Archive pour septembre, 2010

Critique ciné – Resident Evil : Afterlife

28 septembre, 2010

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Voilà plusieurs années que l’humanité a été décimée par le virus créé dans les laboratoires de Umbrella, lâchant à la surface de la Terre des hordes de monstres voraces. Sur la trace de ses amis et pensant en avoir fini avec la diabolique corporation, Alice tente de rejoindre Arcadia, une zone supposée vierge de toute contamination. Mais encore faut-il la trouver… et survivre aux horreurs qui rôdent en s’y rendant

« Le film n’est qu’une bande-démo servant à promouvoir la technologie 3D »

Sincèrement fan du jeu original et toujours honnête (ou tout du moins sympathique) dans sa démarche de réalisateur, Paul WS Anderson s’était pris une sacrée volée de bois vert à la sortie du premier Resident Evil. Non pas de la presse, plus magnanime alors avec lui qu’à l’accoutumé, mais bien des fans de la saga made in Capcom, qui apprécièrent moyennement les libertés prises par l’adaptation. Ce qui n’empêcha pas le film d’engranger les dollars, puis d’engendrer deux autres volets s’éloignant toujours plus du jeu vidéo. Alors, quand un quatrième Resident Evil fut annoncé avec le retour de Paulo aux commandes, on pouvait penser que sa motivation était de rattraper ses erreurs, peaufiner ce qu’il avait entrepris pour livrer à ses confrères gamers la péloche que tous attendaient… Tout faux. S’il est revenu sur la franchise, le Paulo, c’est surtout pour sa gueule, et ça se ressent pas mal devant ce Resident Evil : Afterlife.

Resident Débile

Vous l’aurez donc compris, ce n’est pas grâce à ce nouvel opus que les fans se réconcilieront avec la version ciné de leurs jeux favoris. En effet, comment ne pas se sentir blousé quand le respect à l’oeuvre originale consiste seulement à piocher dans les nouveautés de la série (le cinquième est pillé dans les règles de l’art) et dans la galerie de personnages, quitte à tomber dans le ridicule total ? Genre « le monde est dominé par les zombies depuis des années mais un frère et une soeur arrivent à se retrouver dans tout ce bordel »… Nous sommes pourtant habitués à ne pas trop attendre des scénarios de la saga au ciné mais là, tout de même, ils ont fait fort. Véritable patchwork de lieux communs régurgités comme un mauvais pinard, l’histoire de ce nouvel opus est complètement à la ramasse et ne mène à rien, est incapable de mettre en place le moindre enjeu. Il faut ainsi voir l’absence totale d’impact du pseudo-twist final – autant chez les spectateurs que chez les personnages (!) – pour comprendre à quel point l’intrigue est ici reléguée au rang de gadget, simple formalité dont on n’hésitera pas même à sacrifier les quelques éléments intéressants (Wentworth Miller et son rôle de badass qui s’assagit très vite).

Plus encore, ce flou scénaristique officialise la rupture entre Resident Evil au cinéma et son origine vidéo-ludique puisqu’il n’y est même plus question de perpétuer une quelconque mythologie, marque de fabrique de la création de Shinji Mikami sur consoles, mais seulement de… faire n’importe quoi, il faut croire. Albert Wesker, le grand gaillard avec sa massue/hache, l’étrange artefact insectoïde, des zombies avec la bouche pleine de tentacules,… rien de tout cela n’est expliqué, ni même simplement introduit dans le contexte de la saga sur grand écran, et il ne s’offre alors que deux possibilités au spectateur : soit il connait les jeux et comble les blancs tout seul, soit il se contente d’un laconique « Umbrella avait continué ses expériences » en voix-over et ferme sa gueule en tentant de se raccrocher aux branches. Peut-être que tout s’expliquera dans le cinquième volet (déjà prévu après le carton de celui-ci, plus gros succès de la saga jusqu’à présent) mais le problème est alors que cet épisode ne fait plus office que de transition, bancale qui plus est, et n’en devient que davantage irritant.

Paulo, le retour

En fait, pour la première fois de sa carrière, on sent que Paul WS Anderson s’est lancé sur un projet autrement que par passion de son sujet. C’est vrai, après avoir poliment refusé les épisodes 2 et 3, pourquoi se charger du quatrième ? La réponse tient en deux signes : 3D. Fasciné par la nouvelle – et onéreuse – technologie du relief après avoir visité le plateau de Avatar, Paulo n’avait plus d’autre idée que de l’essayer à son tour et était prêt pour cela à quelques concessions. Comme se charger du nouvel opus d’une série sans cesse sur le déclin, que l’on disait même sur le point de s’arrêter (Afterlife devait à l’origine être l’ultime chapitre). Bénéficiant ainsi du matos développé par James Cameron sans toutefois nous transporter de la même manière, il nous offre quand même une 3D plus réussie que la moyenne (on sent nettement la différence avec les films upgradés en post-production) en jouant sans cesse sur la profondeur de champ et en s’assurant qu’il y ait son lot de séquences « in your face ». C’est en effet devenu monnaie courante avec les adaptations de Resident Evil, nous sommes plus face à un film d’action qu’à de l’horreur pure et hormis quelques « jump scares » de rigueur, nous sommes surtout là pour voir de la castagne (l’épique scène d’introduction donne tout de suite le ton). On peut alors reprocher à Anderson certains de ses tics de réalisation, quelques ralentis et autres bullet-time dispensables faisant parfois ressembler le film à un clip vidéo, mais la plupart du temps cela permet tout de même d’apprécier au mieux le relief (voir le combat dans les douches) et va plaisamment à l’encontre de la mode du montage ultra-cut pour les scènes d’action. Toujours dans cette idée de s’amuser avec son nouveau joujou, il se paye le luxe d’une très grande variété de décors – avec quelques trucs inattendus comme le laboratoire géant immaculé, d’un esprit très 70′s – et achève ainsi de nous convaincre de son seul intérêt visuel pour ce long-métrage.

En fait, la seule preuve que Anderson sait (à peu près) s’y prendre pour porter un jeu vidéo sur grand écran est le personnage de Wesker, tellement réussi qu’on le croirait fait en CGI et non interprété par Shawn Diary of the Dead Roberts. Pour le reste, Resident Evil : Afterlife n’est qu’une bande-démo servant à promouvoir la technologie 3D, aussi esthétisante que creuse et vaine. Parce que même avec toute la bonne volonté du monde, le Paulo n’a pas la moitié des talents de conteur d’un James Cameron. Alors quand en plus il n’en a rien à foutre de raconter une histoire, on atteint un néant émotionnel qui ferait passer l’encéphalogramme d’un zombie pour le mont Everest !

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Auto promo : Europe de l’est, nouvel Eldorado de l’horreur

25 septembre, 2010

Pour la sortie de Captifs, nouvelle excursion horrifique française dans les pays de l’est, j’ai réalisé un petit dossier quant à l’influence du cinéma d’horreur sur les terres de l’ex-bloc soviétique… et inversement. Parce que si l’image de ces contrées n’y a pas toujours été très reluisante (les deux Hostel, Ils, Train, Severance,… faites votre choix parmi les titres en un mot), c’est pour beaucoup grâce aux films gore, de monstres et autres joyeusetés que l’industrie du cinéma slave, endormie depuis quelques temps, s’est réveillée.En plus, ça fait toujours plaisir, j’ai réussi à caser une image avec une femme toute nue, tirée de Hostel 2. Alors merci Eli Roth, bonne lecture et n’oubliez pas : A l’est, rien que du boyau !

Dossier L’horreur en Europe de l’est

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Critique ciné : Le Dernier exorcisme

22 septembre, 2010

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Prédicateur adulé et exorciste respecté, Cotton Marcus vit sur la foi des autres sans croire lui-même en l’existence de Dieu ou du Diable. C’est pourquoi, quand un de ses confrères provoque par erreur la mort d’un enfant, il décide de mettre un terme à sa carrière, non sans se consacrer au préalable à un ultime exorcisme qu’il exécutera sous l’oeil d’une équipe de journalistes. Pour prouver que rien de tout ça n’est vrai. Mais quand il arrive chez les Sweetzer et fait la rencontre de la jeune Nell, habitée par le démon selon son père, Cotton va perdre peu à peu ses certitudes

« La plus grande qualité du film est de redonner ses lettres de noblesse au vrai fantastique »

Il a beau nous faire régulièrement baver avec ses nombreuses annonces de projets tous plus excitants les uns que les autres (Thanksgiving, Endangered Species, le remake de Massacre dans le train fantôme,…), Eli Roth n’a en fin de compte pas pondu un seul long-métrage depuis Hostel : Chapitre 2, qui remonte à plus de trois ans. En attendant donc que l’enfant terrible du cinéma d’horreur américain veuille bien se réinstaller derrière une caméra, il nous régale en tant que producteur d’un croisement entre Le Projet Blair Witch et L’Exorciste, mode du documenteur oblige après le succès des Rec et autres Paranormal Activity. Alors, Le Dernier exorcisme, simple suiveur ou proposition réussie de péloche horrifique ?

Document tueur

Aussi avisé au poste de producteur qu’à celui de réalisateur, Roth a fait preuve d’une très bonne initiative en confiant les rênes du Dernier Exorcisme à Daniel Stamm. Remarqué depuis son Allemagne natale pour le faux-documentaire A Necessary death, le bonhomme est en effet déjà familier du documenteur et s’avère être pour ne rien gâcher un cinéaste réfléchi, sachant aussi bien faire monter la tension (même si quelques idées sont empruntées ici ou là à la concurrence) que mener le procédé du « film à la première personne » au-delà du pur gimmick. Les deux Rec ayant auparavant poussé le concept dans des retranchements impressionnants – où la caméra est un personnage à part entière, un être vivant pouvant être blessé et même littéralement mourir – , Stamm s’en sert comme d’un simple moyen pour raconter son histoire. Sans vouloir jouer les petits malins, il construit sa propre approche du genre et, entre documentaire et pur film d’exploitation, s’offre au final une liberté que beaucoup pourraient lui envier dans un exercice aussi rapidement réducteur. Les spectateurs et critiques n’ont alors pas manqué d’y noter quelques entorses (présence d’une bande originale, point de vue de la caméra pas toujours adéquat,…) mais cela découle directement de sa démarche et ne retire en rien l’efficacité directe du documenteur. Bon, à la rigueur peut-être le film perdrait-il en réalisme (encore faudrait-il considérer Le Dernier exorcisme comme un film réaliste) sauf que tout ceci est tellement discret que nous n’y prêtons que peu d’attention, d’autant que cette attention est focalisée sur toute autre chose.

Satan l’habite ou non ?

La grande réussite du Dernier exorcisme, c’est donc de dépasser la thématique première du documenteur en une mise en abîme que contenait déjà A Necessary death. D’ordinaire, devant un film de ce style, la question est de savoir si le filmage apporte un surplus de réalisme à des événements surnaturels. Or, ici, on s’en fout, car la véracité de ce que l’on voit (ou croit voir) n’est absolument pas certaine. Voisin du Projet Blair Witch en ce sens, le film de Daniel Stamm joue sans cesse avec notre incertitude quant à la nature des faits (ce qui n’a rien à voir avec le « inspiré d’histoires vraies » rajouté à l’opportuniste sur la campagne d’affichage française) et en cela approfondit le système propre au documenteur, lui dont la nature même est de nous perdre entre réalité et fiction. Passionnante, la problématique du métrage prend de plus vie grâce à une fourchette d’acteurs plus vrais que nature et si la performance habitée de la jeune Ashley Bell ne manquera pas de marquer les esprits, c’est définitivement grâce au personnage principal, Cotton Marcus (interprété par Patrick Fabian), qu’elle gagne une telle substance. Ce n’est pas pour rien que le film s’appelait à l’origine Cotton tant sa place y est centrale, car le prédicateur cynique est en fait le double du spectateur : de la même manière que nous savons un documenteur être fictif, lui est persuadé que l’existence de forces supérieures n’est que du flan et ne se gêne pas pour démonter cette théorie ou son métier (avec un humour bienvenu). Mais au fur et à mesure que l’intrigue progresse, les spectateurs comme Cotton sont amenés à revoir leurs certitudes, à douter, et toute la sympathie que nous avons pour lui nous entraîne alors davantage dans cette exquise perte de repères. Le final a beau alors céder au grandiloquent avec un satanisme de pacotille tout droit sorti d’une série Z (même s’il a été un peu tempéré depuis la première version présentée dans les festivals, avec des CGI moins éloquents laissant davantage planer le mystère), on ne peut nier le plaisir ressenti à voir nos habitudes de spectateurs bousculées de la sorte.

Si l’expression « il faut le voir pour le croire » pourrait être l’adage de la récente vague de documenteurs qui agite le monde de l’horreur, Le Dernier exorcisme se pose comme un cas plus rare où même ce que l’on voit est sujet à caution, prolongeant ainsi humblement ce qu’avaient fait les précurseurs de la catégorie (Le Projet Blair Witch ou Cannibal Holocaust, qui fit craindre à la véracité de certaines de ses séquences de meurtre). Plus qu’un opportuniste suiveur de courant, le film de Daniel Stamm et Eli Roth est une sorte de retour aux sources dont le fond et la forme se répondent en un captivant débat mêlant captation, perception et conviction. Sa plus grande qualité est alors de redonner ses lettres de noblesse au vrai fantastique, celui dont la vérité nous échappera toujours.

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Critique ciné : Des hommes et des dieux

13 septembre, 2010

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Au début des années 90, les moines Cisterciens de Tibhirine, en Algérie, partagent leur existence avec les musulmans et se sont parfaitement intégrés à la vie de la région. Pourtant, tandis que la colère monte chez certains islamistes et que les actes de violence se multiplient, des menaces de plus en plus lourdes pèsent sur les frères du monastère. Entre leur survie et leur mission, chacun devra alors fait un choix crucial

« Nous aurons une nouvelle fois le sentiment qu’on se moque de nous »

Inspiré d’un dramatique fait réel, le kidnapping puis l’assassinat des moines de Tibhirine en 1996, Des hommes et des dieux a été récompensé du Grand Prix au dernier festival de Cannes. Alors, forcément, on se dit qu’une telle consécration doit bien cacher quelques qualités, et à n’en point douter ce récent primé en possède quelques-unes. Mais ce qu’il ne faut pas non plus oublier avec ce genre de longs-métrages célébrés par « les milieux autorisés », c’est qu’il s’agit bien souvent – et c’est malheureux à dire – de véritables foutages de gueule ou, au mieux, de branlettes auteurisantes aussi hermétiques que vaines. Ce que n’est pas très loin d’être Des hommes et des dieux, histoire de caresser dans le sens du poil la tradition…

Grand Prix du festival de Cannes

Ceci étant dit, et si l’on excepte une démagogie habituelle chez les jurés des festivals ou cérémonies, pour quelles raisons Des hommes et des dieux mériterait-il son Grand Prix ? La réalisation de Xavier Beauvois (Le Petit lieutenant) pour commencer, qui ne payait pas de mine au premier abord mais se révèle très rapidement d’un esthétisme poussé : magnificence des décors (le Maroc se substitue agréablement à l’Algérie), c’est surtout dans les scènes réunissant tous les frères que surgissent les plus beaux instants, le réalisateur composant des images empreintes de toute une tradition picturale religieuse dont la gravité ne prépare que mieux au drame à venir. Le drame, justement, constitue la pierre angulaire sur laquelle se construit tout le projet (même s’il tarde à l’aborder explicitement) et on comprend alors ce qui pourrait avoir tant plu aux jurés du festival de Cannes, car Beauvois fait preuve de la même retenue dans l’approche de son sujet que dans sa réalisation. On parlerait même d’une réelle intelligence du propos si le monsieur ne laissait surnager quelques gênantes zones d’obscurité, telle cette manière de présenter les terroristes comme des sauvages sans réel motif (voir la scène avec les deux anciens du village). Pas de quoi non plus se sentir extérieur à l’histoire, la pudeur du film mettant relativement en sourdine ces considérations pour se concentrer sur les interrogations propres aux moines, leurs doutes face à l’avenir incertain qui se dessine devant eux. Une excellente chose puisque les acteurs, habités par leurs rôles (l’immersion dans de vraies abbayes a porté ses fruits), sont justement le meilleur atout de Des hommes et des dieux, ils savent par leur seul talent nous rendre sympathiques et même proches ces personnages dont ne savons finalement presque rien. Et quand vient ainsi dans la dernière bobine la scène du repas sur « Le Lac des cygnes » (qui aurait véritablement dû clore le métrage), avec ces échanges de regards lourds de sens, on ne feint pas l’émotion qui nous prend à la gorge… Rien que pour ça, le film n’a pas totalement usurpé sa récompense cannoise.

Vis ma vie de moine sur l’Atlas

Le sujet du film ne se prêtant pas spécialement à la fantaisie, Xavier Beauvois prend le parti de créer le cadre le plus réaliste possible pour sa reconstitution et limite donc au minimum son recours aux outils du cinéma : pas de mouvement de caméra, pas de musique, nous sommes véritablement dans le principe de captation du réel. Fasciné qui plus est par le quotidien monacal, il s’attache à nous dévoiler la vie des moines sous tous ses aspects et n’hésite pas – pour mieux signifier l’aspect cyclique de cette existence – à avoir recours à la répétition, comme lors des fréquents retours à la prière du matin. Mais si le réalisateur parvient effectivement à nous faire ressentir ce que peut être une vie dévolue au Christ, cette réussite s’avère être en fait le boulet que traînera Des hommes et des dieux. Trop exhaustif, cet aspect contemplatif du film alourdit considérablement la narration et, cela va sans dire, le rythme de l’ensemble. Durant les trois premiers quarts d’heure, conséquence de l’absence totale d’action, nous avons ainsi la désagréable impression de contempler un numéro de l’émission « Striptease » – bien réalisé mais tout aussi peu excitant – et elle ne se dissipera pas avant d’arriver dans la dernière ligne droite du métrage… Hé oui, qu’on le veuille ou non, Des hommes et des dieux partage avec beaucoup des autres primés de l’histoire du Cinéma une tare des plus rébarbatives : on s’y fait chier comme un rat mort. Et franchement, encore ! On peut alors arguer que digressions narratives et pauses du rythme sont les symptômes de la réussite de Beauvois, la concrétisation d’une réalisation pensée avec justesse, cela ne changera rien au fait que nous aurons une nouvelle fois le sentiment qu’on se moque de nous. D’autant que le réalisateur est on ne peut plus conscient des vertus soporifiques de son oeuvre, plusieurs références au sommeil surgissant en cours de visionnage (un ouvrier qui s’endort, un enfant qui s’ennuie et baille,…) comme pour nous renvoyer à notre propre somnolence. Si ça c’est pas du foutage de gueule dans les règles de l’art !

Pas inintéressant sur le papier, mis en scène avec élégance, Des hommes et des dieux s’enlise donc pourtant dans un traitement entre prétentions auteurisantes et démarche documentaire, du bien ronflant comme on a l’habitude d’en voir briller dans les cérémonies officielles. Alors, se donne-t-on rendez-vous l’année prochaine pour découvrir les futurs primés ou bien avons-nous enfin compris que les films de compétition ne sont faits que pour les jurys, pas pour le grand public ?

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Critique ciné : Moi, moche et méchant

10 septembre, 2010

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Dans une banlieue impeccable avec blanches palissades et proprettes demeures, on trouve une lugubre maison cachant de sombres secrets. Sous ses fondations se terre en effet la base secrète de Gru, le plus grand super-méchant de la Terre. Mais les temps sont durs depuis l’arrivée de jeunes génies du Mal aux dents longues et, afin de retrouver sa gloire d’antan, Gru planifie alors le casse du siècle : voler la Lune, rien que ça ! Ses machinations vont toutefois connaître un obstacle de taille avec l’arrivée dans sa vie de Margo, Edith et Agnès… trois petites orphelines qui vont voir chez lui autre chose qu’un terrifiant et machiavélique criminel

« Le Mal évite d’être enterré sous le sentimentalisme grâce à son arme la plus puissante : l’humour »

Un peu à la traîne des autres majors sur le marché de l’animation, Universal entend bien réparer ce manque grâce au récemment créé Illumination Entertainment, dont la tâche principale sera de grappiller des parts du gâteau de Pixar et consorts. Pour ce faire, et en attendant un Flanimals issu de l’esprit de Ricky Gervais, le jeune studio cherche donc à se démarquer de la concurrence avec Moi, moche et méchant, pensé à l’origine – et de manière originale – comme un film adoptant le point de vue du méchant. Mais si la note d’intention est appréciable, il n’est pas si aisé de vouloir à la fois se poser en outsider et s’installer dans la place.

Un méchant rose bonbon

Plus encore qu’un antihéros, c’est ainsi un vrai méchant que l’équipe du film voulait en personnage principal. Et à bien des égards, Gru n’a pas usurpé son titre de super-vilain : sévèrement outillé et secondé par ses âmes damnées, il n’a de cesse de faire le Mal autour de lui. Un vrai méchant, en somme. Pourtant, au fur et à mesure que se déroule le long-métrage, il faut se rendre à l’évidence que les auteurs ont flanché vis à vis de ce concept prometteur, auquel ils s’arrêtent en surface. Certes, Gru est un « méchant », mais il n’est jamais le méchant de l’histoire. Dans ce monde sans représentant de l’ordre, il est même clairement identifié comme le « gentil » puisqu’il n’est jamais confronté qu’à d’autres super-méchants, encore plus diaboliques que lui. Désamorçant par le fait leur volonté première, les réalisateurs inscrivent leur intrigue dans un classicisme qu’elle aurait facilement pu éviter, certainement pour ne pas se fermer au plus jeune public.

L’humour noir qu’impliquait alors un tel projet n’a pas pignon sur rue, afin de ne pas trop entrer en conflit avec ce qui est devenue la véritable visée de Moi, moche et méchant : parler au coeur des spectateurs, les émouvoir grâce au récit de ce super-méchant dont la carapace fond au contact de trois orphelines, recueillies pour exécuter un de ses plans. Hélas, et comme la combinaison d’astronaute du pauvre Gru, ces petites filles ont tendance à faire tourner au rose bonbon tout ce qu’elles touchent. Les bons sentiments en bandoulière, l’évolution de leur relation n’en est dès lors que plus mécanique et simpliste et ne devrait pas intéresser grand monde.

L’humour, arme ultime du Mal

Le Mal évite néanmoins d’être définitivement enterré sous le sentimentalisme excessif car il lui reste son arme la plus puissante : l’humour. Pas forcément noir, donc, mais diablement efficace tout de même. Car pour commencer se cache derrière la silhouette hitchcockienne de Gru l’excellent Steve Carell (Gad Elmaleh dans la VF), qui livre ici une sorte de version diabolique – et russe – de son rôle de patron dans la série The Office. Une analogie d’autant plus frappante que l’on reconnaît parfaitement les mimiques du comédien dans ce personnage, résultat du très bon boulot des réalisateurs Chris Renaud et Pierre Coffin ainsi que des animateurs français de Mac Guff (déjà responsables du magnifique Chasseurs de dragons). Mais la vraie réussite du film, ce sont sans aucun doute les minions de Gru, ces petites bestioles jaunes que Willy Wonka troquerait sans remord contre ses umpa lumpas. Fonctionnant sur un principe repompé aux ‘Lapins crétins’ de Ubisoft, cela ne les empêche pas de se montrer extrêmement drôles et, mieux encore, de servir la narration du long-métrage. Que ce soit alors dans les transitions humoristiques parfaitement intégrées au reste de la péloche – au contraire par exemple de Scrat dans les épisodes de L’Age de glace – ou dans l’intrigue à proprement parler, les minions se révèlent être d’une aide inestimable et volent la vedette à tous les autres protagonistes.

S’il n’est donc pas aussi méchant qu’il voudrait bien l’être, loupant ainsi une belle occasion de proposer du neuf (nous verrons ce qu’il en est avec le Megamind de Dreamworks), Moi, moche et méchant sait tout de même ménager son petit effet grâce à son humour et sa réalisation soignée, qui contrebalancent les lourdeurs de son script. Illumination Entertainment fait en tout cas une entrée appréciable sur le marché du film d’animation, alors bienvenue au petit nouveau et puisse la suite être au moins aussi marrante !

(Retrouvez cette critique sur Excessif.com)

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Critique ciné : Piranha 3D

9 septembre, 2010

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Ce sera bientôt la période des examens de fin d’année et, comme le veut la coutume, des centaines d’universitaires débarquent au Lac Victoria lors du Spring break, pour forniquer et se torcher méchamment la tronche. Habitués à cela, la shérif Julie Forester et ses adjoints vont pourtant être confrontés à une situation inédite lorsqu’un tremblement de terre ouvre une faille au fond du lac… et libère des milliers de piranhas préhistoriques affamés

« La nostalgie n’est pas une excuse pour s’épargner de faire un peu de neuf »

Parce qu’il serait malvenu d’être scandalisé par l’arrivée d’un remake de Piranhas, lui-même étant un remake non-avoué (appelé aussi « plagiat » dans certains milieux autorisés) des Dents de la mer, la mise en chantier de ce nouvel exemple du recyclage hollywoodien intensif avait évité la grogne chronique des fans. Il faut dire aussi que les fans, sous leurs atours un peu bourrus, sont des hommes (et des femmes, parfois) comme les autres, avec des faiblesses toutes humaines. Et quand on touche à une de leurs marottes mais qu’on leur promet en contrepartie un massacre historique et des tas de généreuses poitrines en 3D, forcément, on sait très vite vers où va la loyauté… Piranha 3D, c’est donc ça : du cul, du gore, des frissons et par-dessus le tout une grosse couche de second degré. A priori, on ne demanderait pas plus. Sauf que voilà, parfois, les spectateurs peuvent se montrer plus affamés encore que des piranhas !

Les vacances de Mr Aja

S’étant fait une spécialité des remakes depuis son exil aux Etats-Unis, la démarche hardcore du compatriote Alexandre Aja avait fait des merveilles avec La Colline a des yeux mais s’adaptait mal à Mirrors, qui allait s’égarer dans un final grotesque. Alors, pour son troisième carnage annoncé chez l’Oncle Sam, le réalisateur décide de lâcher la pédale sur le sérieux et de s’offrir un petit break bien campy, 80′s style, en remakant une péloche qui lui est chère pour avoir éveillé ses sens au cinoche qui tache : Piranhas de Joe Dante (dont on attend toujours le come-back The Hole 3D, au fait), venu mordiller les baigneurs en 1978. Il s’agit de se faire plaisir. En pleine adéquation avec le thème du Spring break, Aja installe donc son film dans une ambiance à la cool, très festive, et régale sans vergogne les mirettes des spectateurs masculins avec des légions de jolies filles toutes plus légèrement vêtues les unes que les autres, quand il ne va pas jusqu’à nous faire admirer les corps nus des naïades Kelly Brook et Riley Steele en plein barbotage sur le Duo des Fleurs (un choix musical on ne peut plus approprié) de Léo Delibes. Comme à la tendre époque où Janet Jackson pouvait dévoiler un téton sans choquer la moitié de l’Amérique. Définitivement nostalgique, le fils d’Alexandre Arcady agrémente en plus son alléchant casting (même si peu exploité) d’invités de luxe, tous droits issus des glorieuses 80′s. Richard Dreyfuss bien sûr, venu pour un sympathique clin d’oeil aux Dents de la mer, mais surtout l’incroyable Christopher Lloyd que nous n’avions pas vu depuis (trop) longtemps et qui, par conséquent, agit comme une véritable madeleine de Proust.

S’il est pourtant évident que le réalisateur se paie une belle récréation avec ce Piranha 3D entièrement tourné vers son plaisir, et par extension celui des spectateurs partageant le même trip que lui, il a aussi une tendance à se laisser un peu trop aller aux doigts de pied en éventail. Le film apporte ainsi bien quelques modifications par rapport à l’original (le Spring break, l’origine des monstres) – ce qui motivait Aja à ne pas le qualifier de pur remake – mais pour le reste, il fonctionne sur un modèle éprouvé à partir duquel il ne cherche jamais à innover, si ce n’est dans son approche de pur jouisseur. Situations convenues, construction désespérément plate, le frenchy mène sa barque avec savoir-faire mais sans provoquer le moindre remous. Et quand enfin on a une petite surprise… hé bah, le générique de fin déboule…

De la barbaque en veux-tu, en voilà

Ce qui pourrait alors passer pour un relâchement scénaristique (et l’est, d’une certaine façon), avec cette absence flagrante de ligne narrative claire, nous conduit à la conclusion suivante : le but de l’histoire n’est pas d’arriver à battre les monstres marins comme c’est d’ordinaire le cas – voir l’expéditive et inexpliquée manière d’y parvenir ici – mais bien de conduire jusqu’au climax, le massacre tant vanté. Et seulement ça. En même temps on ne va pas se mentir, c’est exactement ce qu’on venait chercher. Les viandards de tout poil seront alors ravis car la séquence s’avère effectivement épique, autant en terme d’échelle que de gore (le studio KNB n’a pas chômé) ; et il faut reconnaître qu’on éprouve une réelle délectation à contempler tous ces « spring breakers » stupides se faire mettre en charpie, surtout qu’Alexandre Aja n’hésite pas à verser dans un humour bien noir toujours réjouissant. Une démarche au second degré qui aurait normalement dû payer sauf que, toujours à cause de ce scénario boiteux, le buffet final des piranhas est totalement privé d’implication spectatorielle – transférée ailleurs avec Elisabeth Shue portant secours à ses moutards – et ne consiste dès lors plus qu’en un bordélique carnage que l’on regarde d’un oeil détaché.

Certains ont tendance à comparer Piranha 3D avec Braindead, autre film qui marqua pour son final baignant dans le raisin, mais il existe une différence fondamentale en cela que chez Peter Jackson, les héros sont plongés au beau milieu du merdier, il constitue leur ultime épreuve. Le remake du Joe Dante aurait dû comprendre que cela compte tout autant (si ce n’est plus) que les milliers d’hectolitres de faux-sang déversés. Il aurait dû réunir les deux actions pour accoucher d’un climax complet, à la fois émotionnellement fort et visuellement marquant. Mais voilà, vu la décontraction qui semblait présider à la création du film, on peut penser que c’est l’aspect pratique des choses qui a pris le dessus… C’est vrai, pourquoi se casser le cul quand on est en vacances ?

Baignant dans le fun et la tripaille mais manquant cruellement d’une volonté de se démarquer (voire de « bien faire les choses »), Piranha 3D nous laisse donc un sentiment en demi-teinte similaire à ce qu’on a vu il y a peu avec The Expendables, où le réalisateur (c’est de toi qu’on parle Sly, sois un peu attentif) se reposait également sur ses arguments massue, sa promesse d’un revival de la belle époque, pour ne pas trop se fouler. Alors, oui, les 80′s c’était grave mortel et il est toujours attrayant de retrouver l’esprit de ces années dans les productions d’aujourd’hui, mais qu’on se le dise : la nostalgie n’est pas une excuse pour s’épargner de faire un peu de neuf ou chercher à surprendre un minimum !

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Critique ciné : Le Bruit des glaçons

1 septembre, 2010

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Charles a tout perdu : autrefois écrivain célébré, il n’est désormais plus que l’ombre de lui-même et a en plus trouvé le moyen de faire fuir femme et enfant, le laissant à l’abandon avec sa bouteille de vin blanc dans sa grande demeure. Mais la solitude de Charles va prendre fin lorsque débarque dans sa vie un étrange personnage hirsute, tour à tour sympathique et menaçant. Son cancer

« Rire du cancer, pourquoi pas ? Mais encore faut-il avoir envie de faire rire »

Si la comédie française est d’ordinaire synonyme d’un populisme caractérisé, pour le pire comme le meilleur, il est certains auteurs qui aiment à oeuvrer dans le genre sans pour autant tout sacrifier sur l’autel de l’humour. Et avec des films comme Les Valseuses, Tenue de soirée ou plus récemment Combien tu m’aimes ? à son actif, Bertrand Blier fait indubitablement partie de ces réalisateurs prenant un malin plaisir à naviguer entre comédie et drame (comédie dramatique ?), humour noir et humanisme. Ses soixante-dix printemps franchis sans émousser son envie de poil à gratter, il revient donc avec Le Bruit des glaçons, une courageuse tentative de faire rire avec quelque chose qui n’est d’ordinaire pas marrant du tout : le cancer. Sauf que le courage n’est pas tout, il lui faut aussi un minimum de volonté pour se voir concrétisé…

Le bruit du silence

S’il a déjà flirté avec le genre au cours de sa carrière, c’est néanmoins la première fois que Bertrand Blier approche un postulat fantastique à ce point même si, à proprement parler, nous serions plus dans le domaine de la fable métaphorique. Quoi qu’il en soit, avec cette visite d’un cancer à sa victime, il personnifie plus que jamais un ennemi sans visage (ce qu’il faisait déjà avec la Faucheuse dans Les Côtelettes) et on attendait donc de voir comment sa réalisation appréhenderait cela. Dès les premières images, le metteur en scène aguerri met ainsi en place une ambiance lourde, incertaine, avec ensuite la découverte d’un espace supposément idyllique (la villa avec piscine dans la garrigue, on ne cracherait pas dessus) mais dans lequel le temps est comme suspendu. Un cadre clairement fantastique, certes minimaliste mais plutôt bien amené et même indispensable car c’est grâce à lui que peut être rendu « crédible » un tel sujet. Toutefois, Blier n’est pas non plus Alejandro Amenabar et en digne représentant du cinéma français, son ambiance aux confins du surnaturel tourne très vite à vide malgré quelques moments réussis, tel ce plan angoissant d’un Albert Dupontel dans les tons bleus, pour basculer dans une conception théâtrale particulièrement rébarbative. Ce qui ne tient d’ailleurs pas seulement à l’unicité de temps et d’espace mais aussi à quelques dialogues à la récitation ampoulée et, surtout, à un goût pour le silence assez déconcertant (la B.O. en sourdine n’arrange rien). Résultat des courses, la touche fantastique ne conduisant qu’à une impasse, le malaise des débuts cède très vite la place à l’ennui.

Peut-on rire de tout ? Et surtout… comment s’y prendre ?

Et c’est triste à dire mais ce n’est pas la comédie qui viendra tromper cet ennui. Pourtant, entre la présence du duo Albert Dupontel / Jean Dujardin (qui nous arrache bien quelques sourires) et sa campagne de promotion (matez cette belle affiche sur fond blanc), on pouvait s’attendre à ce que Le Bruit des glaçons nous fasse passer un bon moment. C’est à dire que nous n’attendions évidemment pas un nouveau Bienvenue chez les ch’tis (qui le voudrait ?) mais au moins une péloche n’ayant pas peur de nous faire rire, même jaune avec son humour noir. Sauf que, à l’évidence, ce n’est pas ce qui intéresse Bertrand Blier ; et de la même manière que l’ambiance fantastique se dilue dans un classicisme très français, le postulat comique s’efface au profit de considérations de vieil homme : la relation de l’écrivain avec la jeunette russe (qui parle sans accent, c’est mieux), le dépucelage du fils par la bonne, la relation par delà les apparences entre l’écrivain et celle-ci,… La logique derrière tout ça n’est alors pas à remettre en cause, le message est cohérent et même salutaire bien qu’un peu démagogique (l’importance de vivre, de goûter la vie et d’en profiter) mais c’est dans la façon de l’exprimer que le film se perd, rattrapé par les tics du cinéma auteurisant français. Et comme si ça ne suffisait pas, le métrage nous égare encore lors d’un dénouement qui tombe comme un cheveu sur la soupe, d’une stupidité détonant avec les volontés d’auteur du projet et finissant de l’enterrer sous une certaine déconfiture.

Alors, rire du cancer, pourquoi pas ? Après tout l’humour n’a (idéalement) ni frontière ni tabou, donc rien ne viendrait en théorie l’en empêcher. Mais encore faut-il avoir envie de faire rire, ce qui ne semble pas franchement être le cas de Bertrand Blier ici. Fort d’une idée pourtant riche en ressorts humoristiques, il la saborde en voulant se parer d’une respectabilité qui vient trop souvent nuire aux productions de l’hexagone. Faut-il y voir une sorte de cancer du cinéma français ?

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