que le méchant aurait pu prétendre à une dimension toute autre (voir l’étonnant dialogue entre lui et la voyante vers la fin).

C’est là une des grandes différences entre Pixar et Dreamworks car là où la boîte de Lasseter a pensé ses suites comme une escalade émotionnelle et tout fait pour y parvenir (on verra toutefois ce qu’il en sera avec Cars 2), son principal concurrent ne les conçoit que dans la surenchère blockbusterienne. Une méthode qui paye pour les deuxièmes chapitres car Kung Fu Panda 2 s’avère être autant (si ce n’est plus) topissime que son prédécesseur, comme purent l’être en leur temps Shrek 2 ou Madagascar 2, mais cela se vérifierait-il encore avec un numéro 3 ? Bien sage serait celui capable d’y répondre…

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