Critique ciné : Skyline

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Un matin, d’étranges lumières bleues descendent du ciel sur Terre et attirent dans leur clarté des milliers d’humains, comme hypnotisés, avant qu’ils ne disparaissent. Témoin de cet horrible spectacle, un groupe d’amis réfugiés dans un penthouse assiste ensuite à la deuxième phase de l’invasion : l’arrivée de vaisseaux et d’invincibles créatures se mettant à traquer impitoyablement les personnes restantes. Sans moyen de fuir, sans moyen de contre-attaquer, il semble bien qu’il ne leur reste plus qu’à contempler l’extinction totale de l’humanité

« Les Strause sont davantage artisans qu’auteurs »

Passés des effets spéciaux à la réalisation avec un Aliens versus Predator : Requiem qu’ils reconnaissaient eux-mêmes comme décevant, la faute selon à eux à une production sur laquelle ils n’avaient aucun contrôle, les frangins Greg et Colin Strause reviennent aujourd’hui avec Skyline. Une nouvelle incursion dans la SF au budget bien plus restreint (10 millions de dollars) qu’ils prétendent cette fois assumer de A à Z. L’occasion pour eux de se racheter une virginité, de prouver ce qu’ils valent véritablement derrière une caméra… que ce soit en bien ou en mal…

La fin justifie le moyen (et le moins bon)

Pas la peine alors d’en faire un mystère, ce n’est pas avec ce film-ci que les Strause prouveront leur talent de narrateurs. Le début in medias res donne en effet l’illusion que l’intrigue saura éviter l’écueil du film-catastrophe en présentant ses personnages au cours de l’action mais, déjà, on ressent une première déception lorsqu’un flashback nous ramène quelques heures en arrière pour une introduction en bonne et due forme. C’est à dire rébarbative, surtout que la caractérisation des rôles est particulièrement grossière et encore alourdie par des éléments embarrassants, de la grosse teuf’ faisant Cloverfield du pauvre aux clins d’oeil auto-référentiels pompeux que se lancent les frangins par le biais des personnages de Eric Balfour et Donald Faison. Et la suite ne fera pas beaucoup mieux puisque si l’idée de suivre une invasion alien par le seul point de vue d’un petit groupe est relativement valable et originale, elle n’empêche pas le scénario de cumuler les lieux communs et certaines scènes proprement stupides (voir le drame autour d’une malheureuse cigarette) ni de faire ressentir son manque d’enjeux… Clairement, Skyline ne brille pas par son écriture. Ou en tout cas pas jusqu’à une pirouette finale venant éclairer le film sous un jour nouveau. Car même s’il traité avec la finesse d’un soap bas-de-gamme tout du long, l’Amour (oui, avec un grand « A », je suis très fleur bleue que voulez-vous) va venir sauver l’intrigue in extremis par le biais d’une surprenante conclusion en deux temps, sans concession, avant de se refermer sur une ultime image dont la puissance évocatrice implique que le métrage entier n’était en fait qu’une préquelle à une aventure d’un tout autre genre. Nous pensions n’être là que pour assister à la fin de l’humanité mais c’était faire fausse-route, et cette surprise de dernière minute est vraiment l’un des twists les plus salvateurs qu’on ait pu voir au cinéma.

Plein la gueule pour (presque) pas un rond

Heureusement alors que pour nous faire patienter jusque-là, les frères Strause savent soigner la partie visuelle de leur bébé. Soyons clairs : Skyline est avant toute chose l’occasion pour eux de faire une bande démo de leur savoir-faire en matière de SFX avec un budget (très) restreint, point barre. Et sans arriver alors à la sophistication et la complexité d’un District 9, qui jouissait tout de même de trois fois plus de ressources, on ne peut que valider l’initiative tant le film s’avère riche en effets spéciaux de qualité. A commencer bien sûr par les aliens venus nous botter le cul, gratifiés d’un agressif design du plus bel effet et divisés en plusieurs castes pour multiplier les plaisirs. En plus d’increvables vaisseaux ou de méduses flottantes situées quelque part entre les Sentinelles de Matrix et les exosquelettes de Independance Day, on sera surtout étonné par les mastodontes les accompagnant, au caractère simiesque peu fréquent chez nos amis envahisseurs de l’espace. De vrais King Kong bio-mécanoïdes lâchés sur Los Angeles, sources des plus efficaces morceaux de bravoure d’une péloche pas avare en action. Parce qu’autant le point-de-vue limité sur l’invasion empêche d’en avoir une explication détaillée (ce qui n’est pas plus mal en fin de compte, on comprend très bien sans cela ce que viennent faire les aliens), autant cela ne gêne en rien pour apprécier avec force destruction cette nouvelle attaque contre la planète bleue. Et ça, c’est toujours bien cool à voir !

D’une certaine façon les frères Strause ont donc remporté leur pari puisqu’avec un budget à peine deux fois supérieur à un téléfilm Syfy, ils livrent une oeuvre véritablement spectaculaire, pleine d’explosions et de gros monstres à la ténacité proprement hallucinante. Restent évidemment les graves lacunes d’un scénario tardant à révéler son intérêt, ce sur quoi ils auraient véritablement pu nous surprendre, mais il se trouve que les frangins sont davantage artisans qu’auteurs malgré ce qu’ils peuvent prétendre en interview. A moins qu’un éventuel Skyline 2 ne vienne remettre les pendules à l’heure pour de bon ? On ne demande pas mieux !

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