Critique ciné : Le Monde de Narnia – l’odyssée du passeur d’aurore

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Tandis que la seconde Guerre Mondiale fait rage et qu’ils sont restés vivre chez leur oncle, Lucy et Edmund Pevensie sont appelés une troisième fois à Narnia, accompagnés pour l’occasion de leur désagréable cousin Eustache. A peine arrivés, ils tombent nez-à-nez avec Caspian à bord de son Passeur d’Aurore, en route pour découvrir l’origine d’un Mal mystérieusement tombé sur le royaume, et se joignent à sa troupe pour protéger le monde qu’ils aiment tant. D’île en île, à la recherche de puissantes épées détenues par les seigneurs du passé, ils vont alors vivre la plus grande de leurs aventures

« Un nouveau Narnia aurait mérité un peu plus d’investissement »

Après Le Lion, la sorcière blanche et l’armoire magique et Prince Caspian, voilà que débarque un troisième chapitre d’aventures dans le monde de Narnia avec L’Odyssée du passeur d’aurore. Sauf que là où il va de soi qu’une saga de fantasy comme celle de Harry Potter enchaîne les volets, autant pour la continuité de l’intrigue que pour capitaliser sur un succès jamais démenti, les choses ne furent pas si simples en ce qui concerne l’adaptation des écrits de C.S. Lewis. En clair, nous avons bien failli ne jamais voir ce film. Et s’il nous est aujourd’hui finalement parvenu, ce n’est pas allé sans quelques concessions et remaniements.

Un nouveau capitaine

Plus qu’un changement de réalisateur, Andrew Adamson ayant cédé sa place à Michael Apted (Gorilles dans la brume), c’est un bouleversement dans la production qui est à l’origine de la nouvelle direction de la franchise. En effet, alors que les préparatifs allaient bon train et que le tournage se profilait à l’horizon, Disney stupéfia son monde en annonçant son retrait du projet. La raison officielle : « problèmes budgétaires et logistiques« . La raison officieuse : rien ne va plus entre le studio aux grandes oreilles et Walden Media, qui détient les droits de Narnia. Une mésentente née suite aux résultats « décevants » de Prince Caspian, Walden accusant Disney d’avoir plombé sa distribution en 1/ le sortant en été plutôt qu’en hiver 2/ le vendant comme un film plus adulte et sombre que le premier (ce qu’il était à l’évidence, mais bon…). A ce moment-là L’Odyssée du passeur d’aurore était au point mort, et ce n’est qu’avec l’arrivée de la Fox qu’il put se remettre à flot.

Conciliante et plus proche de Walden que ne l’a jamais été Disney, la Fox n’oppose alors aucune résistance au rajeunissement de la cible du film et après un second épisode qui brillait par sa maturité, il faut s’attendre ici à une spectaculaire régression. Redevenu un blockbuster de Noël, L’Odyssée du passeur d’aurore laisse en effet tomber la tragédie shakespearienne pour quelque chose de plus léger, de plus merveilleux, et l’humour ainsi que la « magie » sont remis au premier plan du programme. Il faut bien au moins ça pour capter l’attention des kids, tout comme il faut veiller à ne pas les larguer avec des éléments scénaristiques trop compliqués ou une durée trop longue. Et comme d’habitude, c’est la caractérisation des personnages qui souffre le plus d’une telle politique : partagée entre le faiblard (la dualité Caspian / Edmund, l’évolution d’Eustache) et l’agaçant (la jalousie de Lucy envers la beauté de sa soeur), difficile d’être impliqué dans l’aventure humaine de nos héros.

A l’abordage de l’aventure !

Mais qu’en est-il alors de l’autre aventure, la vraie, celle avec un grand « A » ? Ouvertement inspiré par des films comme Le Septième voyage de Sinbad, il faut reconnaître que le nouveau Narnia est plutôt généreux en la matière. Michael Apted a beau ne pas être un franc spécialiste de l’action, il est aussi bien épaulé que dans Le Monde ne suffit pas et cela donne quelques séquences assez entraînantes à défaut d’être véritablement spectaculaires. Parce que si la Fox l’a joué cool sur le ciblage du public, elle n’en a pas pour autant délié inconsidérément sa bourse et les largesses du précédent volet sont de l’histoire ancienne. Oubliez les grosses scènes de batailles épiques, nous sommes davantage ici devant une succession de péripéties où chaque île est l’occasion d’une nouvelle épreuve à la Ulysse. La bonne surprise étant qu’en dépit d’une durée très raisonnable, le film conserve une narration aérée, il évite le montage épisodique qui vient si souvent gâcher ce genre de projet. Bon, il est vrai que ça se fait aux dépens du scénario (le traitement des personnages, on l’a dit, et également l’absence d’explication concluante pour la quête des épées ou la nature du Mal à affronter) mais cela permet au moins de suivre l’ensemble sans trop de déplaisir.

Ceux qui avaient apprécié la maturation de la saga marquée par le second volet risquent donc d’être un peu déçus par sa suite, laquelle fait marche arrière au point même de viser un public encore plus familial que le premier. Mais que voulez-vous, on n’a rien sans rien et dans leur grande sagesse, la Fox et Walden Media n’envisageaient pas d’autre moyen pour donner vie à L’Odyssée du passeur d’aurore. Dommage : même sans être la plus intéressante des sagas de fantasy sur le marché, un nouveau Narnia aurait indéniablement mérité un peu plus d’investissement. Qu’il soit pécunier ou simplement professionnel.

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Une Réponse à “Critique ciné : Le Monde de Narnia – l’odyssée du passeur d’aurore”

  1. tiniere karine dit :

    je n ai pas vraiment réussit à rentrer dans le film! la morale est que tant que tu n es pas formée tu peux aller dans le royaume de narnia et quand tu deviens une jeune fille c est fini!!!!!!!!!
    la jeune actrice joue mal et est vraiment agaçante

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