Critique ciné : Priest

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Humains et vampires se côtoient depuis toujours et la guerre entre les deux espèces n’a pris fin qu’avec l’arrivée des Prêtres, un corps d’assassins d’élite formés par l’Eglise. Devenu inutile après que les derniers vampires aient été repoussés dans des réserves, l’ordre des Prêtres a été démantelé et ses membres contraints à une vie dans l’ombre, privés du droit d’utiliser leur art. Toutefois, lorsque la nièce de l’un d’entre eux est kidnappée par des suceurs de sang d’un genre nouveau, celui-ci n’hésite pas à renier son serment pour traquer la horde dans les étendues désertiques par-delà les murs de la cité

« Une bonne petite série B au parfum 90′s pas dégueu »

Adaptation d’un manhwa (bande-dessinée coréenne) de Hyung Min-woo se traînant une relativement bonne réputation, Priest nous intéressait cependant pour autre chose. Non pas la 3D, ça on commence à être rodé, mais parce que ce film marque en fait la seconde collaboration de l’équipe de Légion, avec en tête de file le réalisateur Scott Charles Stewart et l’excellent comédien Paul Bettany. Les responsables d’une sympathique petite péloche qui péchait surtout d’avoir eu les idées plus grosses que le porte-monnaie, faisant montre d’un sens du divertissement ne demandant que plus de largesses pour éclater à l’écran. Jouissant d’un budget considérablement plus élevé que son prédécesseur, porteur d’un vrai potentiel pour un film de genre, Priest marque donc le moment idéal pour tirer quelques conclusions…

90′s are not dead

Avant tout, les fans de l’oeuvre originale doivent savoir que Priest, le film, n’entretient que des rapports très lointains avec sa version papier. A l’évidence pas spécialement fan du matériau qu’on lui a mis entre les mains, Scott Charles Stewart en profite en effet pour faire le truc à sa sauce et rendre hommage au cinéma qu’il aime. Lequel, contrairement à beaucoup de ses confrères de la même génération, ne vient pas des années 70 et 80 mais bien de la décennie suivante, quand fleurissaient sur les écrans des visions de mondes post-apocalyptiques recyclant à tout-va Blade Runner. Clairement citées lors d’une première partie futuristico-urbaine ne pouvant qu’évoquer le Judge Dredd de Danny Cannon, les décomplexées 90′s continuent de se rappeler à notre bon souvenir par la suite avec le métissage des genres qui préside à Priest. Tout à la fois science-fiction, western et fantastique, le film de Stewart a recours à une hybridation particulièrement populaire alors, un mélange d’influences dans lequel on cherchait nouveauté et renouvellement. Ici la volonté du réalisateur est toute autre, consistant seulement à accoucher d’un spectacle le plus total et fun possible, et on appréciera ainsi qu’il sache réunir ces influences en un ensemble homogène pour accoucher d’un univers hautement cinégénique. Il faut également au passage saluer la performance de Paul Bettany, parfait de prestance et de dangerosité dans la défroque du Prêtre, car elle permet de prodiguer une substance non-négligeable à l’intrigue et de relier tous ces éléments disparates.

Les moyens des ambitions

Se pose maintenant la question des moyens confiés à Stewart pour son second effort et de ce qu’il en a fait. Le moment de vérité. Indéniablement aidé par un budget environ quatre fois supérieur à celui de Légion, ce qui ouvre mine de de rien tout un nouveau champ de possibilités, le jeune réalisateur parvient ainsi à corriger pas mal des défauts qu’on rencontrait dans celui-ci. Ne serait-ce que sur le plan visuel, nous sommes désormais face à une toute autre échelle et la station service perdue au milieu du désert laisse la place à environnement autrement plus épique, à des décors démesurés. En conséquence de quoi Priest a sacrément de la gueule, d’autant que Stewart s’y entend pour invoquer une imagerie de bande-dessinée et livre quantité de plans iconiques. Mais surtout, là où on l’on sent le plus d’amélioration comparé au métrage précédent, c’est dans le rythme de l’aventure, bien plus vif. On ne peut alors manquer de noter quelques scories dont certaines découlent même de cette cadence soutenue (des éléments scénaristiques comme le « train des vampires » pas assez exploités), le plus douloureux étant cependant des scènes d’action pas assez inventives (comparez le combat final à celui sur le semi-remorque dans Matrix Reloaded : ça fait mal), mais il n’en reste pas moins que Stewart surprend assez agréablement dans la sincérité – à défaut de réel talent – qu’il met à l’ouvrage.

Evidemment, il reste alors regrettable qu’il lui ait fallu une telle augmentation de budget pour parvenir enfin à contenter le spectateur, à satisfaire à son sujet. Clairement, Scott Charles Stewart ne fera jamais partie des petits génies pouvant transcender les finances les plus anémiques mais pour ce qui est de la catégorie des artisans appliqués et sympathiques dans leur démarche, au moins, il peut prétendre sans honte à y siéger. Bonne petite série B au parfum 90′s pas dégueu, son Priest en est un ticket d’entrée tout à fait honorable : ce n’est déjà pas si mal, non ?

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