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Critique ciné : Le Marchand de sable

4 février, 2011

le marchand de sable_Das Sandmännchen_Abenteuer im Traumland_Jesper Moller_Sinem Sakagolu_affiche_poster 

Rien ne va plus au Pays des Rêves depuis que le Marchand de Sable s’est fait voler son minerai magique par le Tourni-Cauchemar : sans lui, les enfants ne trouveront plus le sommeil et cela pourrait avoir des conséquences catastrophiques ! Privé de ses pouvoirs, le Marchand de Sable fait alors appel au mouton Philibert et à Théo, un enfant de la Terre, pour se rendre jusque dans l’antre volante du méchant et y récupérer le sable. Mais le jeune garçon, auquel manque un peu de courage, n’est peut-être pas prêt pour une telle aventure

« Un Marchand de sable qui risque d’endormir les plus grands »

J’ai une barbe blanche et un habit rouge, qui suis-je ? Le Père Noël ? Faux, il s’agit du Marchand de sable, ou en tout cas tel qu’il est représenté depuis la fin des années 50 dans une série animée allemande aujourd’hui portée sur grand écran. Sans en trahir l’esprit puisque s’il aurait été facile de céder aux sirènes de l’image de synthèse, c’est bien en stop-motion que nous retrouvons le fameux pourvoyeur de sommeil. Alors certes, le niveau de l’animation y est très loin des standards actuels (nous ne sommes pas non plus dans la même catégorie de budget) mais comme souvent avec la production d’Europe de l’Est, il se dégage un charme certain de cet aspect un peu désuet, une poésie directement connectée au monde de l’enfance. Même la relative platitude de la réalisation, qui donne parfois le sentiment d’être devant un épisode du Oui-Oui des années 90, ne vient pas gâter le plaisir d’explorer un Pays des Rêves au design sucré des plus sympathiques. Une qualité enchanteresse que nous retrouvons également dans la partie live du métrage, le décor du phare où vit Théo rappelant l’élégant travail de Philippa Hart et Michael Howells sur Nanny McPhee.

Tout n’est pas rose pourtant au Pays des Rêves : si le visuel du film pourra séduire petits et grands, il n’en va pas de même avec son intrigue linéaire. Induite par la forme en road-movie, elle traverse décors et rencontres sans parvenir à en faire un véritable voyage initiatique pour son héros, alors qu’il s’agit normalement du propos d’un conte de ce genre. Il faut dire aussi qu’elle n’est pas aidée par ses protagonistes assez fades. On excusera le manque de charisme d’un Marchand de sable qui n’avait jamais parlé jusque-là (la série était sans dialogue) mais difficile d’être clément avec le jeune héros, aussi mal interprété dans les scènes live qu’énervant une fois en stop-motion. Et le sidekick comique de rigueur, Philibert le mouton, n’arrange rien avec son outrance puéril.

En fait, étrangement, le seul personnage envers lequel les plus de sept ans pourront éprouver un quelconque intérêt est le méchant, version soft du Hadès de Hercules made in Disney (le doubleur n’y est pas pour rien), prouvant à quel point Le Marchand de sable est avant tout destiné à un jeune public. Reste, pour éviter aux parents de sombrer dans le sommeil, une inattendue et entraînante chanson de marins qui revient à plusieurs reprises et saura à chaque fois vous revigorer.

(Retrouvez cette critique – en version light – sur Excessif.com)

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