Critique ciné : The Expendables : Unité Spéciale

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Mercenaires à l’efficacité redoutable, les « Expendables » sont contactés par la CIA afin qu’ils se rendent dans une ile d’Amérique du sud où le tyran local, aidé par un ancien agent du service, fait vivre un véritable enfer à la population. Censés le renverser et restaurer l’ordre, les membres de l’équipe hésitent d’abord à accepter la mission, trop incertaine, mais chacun va progressivement trouver une bonne raison de prendre part à ce nouveau combat

« Stallone donne l’impression de confondre quelque peu plaisir régressif et laxisme »

Auréolé grâce à Rocky Balboa et John Rambo d’une reconnaissance qu’il n’avait jamais connu jusque-là, Sylvester Stallone oublie pour un temps les drames humains ou la dénonciation de dictatures avec la récréation The Expandables, un bon gros revival des actioners bourrins qui fleurissaient dans les salles obscures et vidéo-clubs des années 80. Et puisqu’une récréation n’est jamais aussi divertissante que lorsqu’on la passe entre potes, Sly a invité à se joindre à lui des petits camarades qui, mis ensemble, constituent à n’en point douter le casting le plus burné jamais vu pour un film d’action. Alors, prêts à laisser parler la testostérone et les gros pétards comme à la belle époque ?

Un putain de casting de sa mère

Il l’a fait ! Ça semblait complètement fou à l’annonce du projet mais Sly a bien réussi à réunir quelques unes des plus grandes stars de l’action des années 80 et 90 pour sa nouvelle péloche dopée au jus de couilles de taureau ! Passons donc sur les quelques regrettables absents (JCVD, Steven Seagal, Chuck Norris) et les caméos trop rapides (Schwarzy et Bruce Willis) pour nous concentrer sur le gros des troupes, les cadors de la gâchette qui sont venus ici se mettre joyeusement sur la gueule. Un rêve de fan devenu aujourd’hui réalité. Imaginez un peu : Sylvester Stallone, Dolph Lundgren, Jet Li, Mickey Rourke, Eric Roberts plus les « jeunots » Jason Statham et Terry Crews, les catcheurs Steve Austin et Randy Couture, tout ça balancé dans un trip régressif qui sent du slip et des dessous de bras… n’en jetez plus, ce programme suffirait à coller une érection à un mort pour peu qu’il apprécie les gros Bill se rentrant dans le lard.

Mais si le plaisir est évidemment là (il faudrait être fou pour le bouder), il subsiste toutefois un problème quant à la dynamique de groupe, traitée trop légèrement pour nous donner l’impression d’une réelle fraternité entre ces mastodontes. Utilisés selon leur « rang »ou statut dans l’histoire du cinéma d’action américain (Statham en jeune loup, Lundgren en outsider, la touche exotique Li, Crews, Couture et Austin cantonnés aux seconds rôles,…), certains acteurs s’avèrent être « sacrifiables » (« expandables » en anglais) au sens propre du terme et hormis donc les inséparables Sly et Statham, un peu trop mis en avant avec leurs histoires de coeur (sans oublier que le britannique se doit d’être là pour contenter le public adolescent, plus coutumier des Hyper Tension que des Rambo), il n’y a guère que Rourke et Lundgren à tirer leur épingle du jeu. Pour un film de groupe ça la fout un peu mal, disons-le, surtout quand en plus certains dialogues sonnent à ce point faux et tendent à discréditer encore les relations entre les personnages, de toute manière définis avec la finesse d’une Blitzkrieg. On ne s’attendait bien sûr pas à ce que Stallone renoue avec la caractérisation de rôles d’un John Rambo mais tout de même, il passe à côté d’un élément crucial en ne développant pas davantage la fraternité entre les Expendables, ou en tout cas en ne sachant pas mieux nous la communiquer.

80′s are not (so) dead

Le traitement des personnages est un donc peu foiré : tant pis, on ne va pas non plus en faire une jaunisse. Parce que tel un boxeur aguerri, The Expendables a plusieurs moyens de nous mettre KO et le plus important de tous reste l’action, duquel nous attendons beaucoup. Après le choc barbare qu’était John Rambo, on espérait en effet que l’acteur-réalisateur persévère dans cette voie et profite de son cadre de série B (on ne va pas se mentir, le scénario tient sur l’étiquette du short Calvin Klein de Jason Statham) pour y aller franco, autant en termes de violence que d’échelle. Sauf qu’en lieu et place de la brutalité entre documentaire et comic book du quatrième Rambo, Sly reste cohérent avec la touche 80′s de son long-métrage et ne fait donc que surenchérir sur des routines bien rodées. C’est sûr qu’il y a quelques moments de pur débordement goresque (Terry Crews et son joujou foutent un joli merdier) et des scènes à faire blanchir le bouc de Chuck Norris (le final semble avoir pour seul but de faire oublier celui de Commando ou l’attaque du camp dans Predator) mais dans l’ensemble, sa réalisation sur les scènes d’action fait preuve d’une approche trop old-school, sans réelle saveur, pour provoquer une excitation similaire à celle expérimentée sur John Rambo. Enfin rassurez-vous, il y a tout de même de quoi se divertir puisque Sly sait se montrer généreux… mais ça aurait pu être tellement mieux !

En souhaitant ainsi revenir à la fibre des années 80 avec The Expendables, Sylvester Stallone donne l’impression de confondre quelque peu « plaisir régressif » et « laxisme ». Parfaitement conscient que son impressionnant casting suffira pour rameuter les spectateurs et engranger les billets verts, il ne s’embête pas plus de pondre un scénario correct que de réaliser des scènes d’action à la hauteur du choc des titans annoncé et, forcément, déçoit en conséquence : nous attendions le film d’action ultime, il faudra se contenter d’une série B gentiment pétaradante. Ses derniers efforts venaient du coeur, celui-ci n’a d’autre origine que le fond du porte-monnaie de Sly.

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Une Réponse à “Critique ciné : The Expendables : Unité Spéciale”

  1. lorang dit :

    Je suis assez mitigé concernant ce film. Vendu comme les retrouvailles de vieilles gloires des action movies des 80′s adoubant un de leurs successeurs (Stratham), le film m’est apparu comme un simple prétexte à des pétarades en tout genre (normal me direz vous) au premier degré (déjà plus problématique).
    Je trouve que Stallone porte un regard plus intéressant sur son glorieux passé dans Rocky Balboa et John Rambo.

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