Critique ciné : Night and Day

night_and_day_knight_tom_cruise_cameron_diaz_peter_sarsgaard_james_mangold_affiche_poster

Alors qu’elle s’apprête à prendre l’avion, June fait la rencontre de Roy et pense avoir touché le gros lot : beau, gentil et drôle, il a tout de l’homme idéal. Mais les apparences sont souvent trompeuses et Roy se révèle être en fait un agent secret quelque peu instable, qui a tôt fait de mêler la jeune femme bien malgré elle à un complot d’ordre international. Et les voilà plongés tous deux dans une haletante course-poursuite où derrière les faux-semblants, en dépit des fusillades, peuvent naître les vrais sentiments

« Cela faisait bien longtemps que le comédien ne nous était pas apparu aussi sympathique »

L’été est là, et avec lui sa flopée de blockbusters idéaux pour oublier le temps maussade, censés vous divertir sans prise de tête. Night and Day est de ceux-là avec sa résurrection d’une formule consacrée par le cinéma d’action des années 80, quand il s’agissait d’intéresser les femmes au genre. Du buddy movie sexualisé, en somme. Mais ce film, c’est surtout celui de la dernière chance pour sa star masculine, celui qui saura corriger son image aux yeux du public et le réinstaller aux cimes du box office après des années peu glorieuses. Ou quand la rédemption passe par les vieux pots…

Mangold, un homme en or

Au fil de son éclectique carrière, James Mangold a prouvé que son statut d’auteur ne l’empêchait aucunement de se lancer sur des projets plus mainstreams. Cela étant, c’est donc avec un intérêt certain que l’on attend de voir son boulot sur un projet aussi décomplexé que Night and Day, dont la seule et unique préoccupation est de divertir le spectateur. Comme il le laissait alors entendre récemment avec le remake de 3h10 pour Yuma, le réalisateur est très à l’aise avec l’action et nous mitonne plusieurs séquences bien pétaradantes, dont certaines sont même vraiment impressionnantes à l’image de celle « à la GTA », sur l’autoroute. Mais ce qu’il y a de mieux avec un réalisateur de cet acabit, c’est qu’il ne se limite pas à assurer le spectacle et sait également lui apporter une certaine rigueur au niveau de la narration, une inventivité que l’on ne retrouverait pas forcément chez quelqu’un de moins réfléchi. Les ellipses médicamenteuses font par exemple parties de ces bonnes idées concrétisées avec talent, de celles qui contribuent à assurer à la péloche un rythme trépidant pour une efficacité maximale.

Comme à la belle époque

Quand la comédie romantique rencontre le film d’action, comme l’ont démontré quantité de péloches auxquelles celui-ci emprunte le ton suave (écoutez ce tango en bande-son, on se croirait dans True Lies !), la réussite de cette union tient bien souvent au couple vedette que nous allons suivre. Et celui ici présent est bien glamour comme il faut, Cameron Diaz étant toujours aussi charmante même si, vu les règles du genre, elle tient le rôle du boulet et a par conséquent droit à son lot de séquences « spéciales nunuche », où elle peut devenir assez agaçante. Enfin, ça faisait longtemps qu’on ne l’avait pas vu dans un projet de premier plan et c’est donc avec plaisir que nous la retrouvons mais celui que nous attendions surtout de voir, c’était bien évidemment un Tom Cruise en perte sèche de crédibilité depuis quelques temps : passé pour un bouffon après ses frasques amoureuses, il avait tenté de se racheter avec des films sérieux mais sans rencontrer ni succès public ou critique, et son seul moment de reconnaissance était en fait venu avec sa participation outrancière à Tonnerre sous les tropiques, dans la peau du génial Les Grossman. Il a ainsi compris que son salut viendrait de l’humour et joue agréablement de la dérision avec son rôle d’agent secret charmeur (la mèche est de retour, mesdames !) et meurtrier, au point que – hormis dans le vrai-faux film de guerre de Ben Stiller – cela faisait bien longtemps que le comédien ne nous était pas apparu aussi sympathique

Entraînant et sexy (merci Cameron !), Night and Day s’inscrit donc dans une tradition hollywoodienne qu’il ne cherche aucunement à révolutionner mais, au contraire, il s’emploie à en utiliser les codes aux mieux, réussissant par le fait à devenir un divertissement des plus recommandables. Mangold continue de cultiver tout le bien que l’on pense de lui et après une période de vaches maigres, Tom Cruise parvient enfin à nous faire oublier quel odieux nabot scientologue (tiens, ça me rappelle quelqu’un d’autre) il peut être. La comédie semble en tout cas bien être sa seule porte de sortie alors vite, Tom, offre à Les Grossman la péloche qu’il mérite !

203.jpg  201.jpg  202.jpg

Laisser un commentaire