Critique ciné : Marmaduke

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Grand Danois maladroit et facétieux, Marmaduke mène une vie paisible avec la famille Winslow dans leur petite ferme du Kansas. Mais quand le père se voit offert un nouvel emploi, tout le monde déménage en Californie où Marmaduke découvre un nouveau terrain de jeu, plein de nouvelles odeurs, de nouvelles bêtises à faire et de nouveaux amis à se faire. Et dans tout ça, le gros toutou qui n’a jamais su quoi faire de ses 90 kilos va devoir trouver la place qui est la sienne

« L’ensemble est trop convenu pour s’extraire du tout-venant de la comédie familiale US »

Comme pourra le confirmer Garfield, tirer un scénario de long-métrage à partir d’un comic strip n’est pas chose aisée. Partant avec le même handicap, Marmaduke du passe-partout Tom Dey (Shanghai Kid, Playboy à saisir) propose cependant une alternative intéressante en déplaçant son aventure canine dans le contexte d’une teen comedy, avec tout ce que cela implique de passages obligés et codes du genre parodiés par le point de vue du meilleur ami de l’homme. Les clans, les fêtes, aucun « enjeu scolaire » mais seulement l’amour et l’amitié, tout est là. Le mieux étant que, sur une telle trame, le personnage principal peut acquérir une humanité à laquelle tous n’ont pas droit. De gros chien un peu cabot dans la bande-dessinée, le Dogue allemand (ou Grand Danois) Marmaduke devient ainsi un adolescent mal dans sa peau car plus grand que les autres, catapulté dans un nouveau microcosme qu’il va lui falloir découvrir en même temps qu’il se découvrira lui-même. Un postulat classique mais qui, avec des animaux pour protagonistes et un petit grain de folie dans l’écriture, pourrait aisément suffire à emballer une péloche bien sympathique.

Le problème étant justement que cette transposition d’un genre dans un cadre décalé n’apporte en fin de compte rien du tout. Vu et revu, le parcours de Marmaduke ne sort pas des ornières et s’articule autour de ressorts narratifs d’une pauvreté sidérante. Il serait même aussi prévisible que le tragique destin d’une tortue perdue sur une autoroute si, en toute fin, il ne trahissait sa volonté de faire de la teen comedy en cédant à un climax à côté de la plaque. Mais le plus pénalisant, comme souvent dans les « films-avec-des-animaux-en-CGI-qui-parlent », demeure la présence humaine. Là, le scénario devient franchement cucul à ressasser les poncifs de la gentillette comédie américaine avec le père délaissant sa famille au profit du boulot, l’ainée qui réclame son indépendance, le fils qui n’ose pas confier ses problèmes,… Tout un pan du film bien lourdingue qui n’a pas sa place ici, mis comme si l’équipe craignait que les spectateurs ne puissent s’intéresser à une histoire sans humain. Drôle d’idée.

Il reste alors quelques bons gags et personnages efficaces (le chat mexicain mériterait un film pour lui tout seul), plus une VF bien plus convaincante que la VO en ce qui concerne le personnage principal (chose assez rare pour le préciser), mais l’ensemble est vraiment trop convenu pour que Marmaduke puisse s’extraire du tout-venant de la comédie familiale US. Comme quoi, un toutou bien sage n’est pas toujours ce qu’il y a de mieux !

(Retrouvez cette critique sur Excessif.com)

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