Critique ciné : Thor

thor_chris hemsworth_natalie portman_anthony hopkins_kat dennings_tom hiddleston_kenneth branagh_affiche_poster 

Fils du puissant et sage Odin, Thor est appelé à devenir le prochain roi d’Asgard, le royaume des dieux. Mais parce qu’il est trop impétueux, il réveille la haine ancestrale du peuple des Géants de glace et est banni par son père sur Terre. Là, privé de ses pouvoirs et aidé par la scientifique Jane Foster, il devra comprendre ce qui fait la véritable grandeur d’un seigneur pour regagner la place qui est la sienne d’autant que son frère Loki, resté depuis toujours dans l’ombre du grand Thor, a bien l’intention de prendre le pouvoir

« Pourquoi prendre Branagh pour faire ce qu’aurait réussi un Brett Ratner en grande forme ? »

Dans sa volonté de préparer la sortie pour 2012 de The Avengers (Les Vengeurs en vf), le crossover super-héroïque que mijote actuellement Joss Whedon, Marvel Studios introduira cette année les cinéphiles à deux de ses représentants les plus éminents : Captain America dans quelques semaines et Thor, le dieu du tonnerre, dont le passage sur grand écran a été confié à nul autre que Kenneth Branagh. C’est à dire un spécialiste de l’adaptation shakespearienne et un choix des plus curieux pour ce poste, qui laissait planer un gros mystère quant à la teneur du spectacle qu’on nous offrirait. Mais plutôt que de crier à la faute de casting, il faut se rappeler que l’arrivée de Jon Favreau sur Iron Man soulevait des questions bien plus préoccupantes avant le rabattage de caquet que l’on sait, en tout cas en ce qui concerne le premier opus. Laissons alors sa chance à Kenneth et voyons ce qu’il a fait du fils d’Odin…

Aux chiottes Shakespeare

Vu son parcours, on imaginait ainsi que Kenneth Branagh avait été choisi pour le potentiel du projet en matière de tragédie shakespearienne : dualité entre frères de famille royale, trahison, rédemption… Le parcours du super-héros nordique n’a rien à envier à celui d’un Hamlet. Mais même si tous les éléments sont bien là pour une telle lecture, étrangement, jamais on n’en ressent la puissance, la fureur des émotions. Le déchaînement des passions tant que nous y sommes. Parce qu’au bout du compte, il s’agit surtout de faire un bon gros film d’aventure. Il faut dire aussi qu’avec ce personnage on arrive dans quelque chose de peu commun dans l’univers Marvel. Thor n’est pas un super-héros comme les autres, ce n’est pas un mutant ni le fruit d’un traumatisme mais un véritable dieu, venu d’un autre monde. En ce sens, nous sommes plus proches de l’adaptation des Maîtres de l’univers que de Spider-Man. Et plus encore qu’on le croirait entre de fréquentes ruptures de tons parfois déconcertantes (certaines scènes rappellent presque Les Visiteurs) et quelques « dialogues-raccourcis » un peu trop gros. Mais comment l’éviter vu le trop plein narratif du film, qui étouffe toute tentative d’ampleur dramatique ? Il faut en effet présenter et faire se côtoyer en parallèle deux mondes aux intrigues distinctes (l’inutile introduction en flashforward dénote d’une tentative désespérée de les entremêler) et quant au héros en titre, il lui faut cumuler son drame familial, son parcours personnel, une romance avec la craquante Natalie Portman… Tout ça sans oublier quelques intrigues secondaires qui achèvent de nous faire regretter les trop courtes deux heures que dure le métrage. La première surprise avec Thor, c’est donc que Branagh a sacrifié la profondeur apparente de ses précédents travaux pour satisfaire pleinement aux exigences en fun d’un blockbuster, allégeant jusqu’à ce qui n’aurait pas dû l’être. Et il ne s’est pas arrêté là question surprises.

Bring the thunder !

Car bien qu’il ait déjà prouvé pouvoir faire preuve d’un intéressant sens esthétique, ne serait-ce qu’au travers de son gothique Frankenstein, nous doutions un peu que le réalisateur anglais soit apte à donner corps à un blockbuster véritablement stylé et impressionnant. D’autant que les premières images du film n’étaient pas franchement pour nous tranquilliser avec leur rendu carton-pâte. Mais là encore, on se plantait dans les grandes largeurs. S’il est ainsi vrai que le royaume d’Asgard rappelle de temps en temps le kitsch du Flash Gordon de Mike Hodges, l’ampleur qui manque au traitement du scénario se retrouve contre toute attente dans une réalisation sachant caresser la rétine comme il se doit. Sans l’ombre d’un doute Kenneth Branagh n’a cessé de penser en terme visuel, le défi de la 3D omniprésent à l’esprit, et passe d’une caméra aérienne à de curieux cadrages désaxés qui dynamisent joliment l’ensemble et offrent une vraie profondeur à l’image. C’est donc plutôt réussi mais également très impersonnel, l’aspect technique prévalant à l’évidence sur le sens. Un constat qui ne nous aurait pas même fait tiquer si ça avait été un autre que Branagh mais sa participation au film laissait attendre quelque chose de plus consistant, de moins fonctionnel. Quitte à sacrifier un peu à l’aspect comic book de ce genre de films. Et ce n’est pas la poignée de scènes d’action qui l’aideront à accréditer sa paternité sur le métrage : relativement maousses et explosives quand elle le veulent bien, elles n’en donnent pas moins le sentiment d’être davantage le fruit du travail des différents départements artistiques et techniques que celui d’un réalisateur unique.

On en revient donc toujours au même constat avec ce Thor, c’est à dire que c’est bien beau tout ça mais ça manque cruellement de personnalité. D’un côté on comprend que Marvel Studios doive uniformiser un brin ses productions en vue du crossover The Avengers tandis que de l’autre, on ne peut que regretter qu’ils se sentent obligés de prendre Kenneth Branagh pour faire ce qu’aurait pu réussir un Brett Ratner en grande forme. On verra ce qu’il en sera avec Captain America mais pour l’instant, il faudra se contenter de ce Thor tout juste gentiment divertissant. Ce qui, disons-le, ne rend pas vraiment honneur au dieu du tonnerre…

19719784jpgr760xfjpgqx20110418105754.jpg  19719794jpgr760xfjpgqx20110418105835.jpg  19719787jpgr760xfjpgqx20110418105756.jpg

Une Réponse à “Critique ciné : Thor”

  1. mabataille dit :

    Bon, ta critique laisse entrevoir la bouse réelle qu’est Thor mais il faut, et le commentateur que je suis est là pour ça, il faut donc, que tous sachent que ce film est une merde, une grosse j’entends.
    Les très rares scènes d’action sont pitoyables et le scénario est aussi creux qu’un sandwich jambon gruyère sans jambon ni gruyère.
    A fuir sinon pour se moquer des (2) acteurs de renom présents à l’affiche et encore faut être disponible…
    Quant au fait que l’esprit de Kenneth Branagh ne transpire pas à l’écran, je ne pense pas qu’il s’en préoccupe en ce moment : il va pouvoir payer ses impôts 2010 avec cette bouse et ça lui suffit.

    Sinon les effets lumineux sont beaux, ouais.

Laisser un commentaire