Archive pour décembre, 2010

Critique ciné : Skyline

20 décembre, 2010

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Un matin, d’étranges lumières bleues descendent du ciel sur Terre et attirent dans leur clarté des milliers d’humains, comme hypnotisés, avant qu’ils ne disparaissent. Témoin de cet horrible spectacle, un groupe d’amis réfugiés dans un penthouse assiste ensuite à la deuxième phase de l’invasion : l’arrivée de vaisseaux et d’invincibles créatures se mettant à traquer impitoyablement les personnes restantes. Sans moyen de fuir, sans moyen de contre-attaquer, il semble bien qu’il ne leur reste plus qu’à contempler l’extinction totale de l’humanité

« Les Strause sont davantage artisans qu’auteurs »

Passés des effets spéciaux à la réalisation avec un Aliens versus Predator : Requiem qu’ils reconnaissaient eux-mêmes comme décevant, la faute selon à eux à une production sur laquelle ils n’avaient aucun contrôle, les frangins Greg et Colin Strause reviennent aujourd’hui avec Skyline. Une nouvelle incursion dans la SF au budget bien plus restreint (10 millions de dollars) qu’ils prétendent cette fois assumer de A à Z. L’occasion pour eux de se racheter une virginité, de prouver ce qu’ils valent véritablement derrière une caméra… que ce soit en bien ou en mal…

La fin justifie le moyen (et le moins bon)

Pas la peine alors d’en faire un mystère, ce n’est pas avec ce film-ci que les Strause prouveront leur talent de narrateurs. Le début in medias res donne en effet l’illusion que l’intrigue saura éviter l’écueil du film-catastrophe en présentant ses personnages au cours de l’action mais, déjà, on ressent une première déception lorsqu’un flashback nous ramène quelques heures en arrière pour une introduction en bonne et due forme. C’est à dire rébarbative, surtout que la caractérisation des rôles est particulièrement grossière et encore alourdie par des éléments embarrassants, de la grosse teuf’ faisant Cloverfield du pauvre aux clins d’oeil auto-référentiels pompeux que se lancent les frangins par le biais des personnages de Eric Balfour et Donald Faison. Et la suite ne fera pas beaucoup mieux puisque si l’idée de suivre une invasion alien par le seul point de vue d’un petit groupe est relativement valable et originale, elle n’empêche pas le scénario de cumuler les lieux communs et certaines scènes proprement stupides (voir le drame autour d’une malheureuse cigarette) ni de faire ressentir son manque d’enjeux… Clairement, Skyline ne brille pas par son écriture. Ou en tout cas pas jusqu’à une pirouette finale venant éclairer le film sous un jour nouveau. Car même s’il traité avec la finesse d’un soap bas-de-gamme tout du long, l’Amour (oui, avec un grand « A », je suis très fleur bleue que voulez-vous) va venir sauver l’intrigue in extremis par le biais d’une surprenante conclusion en deux temps, sans concession, avant de se refermer sur une ultime image dont la puissance évocatrice implique que le métrage entier n’était en fait qu’une préquelle à une aventure d’un tout autre genre. Nous pensions n’être là que pour assister à la fin de l’humanité mais c’était faire fausse-route, et cette surprise de dernière minute est vraiment l’un des twists les plus salvateurs qu’on ait pu voir au cinéma.

Plein la gueule pour (presque) pas un rond

Heureusement alors que pour nous faire patienter jusque-là, les frères Strause savent soigner la partie visuelle de leur bébé. Soyons clairs : Skyline est avant toute chose l’occasion pour eux de faire une bande démo de leur savoir-faire en matière de SFX avec un budget (très) restreint, point barre. Et sans arriver alors à la sophistication et la complexité d’un District 9, qui jouissait tout de même de trois fois plus de ressources, on ne peut que valider l’initiative tant le film s’avère riche en effets spéciaux de qualité. A commencer bien sûr par les aliens venus nous botter le cul, gratifiés d’un agressif design du plus bel effet et divisés en plusieurs castes pour multiplier les plaisirs. En plus d’increvables vaisseaux ou de méduses flottantes situées quelque part entre les Sentinelles de Matrix et les exosquelettes de Independance Day, on sera surtout étonné par les mastodontes les accompagnant, au caractère simiesque peu fréquent chez nos amis envahisseurs de l’espace. De vrais King Kong bio-mécanoïdes lâchés sur Los Angeles, sources des plus efficaces morceaux de bravoure d’une péloche pas avare en action. Parce qu’autant le point-de-vue limité sur l’invasion empêche d’en avoir une explication détaillée (ce qui n’est pas plus mal en fin de compte, on comprend très bien sans cela ce que viennent faire les aliens), autant cela ne gêne en rien pour apprécier avec force destruction cette nouvelle attaque contre la planète bleue. Et ça, c’est toujours bien cool à voir !

D’une certaine façon les frères Strause ont donc remporté leur pari puisqu’avec un budget à peine deux fois supérieur à un téléfilm Syfy, ils livrent une oeuvre véritablement spectaculaire, pleine d’explosions et de gros monstres à la ténacité proprement hallucinante. Restent évidemment les graves lacunes d’un scénario tardant à révéler son intérêt, ce sur quoi ils auraient véritablement pu nous surprendre, mais il se trouve que les frangins sont davantage artisans qu’auteurs malgré ce qu’ils peuvent prétendre en interview. A moins qu’un éventuel Skyline 2 ne vienne remettre les pendules à l’heure pour de bon ? On ne demande pas mieux !

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Critique ciné : Machete

10 décembre, 2010

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Machete n’est pas content. Depuis que Torres, un cruel baron de la drogue, a fait tuer sa famille et l’a laissé pour mort, l’ancien policier mexicain est passé de l’autre côté de la frontière et vit de petits boulots clandestins. Jusqu’au jour où un mystérieux col blanc lui propose une somme astronomique pour assassiner un sénateur en campagne, dont le cheval de bataille est justement la chasse aux immigrants illégaux. Voyant là l’occasion d’aider les siens, Machete accepte le contrat. Mais il va découvrir qu’il s’agit en fait d’un coup fourré, une manipulation pour faire remonter le sénateur dans les sondages tout en se débarrassant d’un mexicain basané. Et ça, Machete, il aime pas des masses

« Tout aussi branque et gratuit que le trailer l’ayant inspiré »

Ce n’est pas parce que son expérience de revival du grindhouse aux côtés de Quentin Tarantino n’a pas eu le résultat escompté (Boulevard de la mort comme Planète Terreur ont déçu au box office) que Robert Rodriguez va lâcher l’affaire. Toujours avec cinq projets sous le coude, il nous promettait donc depuis quelques temps de faire un vrai film à partir de sa fausse bande-annonce intercalée en entracte au double-programme, présentant un Danny Trejo plus badass que jamais. Forcément, on voulait voir ça. Il le fallait. Trop occupé alors sur d’autres projets, il trouve quand même le moyen de tenir parole en co-réalisant avec Ethan Maniquis, un de ses monteurs. Et malgré son désistement partiel, Rodriguez respecte une seconde promesse : Machete, le film, est tout aussi branque et gratuit que le trailer l’ayant inspiré !

Grindhouse Deluxe

Le gros point fort de Planète Terreur sur son frère-siamois Boulevard de la mort relevait de la conception décontractée de Rodriguez sur le cinéma, sans autre contrainte que de flatter les instincts primaires du spectateur (en gros, lui en mettre plein la tronche). Bonne nouvelle, Machete perpétue cette tradition et le prouve d’entrée de jeu avec une version hargneuse de la scène d’introduction de Rien que pour vos cheveux, où le Zohan décapiterait trois gus d’un seul coup circulaire de machette dans une ambiance craspec. Radicales et copieuses, les nombreuses scènes d’action élèvent donc la péloche au top de la tradition grindhouse, peu habituée il faut dire à tant de largesses et de savoir-faire. On en vient même souvent à penser à un pastiche du genre tant tout est ici démesuré et relâché du sombrero, de l’histoire débile aux débordements de violence en passant par des punchlines en rafale (et dont la vulgarité laisserait penser que tous les personnages sont atteints du syndrome de Tourette). Mais l’ensemble se fait dans un tel joyeux bordel que, si vous êtes un minimum réceptif aux plaisirs régressifs d’un bodycount flirtant avec le génocide, vous ne pourrez qu’accrocher : c’est fait pour nous ! Après, on pourra toujours s’expliquer en prétendant avoir adoré le discours sur la politique intérieure des Etats-Unis, la montée d’idées de plus en plus radicales et préoccupantes, les manipulations médiatiques opérées dans l’ombre des politiques… m’enfin, qui on tromperait avec ça ? Machete, on l’aime pour sa simplicité rafraîchissante, sa manière de parler au burné moustachu avec des flingues dans le coeur de chacun. Et le seul petit reproche que l’on pourrait alors faire au film quant à sa conception d’un menu grindhouse « méga best of + + », c’est sa radinerie sur la fesse, l’autre mamelle de la catégorie.

L’orgie qui tourne mal

Presque un comble quand on voit en plus les magnifiques créatures présentes au casting, d’autant que les scènes de sexe ne sont pas rares mais se limitent à la suggestion (merci les fondus). Pourtant entre Michelle Rodriguez, Lindsay Lohan, les jumelles Avellan et surtout l’enivrante Jessica Alba, il y aurait eu de quoi se rincer copieusement l’oeil avec ce panel épicé du beau sexe. Le sexe fort n’est quant à lui pas en reste et en plus de nouveaux-venus dont la présence est à chaque fois passionnante pour une raison bien particulière (De Niro qui s’encanaille, Don Johnson qui revient d’entre les morts, Steven Seagal lâchant pour un temps ses direct-to-DVD pourris), on ne peut que s’éclater en voyant la clique de Rodriguez se glisser avec délectation dans les fringues dégueux du grindhouse. Cheech Marin, Jeff Fahey, Tom Savini, Daryl Sabara et bien sûr l’inimitable Danny Trejo, dont la fidélité au texan a payé puisqu’il obtient enfin son premier grand rôle après presque trente ans dans le métier. Bon, même après l’avoir vu sourire dans Spy Kids, nous savons très bien que son répertoire d’expressions est des plus limités mais puisque la mono-expressivité colle parfaitement à cette grosse brute de Machete, pourquoi s’en plaindre ? Le comédien au tatouage de femme n’a lui en tout cas aucune raison de la faire, car il trouve là le rôle de sa vie.

Néanmoins, cette orgie de stars et acteurs qu’on adore n’a pas que des côtés positifs. Comme dans le Predators produit récemment par Rodriguez, il y a en effet une certaine frustration lorsqu’on comprend que tous ne pourront être utilisés autant qu’on le voudrait, que leurs rôles vont être sacrifiés sur l’autel de la quantité pour ne plus tenir que du caméo. C’est là l’une des grosses faiblesses du « système Rodriguez ». On ne peut plus évident lors du climax bordélique et relativement décevant (Seagal n’est vraiment plus bon à rien dans l’action), ce déséquilibre ne viendra pourtant pas éclipser le fun ressenti devant une péloche d’exploitation dont la générosité n’a d’égal que le nombre de macchabées accumulés. Et puis de toutes manières, un film grindhouse peut-il vraiment prétendre à la perfection ? Evidemment non, alors on cesse de se poser des questions, on se met les couilles en bandouillère et on rejoint Machete dans la baston !

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Auto promo : Le Monde de Narnia 3, une gestation compliquée

8 décembre, 2010

Fiouuu, ça faisait bien longtemps qu’un de mes dossiers ne s’était frayé un chemin jusque sur le Web mais voiloù, c’est réglé avec ce petit dernier sur la production assez compliquée du troisième chapitre narniesque, Le Monde de Narnia : l’odyssée du passeur d’aurore (en salles ce mercredi, et en 3D comme c’est désormais de coutume).

Alors si vous voulez tout savoir sur les coulisses de ce blockbuster de Noël, du conflit Disney / Walden Media aux petits bobos des comédiens, vous savez ce qu’il vous reste à faire : attendre le making of du Blu-Ray de dans vingt ans, époque à laquelle il y aura prescription sur la langue de bois de rigueur. Ou alors, pour en avoir un avant-goût, vous pouvez aussi cliquer sur le lien ci-dessous. C’est vous qui voyez !

LE MONDE DE NARNIA : L’ODYSSEE QUI A FAILLI NE PAS VOIR L’AURORE

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