Critique ciné : L’Apprenti sorcier

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Formé à la magie par Merlin l’enchanteur en personne, Balthazar Blake a pour mission de trouver le descendant de son illustre maître, seul à même de détruire une fois pour toute la sorcière Morgana. Sa quête le mène à Manhattan, de nos jours, où il fait la rencontre du jeune Dave Stutler, le « merlinien » qu’il a si longtemps recherché. Devenu apprenti-sorcier, Dave doit apprendre les plus anciens secrets de l’humanité s’il veut défaire le Mal qui rôde tout autour… et sortir avec la fille de ses rêves

« Le film sait nous jeter suffisamment de poudre aux yeux pour que la magie opère un brin »

Puisque le dernier volet de Harry Potter – ou sa première partie en tout cas – a été décalé aux fêtes de fin d’année, l’été 2010 aurait pu se trouver en rade de magie dans les salles obscures (horreur !). C’était bien évidemment sans compter sur Disney et son compagnon des gros coups, Jerry Bruckheimer, qui ont flairé l’opportunité en or et squattent le créneau en s’offrant une nouvelle franchise potentielle avec L’Apprenti Sorcier, l’adaptation discutable du fameux segment éponyme de Fantasia. Discutable mais pas inintéressante pour qui est en quête d’un spectacle estival décontracté de la tong, même avec l’insipide Turteltaub aux commandes. Alors, une fois les montagnes de dollars investies, que reste-t-il du souvenir ému du dessin animé de notre enfance ?

L’(éternel) apprenti réalisateur fait des efforts

Ancien clippeur devenu yes man aussi soigneux que fadasse, Turteltaub a pas mal roulé sa bosse dans le milieu hollywoodien sans jamais vraiment s’illustrer par la qualité de son travail. Depuis quelques temps en affaires avec le duo de choc Disney/Bruckheimer, il n’a pas plus convaincu avec les deux Benjamin Gates et en attendant un troisième opus annoncé depuis presque deux ans, il retrouve donc entretemps sa star Nicolas Cage et ses généreux financiers pour un nouveau blockbuster aux fortes effluves de popcorn. Histoire de ne pas perdre pas la main. A ceci près que là où l’aventurier dégarni ne proposait rien d’autre qu’un croisement pompeux entre les péripéties de Indiana Jones et les énigmes de Robert Langdon, L’Apprenti sorcier peut au moins se targuer d’avoir une carte à jouer : celle de proposer des affrontements entre sorciers combinant toutes les traditions du genre (transformations, possessions, boules d’énergie,…) avec une fluidité inédite, de laquelle seuls se rapprocheraient le duel contre Mme Mime dans Merlin l’enchanteur (d’ailleurs cité ici directement) ou le final du cinquième Harry Potter. Le tout multiplié par dix. Et s’il faut définitivement abandonner l’espoir de le voir un jour savoir raconter une histoire (d’autant qu’il n’est pas aidé ici comme nous le verrons plus tard), le réalisateur s’arrange malgré tout pour nous surprendre par la teneur du spectacle qu’il propose. Bien sûr nous ne sommes pas encore dans les débordements comic-bookesques que seul un del Toro saurait nous pondre mais, tout de même, il faut reconnaître au film une certaine efficacité dans ses scènes de combat, où les magies pleuvent avec une aisance dans la chorégraphie que l’on aurait bien aimé retrouver dans Le Dernier maître de l’air (à noter le très joli boulot effectué sur les SFX). Et à priori, nous n’aurions pas demandé beaucoup plus. A priori…

Construire sur des sables mouvants

En faisant de L’Apprenti sorcier un long-métrage live, qui plus est dans un contexte contemporain, on s’attendait forcément à ce que cette nouvelle version s’éloigne drastiquement du segment musical réalisé par Walt Disney en 1940. Et à l’arrivée, hormis la relation maître/apprenti (sans intérêt) ou l’indispensable scène des serpillères revêches (sans plus d’intérêt), nous sommes en effet très loin de Mickey et son grimoire-radeau. Toujours est-il que la clinquante modernisation du sujet aurait pu porter ses fruits – Jay Baruchel étant plutôt sympathique en geek névrosé et Cage moins grimaçant qu’à l’accoutumée – si elle avait bien voulu persévérer dans l’exploration de son univers magique, un peu comme si le sorcier binoclard de J.K. Rowling avait tout de suite été confronté à différentes traditions de sorcellerie. A la place, en bon gros film de producteurs qu’il est, L’Apprenti sorcier nous sert une « romance » ultra-clichée où la quête du héros ne consiste plus qu’à conquérir un ersatz blond de Kristen Stewart, ce qui nivelle encore plus par le bas une trame générale comme griffonnée entre deux siestes. De bonnes bases sont jetées sans être réellement exploitées (faut pas compter sur Turteltaub pour ça) et on se prend ainsi à espérer qu’une suite voit tout de même le jour un de ces quatre, ne serait-ce que pour corriger le tir et retrouver le très charismatique méchant interprété par Alfred Molina.

Sans être non plus la grosse purge que l’on aurait pu attendre, L’Apprenti sorcier demeure un film de studio emballé sans la moindre recherche d’originalité, se contentant de ressasser des ressorts narratifs mille fois vus. On pourrait alors rapidement se lasser mais, heureusement pour lui, il sait nous jeter suffisamment de poudre aux yeux pour que la magie opère un brin. La recette du récent Prince of Persia en somme, produit par la même team, sauf qu’ici nous évitons en plus la déception quant à l’adaptation du matériau d’origine (pas de « oh la, la, la le mec ressemble trop pas à Mickey » à la sortie des salles). C’est très léger – « c’est du pur Turteltaub pourrait-on dire – mais ça suffit au moins pour rendre la chose supportable. Si c’est pas de la magie, ça !

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Une Réponse à “Critique ciné : L’Apprenti sorcier”

  1. lorang dit :

    Vu hier soir, et je ne dirai pas que j’ai été déçu, puisque je m’attendais à çà…. Je ne suis pas un fan de JohnTurtelhaub, loin de là. Je m’y suis risqué pour Nicolas cage, tant sa prestation dans Escale à la Nouvelle Orléans me rapellait le meilleur de sa carrière. Mais L’apprenti sorcier m’a également rappelé que l’acteur adore se foruvoyer dans certains porjets indignes de lui … ^^

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