Critique ciné : Harry Potter et les reliques de la mort – partie 1

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L’emprise de Celui-dont-on-ne-doit-prononcer-le-nom et ses Mangemorts s’étant considérablement accrue ces derniers mois depuis la mort tragique de Dumbledore, Harry, Ron et Hermione ne peuvent retourner à l’école de Poudlard, où leur sécurité n’est désormais plus assurée. Le monde des sorciers en guerre, ils décident alors de lutter contre leur terrifiant ennemi en partant à la recherche des Horcruxes, les différentes parties de son âme fragmentée qu’il a caché dans des objets secrets, pour les détruire. Mais le danger est absolument partout, et le courage des trois amis sera mis à rude épreuve lors de leur quête

« Plus mâture, plus sombre et cependant plus agréable que jamais à suivre »

Commencée il y a presque dix années, la saga Harry Potter au cinéma arrive enfin à son ultime chapitre. Ou presque puisque ce septième roman, Harry Potter et les reliques de la mort, sera adapté pour l’occasion en deux longs-métrages. Deux parties à sortir à huit mois d’intervalle, comme chacun sait. Une pratique que l’on aurait alors facilement pu qualifier de mesquine de la part de Warner Bros, le studio trouvant là une douteuse manière de doubler ses profits et de capitaliser sur une licence, mais qui présente au final du très bon comme du très mauvais. Concernant le très bon, c’est que jamais un film de la série n’a pu autant prendre ses aises pour raconter son histoire (enfin !). Quant au très mauvais… c’est que les huit prochains mois vont être sacrément longs avant de découvrir le final !

La force dans la continuité… mais pas seulement

On revient dessus à chaque fois que sort un volet dont il s’est chargé mais, puisque c’est à chaque fois plus vrai encore, pourquoi s’en priver : l’arrivée de David Yates sur la franchise fut une véritable bénédiction, l’esthétique sombre et torturée de sa mise en scène collant idéalement avec ces années peu joyeuses pour Harry et ses amis. Et ce n’est pas ce nouvel épisode ténébreux au possible qui lui permettra de se reposer sur ses lauriers entre une utilisation accrue des décors naturels – auxquels il donne des atours de conte noir, à la fois cruel et froid – et le retour de grosses scènes d’action qui faisaient défaut à Harry Potter et le prince de sang mêlé. De quoi remonter le score avec des moments presque plus destructeurs et impressionnants que le duel final du cinquième film (par exemple, bien qu’un peu chaotique dans sa gestion de l’espace et du montage, la scène d’introduction offre un spectacle réellement inédit et excitant).

Mais ce qui va rendre cet ultime chapitre si passionnant, c’est qu’il fait entrer pour de bon la saga dans l’âge adulte. Il y a en premier lieu nos trois héros qui se font maquisards, la dureté d’un tel contexte étant incomparable aux années dans le confort de Poudlard, puis ensuite plusieurs scènes se chargent d’appuyer cette analogie à la seconde Guerre Mondiale en flirtant avec des sujets des plus mâtures, comme lorsque Hermione se fait torturer par Bellatrix ou que les Mangemorts raflent des sangs-mêlés. Le plus marquant étant peut-être la disparition quasi-totale des compositions de John Williams pour la série, jusqu’au thème central, remplacées par celles plus contrastées du français Alexandre Desplat. Une manière de dire que nous en avons définitivement terminé avec l’aspect merveilleux de la magie (les scènes horrifiques sont même légion). Dorénavant, le monde des sorciers est en guerre et nous sommes jetés en plein milieu de cet impitoyable bourbier, sans plus de filet que les apprentis-sorciers.

Du condensé de Potter

Pour beaucoup, le plus grand problème du sixième opus était son scénario focalisé sur les amourettes adolescentes des jeunes héros. Ce qui, il est vrai, ne faisait pas réellement progresser l’intrigue de la saga, mais constituait une volonté évidente de coller au plus près des préoccupations des personnages. Or, si Yates et son scénariste Steve Kloves persévèrent dans cette voie, elle se révèle ici moins problématique par la nature même du livre et des événements qui y sont dépeints (voir des gens se battre pour une cause est bien souvent plus intéressant que de les voir s’enguirlander pour savoir qui va sortir avec qui). Loin d’être une arnaque, sa division en deux films constitue à ce titre un tour de magie car, pour la première fois depuis Harry Potter à l’école des sorciers, nous n’avons pas l’impression d’être poussés au cul lors du visionnage. Exception faite d’un début ayant tendance à se précipiter un chouïa (voir comment les morts de certains personnages importants sont rapidement expédiées), le métrage trouve après son rythme de croisière et en profite pour développer efficacement ses enjeux, avec un luxe d’ampleur dans la narration rarement constaté chez la saga. Malgré ainsi une durée raisonnable, 146 minutes qui le positionnent en troisième film le plus court de la série, on ne cessera de s’étonner de tout ce que ses créateurs ont y pu faire tenir sans perdre le spectateur. Le meilleur étant qu’une grosse partie du roman a déjà été casée ici, ce qui promet un second volet en forme de gigantesque feu d’artifice !

Plus mâture, plus sombre et cependant plus agréable que jamais à suivre, Harry Potter et les reliques de la mort – partie 1 entérine donc la conclusion de la saga sur les chapeaux de roues (de Magicobus), confirmant une nouvelle fois tout le bien que nous pensons du réalisateur David Yates et de son apport à la série. Ne reste maintenant plus qu’à attendre le 13 juillet prochain pour découvrir la prometteuse seconde partie ce qui, convenons-en, relève de la véritable gageure après une mise en bouche aussi plaisante. Ah, si seulement la magie pouvait exister pour avancer le temps…

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Une Réponse à “Critique ciné : Harry Potter et les reliques de la mort – partie 1”

  1. lorang dit :

    Bonsoir. Je l’ai vu aujourd’hui, bien que je fus réticent à l’idée de faire deux films pour les reliques de la mort.
    Comme il est souligné dans l’article, on fait dans la continuité avec Yates dont l’esthétique sombre colle à la série. C’est efficace, immersif, prenant. Pour autant je reste toujours sur ma faim quant aux coupures spectaculaires faites dans les versions cinéma (le plus flagrant étant le dénouement charcuté du prince de sang mêlé). Il est certain qu’on ne peut pas tout mettre mais enfin, la fuite des mangemorts qui échappent aux profs de Poudlard, ça valait le coup je pense ! Revenons à cet opus. L’ouverture manque de punch, s’avère incomplète et pour le coup le sentiment d’urgence qui est censé se dégager est amoindri. reste que l’esthétique apportée par David Yates instaure un climat sombre annonçant la tempête finale qui je l’espère sera le feu d’artifice attendu.

    P.S : Concernant l’entrée de la saga dans l’âge adulte, elle n’est pas l’apanage de David Yates, ni des reliques de la mort, mais plutôt de Alfonso Cuarron et le prisonnier d’Azkaban, à mon avis le meilleur des films de la saga.

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