Critique ciné : Yogi l’ours

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Avec son chapeau et sa cravate, Yogi n’est pas un ours comme les autres. Il est même plus malin que l’ours moyen, c’est dire ! Accompagné de son fidèle ami Booboo, il profite donc de cette intelligence hors du commun (selon ses critères) pour se livrer à son activité favorite : chiper les paniers pique-nique à la barbe des visiteurs du parc de Jellystone, ce qui ne manque jamais de mettre le Ranger Smith hors de lui. Mais quand le maire de la ville décide de boucher un trou dans son budget en rasant les arbres du parc naturel, Yogi doit faire la paix avec son gardien et, aidé par une jeune et jolie documentariste, il va apprendre à mettre son cerveau au service d’autre chose que son estomac

« Plus sage que le toon moyen »

Apparu à la fin des années 50, Yogi l’ours rejoint aujourd’hui la liste des personnages animés passés du petit écran au grand pour s’illustrer dans un film live. Un genre à part entière, souvent considéré comme destiné exclusivement au jeune public. Parfois à tort, d’autres fois non. Toujours est-il que c’est peut-être la raison pour laquelle les scénaristes de cette adaptation – responsables auparavant du médiocre Fée malgré lui – n’ont pas jugé utile de livrer une intrigue ayant un semblant d’originalité. Prévisible dans ses moindres détails, le scénario se révèle en plus désespérant lorsqu’on comprend la trop grande place qu’il laisse aux humains de service, l’amourette du Ranger Smith avec la documentariste empiétant clairement sur l’intrigue personnelle de notre héros chapardeur. A croire que l’équipe du film ne faisait pas confiance à ses personnages en images de synthèse. Et à vrai dire… ils avaient raison. Car même si le rendu « cartoons dans le réel » des ours est plutôt réussi, leur interaction avec l’univers qui les entoure est quasi-nulle ! Une gruge faisant par exemple que les rares fois où ils s’aventurent à toucher les comédiens, il n’y a absolument aucune sensation de contact entre eux. Alors que prodiguer une réalité physique à un toon est l’une des clés pour l’inscrire tangiblement dans un contexte live… Il faut reconnaître aussi que les infographistes ne sont pas aidés par des comédiens visiblement mal à l’aise de devoir jouer devant du vide, même une Anna Faris qui ne manque pourtant pas de ressources d’ordinaire (la nullité de son rôle n’a pas dû la motiver à s’impliquer).

Heureusement, cette simplicité honteuse des CGI (le réalisateur Eric Brevig est tout de même l’un des cadors de la profession) se retrouve compensée par un relief du plus bel effet, créé avec le système Fusion 3D développé par James Cameron. Brevig a beau alors se laisser aller à une approche plus foraine du procédé que sur Voyage au centre de la Terre, on ne va pas casser du sucre sur ce qui constitue l’un des principaux intérêts du film. Parce que oui, c’est triste à dire mais Yogi l’ours aura à côté de ça beaucoup de peine à faire rire les spectateurs qui regardaient le cartoon dans leur enfance : là où les longs-métrages de ce genre fourmillent d’habitude de gags et clins d’oeil à destination du public adulte, on ne trouve presque rien de la sorte ici. Ni second degré, ni humour mordant. Dan Aykroyd et Justin Timberlake (!) s’amusent à l’évidence à incarner le duo d’ours, ils s’arrangent même quelques répliques joliment tournées, mais cela ne suffit que trop rarement pour nous décrocher un sourire. Et comme cela arrive parfois, le personnage le plus drôle se trouvera en définitive être le méchant, caricature de politique véreux à laquelle Andrew Daly (Semi-Pro) confère une désopilante hypocrisie. Ce qui fait peu. A moins alors de pouvoir renouer avec la candeur de vos jeunes années, il y a fort à parier que vous ne prendrez pas grand plaisir à redécouvrir cette star du studio Hanna-Barbera, désormais plus sage que le toon moyen.

(Retrouvez cette critique sur Excessif.com)

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