Critique ciné : Le Discours d’un roi

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L’histoire de l’accession au trône de George VI, roi d’Angleterre, tandis que l’ombre de la guerre s’étend sur l’Europe avec la montée du nazisme. Souffrant d’un grave bégaiement depuis sa plus jeune enfance, celui que ses proches nomment « Bertie » essaye un nouveau traitement pour s’en débarrasser auprès de Lionel Logue, un praticien aux méthodes curieuses qui ne va pas tarder à bousculer ses habitudes. Mais pour être le leader dont a besoin sa nation menacée, le futur roi va devoir faire preuve d’un courage qui lui a toujours manqué jusque-là

« Que dire sinon que nous ne trouverons rien à redire ? »

A moins d’avoir passé les dernières semaines à compter les grains de sable sur une plage de Normandie, vous avez très certainement entendu parler du « dernier-film-à-voir-absolument », Le Discours d’un roi. Unanimement salué par la critique et le public, celui-ci vient en effet de frapper un grand coup en décrochant pas moins de douze nominations pour la prochaine cérémonie des Oscars, ultime consécration s’il en est sur la scène cinématographique internationale. Trop beau pour être vrai, pensez-vous ? Après tout, nous avons appris à nous méfier de la hype institutionnelle, à l’origine de nombreuses déconvenues une fois que l’on juge sur pièce, et cette machine à récompenses ne va pas sans éveiller quelques soupçons. Cyniques que nous sommes…

Le soucis de la perfection

Car il ne faut pas plus d’une poignée de minutes au réalisateur Tom Hooper, connu chez nous seulement pour le discret The Damned United, afin de démontrer avec quelle minutie et intelligence il compte mettre en scène son film. Quelques instants en début de métrage où, par la simple utilisation du cadrage et du montage, la problématique du personnage principal est explicitée, les enjeux sont placés. Le tout entraîné par un sens de la dramaturgie faisant que nous sommes immédiatement happés par l’intrigue, ce qui n’était pas spécialement gagné quand on s’arrête à celle-ci. Non, franchement, l’histoire d’un apprenti-roi qui lutte contre ses problèmes de bégaiement, à priori il n’y aurait que les Stéphane Bern pour s’y intéresser… Mais voilà, Hooper s’y prend si bien, s’est entouré de tant de talents (le boulot de chaque département est vraiment impeccable), que n’importe qui peut-être captivé par ce récit aux accents de « film de psy » (on pense par exemple à Will Hunting). D’autant que le scénario de David Seidler – un abonné aux téléfilms plus connu pour les films animés Le Roi et moi et Excalibur, l’épée magique – met tout autant d’ardeur que la réalisation à bien faire les choses. Découvrir ainsi la petite histoire dans la grande présente toujours un certain intérêt mais le nôtre va bien au-delà de ça avec Le Discours d’un roi, car le véritable ciment du projet se trouve dans les relations entre les personnages, profondes sans être dénuées d’un humour exquis.

Casting royal

Et la performance des comédiens n’est bien évidemment pas étrangère à cette réussite, à commencer par un Colin Firth absolument parfait en « roi malgré lui » complexé, aussi bien effrayé par le poids de ses responsabilités que par le simple fait de s’exprimer en public. Une faiblesse humaine à laquelle beaucoup d’entre nous peuvent s’identifier, même sans être bègue, et le comédien de s’en servir alors pour nous rendre sympathique un personnage pourtant pas exempt de défauts (voir comment il peut être réactionnaire face au « mariage scandaleux » de son frère). Nominé dans la catégorie « meilleur acteur », il est clair qu’il est en bonne voie pour décrocher la précieuse statuette tout comme le sont dans leur catégorie respective Helena Bonham Carter (toujours aussi juste) et Geoffrey Rush, que l’on n’avait pas vu aussi convaincant depuis quelques temps déjà. Ajoutons à cela la présence de comédiens aussi solides que Guy Pearce, Michael Gambon, Timothy Spall, Derek Jacobi… et nous obtenons ce que l’on peut véritablement qualifier de casting royal, choisi avec un soin n’ayant d’égal que celui porté par Hooper à sa réalisation.

Que dire alors sinon que nous ne trouverons rien à redire sur Le Discours d’un roi ? Peaufiné jusque dans ses moindres détails, le film de Tom Hooper impressionne par la maîtrise et l’efficacité dont il fait montre de la première à la dernière minute, il subjugue même le spectateur réfractaire d’ordinaire à ce genre de spectacle. Certains pourront tout de même lui trouver un certain classicisme, un académisme appliqué car, après tout, il est vrai que le film n’a rien de révolutionnaire, mais ce serait vraiment être de mauvaise foi que de mettre cette argumentaire devant ses indéniables qualités. Pour une fois, nous autres cyniques avions tort…

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