Critique ciné : Le Dernier des Templiers

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Ayant perdu foi en l’Eglise après des années de massacres au cours des Croisades, deux templiers désertent et rentrent au pays avec le ferme espoir de commencer une nouvelle vie. Mais à peine sont-ils arrivés qu’on les reconnaît et fait enfermer, condamnés au destin peu envieux de ceux ayant quitté l’armée de Dieu. Un cardinal leur propose alors une autre alternative : s’ils escortent jusqu’à une abbaye la sorcière censée être responsable de la terrible épidémie de peste noire frappant le pays, leurs noms seront lavés de toute accusation. Obligés d’accepter, les deux chevaliers prennent la tête d’un petit groupe d’hommes et s’embarquent dans un voyage qui pourrait bien ébranler une nouvelle fois leurs croyances

« Une abominable erreur de casting »

C’est un fait, la présence de Nicolas Cage en tête d’affiche est rarement un signe avant-coureur des plus rassurants. Depuis plusieurs années, on peut ainsi s’étonner du nombre de bousasses (à quelques exceptions près) dans lesquelles le comédien vient cachetonner, où son implication consiste seulement à laisser les coiffeurs délirer avec sa calvitie. Et à en juger l’affiche de sa nouvelle péloche, Le Dernier des Templiers, on comprend très vite que ce n’est pas avec celle-ci qu’il trompera cette triste tradition. Mais si une erreur de casting devant la caméra est toujours préjudiciable (et prendre Cage parce qu’il est « bankable » est TOUJOURS une erreur de casting), c’est encore bien pire quand ça se passe également en coulisses…

C’est pourtant pas sorcière !

Au départ, pourtant, Le Dernier des Templiers était loin de partir perdant. En ces temps où les blockbusters historiques comptent parmi les spectacles les plus impressionnants (merci Ridley Scott et Gladiator), on peut même dire que l’opportunité de se faire une chasse aux sorcières en plein Moyen-Age ravagé par la Peste noire ne manquait pas de nous titiller la cinéphilie, surtout quand on la fait aussi bien entouré : Ron Perlman, Ulrich Thomsen, Christopher Lee et Stephen Graham dans un même film, ça ne se refuse pas ! A priori, tout était donc réuni pour accoucher d’une oeuvre des plus acceptables, un bon petit moment de cinéma… mais non. Las, le ridicule de l’entreprise annihile tous ces engageants prémisses (oui, ils parviennent même à rendre ridicule Ron Perlman !) tandis que de son côté Nicolas Cage, en mode « blockbuster », ne fait pas plus d’étincelles que d’ordinaire. Et c’est bien regrettable car le scénario lui ménageait un rôle plus intéressant que sa moyenne avec la bonne idée du script, à savoir confronter un croisé ayant perdu foi en la religion à une sorcière présumée. Les doutes qui l’assaillent trouvent en effet un écho très fort dans la propre incertitude du spectateur… ou c’est en tout cas ce qui aurait dû se passer. Que Nico se rassure alors : son interprétation molle de la cuisse ne gâche pas grand chose vu qu’un tel sujet aurait mérité une approche intelligente, en finesse, sachant tisser un mystère à nous en faire perdre notre latin. Ce qui est très loin d’être le cas ici, vous l’aurez compris.

Le Der’ des Ders’

Sans même s’arrêter sur le crédit apporté à la foi chrétienne, inévitable sur ce type de projet, c’est bien la direction prise par le réalisateur qui s’évertue à saloper un potentiel en or. Et la voilà alors, la plus grosse erreur de casting du Dernier des Templiers : pourquoi mettre Dominic Sena à la tête d’un tel film ? Parce qu’il est pote avec Nico depuis qu’ils ont fait 60 secondes chrono ensemble ? Là où nous aurions donc rêvé d’un Paul Verhoeven, on se retrouve avec un clippeur dont le principal fait de gloire est l’explosion en bullet-time de Opération Espadon – allez, Kalifornia était pas mal aussi – et la différence d’approche se fait cruellement ressentir, d’entrée de jeu. Après une introduction à l’esthétique en toc mais supportable, la première « sorcière » fait ainsi son apparition et que découvre-t-on ? Une cascadeuse bondissante avec un visage monstrueux en images de synthèse ! Pour l’intelligence et la finesse, on repassera ! D’une laideur ne faisant que renforcer leur anachronisme (ce qui fonctionne chez Francis Lawrence ne vaut pas dans un contexte moyenâgeux) et leur mauvais goût, ces CGI sont en fait symptomatiques du caractère déplacé de la présence de Sena sur le film, qui ne le voit que comme un actionner pour ados. D’ailleurs, même s’il lui arrive parfois de mettre en place quelques ambiances sympa – voir la scène du pont ou celle de l’arrivée dans la forêt de Wormwood, certainement plus réussie grâce aux décorateurs qu’à lui ceci dit – il trouve à côté le moyen de sombrer toujours plus dans l’incompréhensible, comme lorsqu’il se laisse aller à placer un éclairage bleu électrique dans une geôle de château-fort (en même temps, en choisissant le directeur de la photo de Fast & Furious 4 et Coyote Girls, c’est pas comme s’il ne cherchait pas un peu la merde). Le plus affligeant demeure néanmoins ces hideuses images de synthèse dont on nous gave plus que de raison, jusqu’à un final grotesque où l’on doit se coltiner un monstre nous rappelant le douloureux souvenir de l’adaptation ciné de Devilman, et qui trahissent surtout prématurément la part d’énigme nécessaire à l’intrigue.

Une abominable erreur de casting, voilà donc ce qu’est Le Dernier des Templiers même si ce n’est pas forcément celle à laquelle on s’attendait. Car rares sont les occasions de voir un choix de réalisateur se planter à ce point dans les grandes largeurs, il faut le dire. En allant à l’encontre totale des besoins du projet, la nomination de Dominic Sena à la tête du film le condamne en effet à sacrifier tout ce qui aurait pu en faire l’intérêt, sans vergogne. Et dire que le Black Death de Christopher Smith n’arrive pas à trouver de distributeurs pendant qu’un tel fiasco s’affiche dans tous les multiplexes du monde…

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Une Réponse à “Critique ciné : Le Dernier des Templiers”

  1. tiniere karine dit :

    je te trouve vraiment dur pour ce film,c est quand même regardable et le temps passe vite!!

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