Archive pour juillet, 2010

Résultats du sondage « Quel est le meilleur film de James Cameron ? »

30 juillet, 2010

Voiloù les amis, le sondage « Quel est le meilleur film de James Cameron ? » prend aujourd’hui fin et culmine à 41 votants, grâce auxquels on a… EXPLOSÉ LE RECORD !!! Donc, gracias à vous tous du fond du coeur et de l’urne pour votre participation et, avant que je me mette à fondre en larmes, passons à l’étude des résultats !

Avatar : 24% (10 votes)
Terminator 2 : 22% (9 votes)
Titanic : 17% (7 votes)
Aliens : 12% (5 votes)
Abyss : 12% (5 votes)
Terminator : 5% (2 votes)
Aliens of the Deep : 2% (1 vote)
Les Fantômes du Titanic : 2% (1 vote)
True Lies : 2% (1 vote)
Piranha 2 : les tueurs volants : 0% (0 vote)

Alléluia ! Pile-poil avant que j’arrête le sondage, une 41ème personne est enfin parvenue à départager Avatar et Terminator 2 en tête du classement et non, sur la tête du cocker Eliot, ce n’est pas moi ! Merci donc à elle même si son vote, en faisant d’Avatar le meilleur film de Cameron (je lui ai envoyé un mail pour l’en avertir), donne à penser que la modernité prime sur le plus ancien. Attention, je ne dis pas que Avatar n’est pas un putain de chef d’oeuvre de sa mère mais quand même, quoi, dans Terminator 2 il y a Schwarzy et ça, bordel, c’est un argument de poids… Ouais, vous vous en douterez, j’avais voté pour la deuxième excursion ciné du T-800… Cette seconde place a le goût amer de la défaite…

Sur la troisième marche du podium, nous retrouvons en toute logique le titanesque Titanic qui émut tant de monde à l’époque de sa sortie, entre Kate Winslet dans le plus simple appareil (miam !) et Leo DiCaprio se gelant les burnes dans une piscine de Californie. Mais surtout, le plus gros point fort du film, ce ne sont pas ses 200 millions de dollars de budget (un record à l’époque) ou sa réalisation exemplaire, mais Billy Zane. Oui, Billy Zane, car comme le dit si bien Hansel dans Zoolander, « il est cool, lui« .

A égalité pour la quatrième place, Aliens et Abyss sont au coude à coude et on se demande bien pourquoi parce que même si le trip SF sous-marin de Cameron ne manque pas d’atouts, il supporte difficilement la comparaison avec le magistral Aliens, une des meilleures suites jamais faites. Il faut croire que, comme Cameron, il y a beaucoup d’amoureux des fonds marins.

Ce qui expliquera peut-être les personnes ayant voté pour les deux documentaires du réalisateur, Aliens of the Deep et Les Fantômes du Titanic. Un votant pour chaque film, ce qui voudrait dire que les seuls personnes à avoir vu ces films en France sont passées sur le Geek Show et se sont exprimées (merci à elles, qui qu’elles puissent être). A côté de ça, le pauvre True Lies ne récolte également qu’une seule voix malgré la présence de scènes d’action dantesques et de Schwarzy en tête d’affiche, qui tombe décidément de son piédestal avec ce sondage. Avec juste un vote de plus qui lui assure la sixième place, Terminator s’en sort à peine mieux et continue de démontrer la perte de popularité dont souffre le Gouvernator… putain, mais qu’est-ce qui lui a pris de se mettre à la politique ?

Et pour finir, relégué à la dixième place puisque personne n’était là pour le défendre, on retrouve le premier long-métrage de James Cameron, Piranha 2 : les tueurs volants. En même temps rien d’étonnant à cela : pas des plus réussis (difficile de casser la baraque du premier coup, surtout quand on doit jongler avec les directives de Roger Corman), sa discrète distribution en fait un des films les plus méconnus du réalisateur.

Voilà, on en a définitivement terminé avec le sondage James Cameron. Et que nous réserve la suite ? Un sondage Pixar, que vous trouverez dès à présent dans la colonne à droite de ce blog. Alors allez, tous aux urnes !

Critique ciné : Inception

27 juillet, 2010

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Moitié espion, moitié voleur, Dom Cobb est le meilleur extracteur actuellement sur le marché, un spécialiste de l’infiltration des rêves d’autrui et du prélèvement d’informations. Mais avec leur nouveau contrat, Cobb et son équipe se voient confiés une mission réputée impossible : l’inception, c’est à dire faire entrer dans l’esprit de la victime de nouveaux souvenirs plutôt que de les retirer. Il s’agit cependant du seul moyen pour lui de mettre un terme à sa vie de fuyard, de pouvoir retourner au pays où l’attendent ses deux enfants, alors Cobb accepte le job en sous-estimant le danger qu’il représente

« Un nouveau classique immédiat »

Définitivement entré dans la A-list des réalisateurs US après le succès monstrueux de son The Dark Knight, bankable sans renier ses prétentions artistiques, Christopher Nolan s’offre une petite pause entre deux volets de Batman avec Inception, comme il l’avait fait il y a quatre ans pour Le Prestige. Quoique « petite » ne soit pas vraiment le terme qui convienne cette fois, sa première collaboration avec Leonardo DiCaprio se voulant au contraire des plus ambitieuses : 200 millions de dollars consacrés à un projet top-secret et censé offrir du jamais-vu, savamment vendu comme « un film d’action et de science-fiction contemporain basé sur l’architecture de l’esprit » sans en dire beaucoup plus, et cela jusqu’à sa sortie. C’est donc sans savoir à quoi réellement s’attendre mais plein d’un espoir sincère (conviction profonde ?) que l’on se rend dans la salle de cinéma. Et avec la même maestria que ses protagonistes pour la manipulation des rêves, Nolan fait alors l’étalage deux heures et demie durant de l’incroyable maîtrise qu’il a de son média. Prêts pour la leçon de cinéma ?

Nolan au goût Paprika

En soi, un film donnant l’opportunité de se promener dans le monde des rêves n’a rien de révolutionnaire. Dès les premières images de Inception dévoilées, avec ce couloir d’hôtel sans gravité où s’affrontent deux hommes, il semblait ainsi évident que Nolan avait vu et apprécié le merveilleux Paprika de Satoshi Kon. Déjà. Mais comme on pouvait s’en douter, l’homme ne se contente pas du déjà-vu et cultive son amour des scénarios léchés pour explorer la manipulation des rêves sous un jour radicalement original, que certains qualifient de mix entre James Bond et Matrix. A ceci près que, en lieu et place de 007, nous serions davantage dans du Mission : Impossible avec la constitution d’une équipe ultra-charismatique (merci le putain de casting quatre étoiles !) s’embarquant pour de bon dans une mission impossible, justement. Et d’autant plus impossible qu’au contraire d’un Matrix où les personnages dominent la « réalité virtuelle », Dom Cobb et ses comparses la subissent eux majoritairement, celle-ci pouvant se dérégler en fonction de leur propre part d’obscurité, les lourds secrets et remords traumatisants se terrant dans leur inconscient. Plutôt donc que de faire de la SF high-tech comme le veut d’ordinaire le genre (voir comment la caméra ne s’attarde jamais sur la technologie pour pénétrer l’esprit d’autrui, laquelle restera inexpliquée jusqu’au bout), Nolan l’aborde sous un angle psychanalytique qui, loin d’être chiant, donne proprement corps à son sujet. A partir de là, toutes les brillantes idées du scénario s’agencent avec une logique imparable en un labyrinthe mental duquel nous ne sortirons qu’en toute fin, au terme d’une plongée à la fois unique, passionnante et « crédible » du monde des rêves.

Du rêve à la réalité… et inversement

Le réalisateur continue de surprendre en ancrant majoritairement sa réalité alternative dans le concret, là où un tel sujet laisse d’habitude le champ libre aux folies visuelles les plus poussées (la dernière bobine s’y attellera tout de même, et avec classe qui plus est). Au lieu de quoi il préfère donc la jouer en finesse puisqu’à l’évidence réalistes, ces endroits n’en donnent pas moins l’impression – pour beaucoup grâce à la photographie stylisée du fidèle Wally Pfister – de se nourrir également de fantasmes et souvenirs tirés du parcours personnel du rêveur ou de ses références culturelles, d’où les ambiances typiquement cinématographiques flirtant avec le clin d’oeil que l’on peut croiser dans le film. Comme il le prouvait magistralement avec Memento, Christopher Nolan sait en fait manipuler sa réalisation pour épouser son intrigue, faire entrer les deux en résonance pour leur donner une profondeur incomparable, et il en fait ici une nouvelle démonstration de haute volée. Il sera ainsi difficile de ne pas être soufflé par le gigantesque final d’Inception, qui se déroule simultanément sur plusieurs niveaux de réalité ayant chacun sa propre temporalité (rarement un ralenti n’aura eu autant de sens qu’ici) mais interagissant malgré tout les uns avec les autres, se télescopant ainsi en un morceau de bravoure aussi complexe et impressionnant que émotionnellement fort (dans un registre assez proche de Shutter Island, Leonardo DiCaprio continue de prouver qu’il est l’un des acteurs les plus solides actuellement sur le marché).

Après, l’initiateur du Batman nouveau a quand même quelques défauts et on pourra toujours trouver certains points sur lesquels pester, comme par exemple ses scènes de fusillade manquant un peu de niaque (cf la pourtant courageuse expédition finale de Tom Hardy), mais ce ne sont que broutilles face à l’ampleur et l’intelligence du spectacle qui nous est proposé, passant aussi habilement du film d’auteur au blockbuster que ses personnages sautent de la réalité au rêve. Du très grand art, et un nouveau classique immédiat à mettre au crédit de Christopher Nolan après The Dark Knight. Tout simplement.

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Critique ciné : Comme chiens et chats – La Revanche de Kitty Galore

26 juillet, 2010

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Ennemis depuis toujours, chats et chiens n’ont eu de cesse de se livrer une impitoyable guerre, de celles semblant ne jamais pouvoir prendre fin. Et pourtant, chats et chiens vont devoir travailler patte dans la patte lorsque surgit Kitty Galore, une félonne féline dont la machiavélique vengeance pourrait porter préjudice à tous les quadrupèdes mais également aux humains

« Le film fait partie de ces suites sachant caresser le fan dans le sens du poil »

Après un premier épisode plus sympathique que ce que l’on veut généralement bien croire (en tout cas, moi, je suis grave fan de chez fan), la guerre entre canidés et félins reprend de plus belle dans Comme chiens et chats – La Revanche de Kitty Galore. Ou presque puisque, cette fois, les deux espèces seront forcées de s’allier contre la pire des menaces qu’on puisse imaginer : un chat sans poil doublé par Bette Midler ! Alors, fin des festivités et début de la ronflante comédie familiale ? Ou bien, et le potentiel est là pour le faire (je l’ai dit, je suis fan), va-t-on passer pour de bon aux choses sérieuses ?

De la niche à 007

Pour s’assurer d’une bonne suite sans trop prendre de risque, il suffit bien souvent d’approfondir le concept original de manière à satisfaire un public qui ne demande pas mieux. Sans chercher la petite bête, Comme chiens et chats 2(on va la faire courte) développe alors l’univers du premier film et s’engage bille en tête dans la parodie du film d’espionnage, ce dont atteste d’entrée de jeu un générique « bondien » en diable plus des clins d’oeil répartis tout au long de la bande (le « Requin » félin, Roger Moore donnant de la voix pour le boss de l’Agence féline,…). En conséquence de quoi, l’intrigue est cette fois bien plus centrée autour des animaux tandis que les humains en sont jalousement tenus à l’écart, pour ne pas dire « bannis » tant leur présence relève même de l’anecdotique (hé non, désolé les loulous, mais ce n’est pas avec ce film que Chris O’Donnell pourra redorer son blason). Une sage décision puisqu’ainsi, avec des bébêtes omniprésentes et capables de tout, de parler jusqu’à piloter un jetpack, la réjouissante impression d’assister à un cartoon live n’en est que renforcée. Et, plus important encore, les ressorts dramatiques gnangnans de la comédie familiale américaine – quasi inévitables dans ces films « pour enfants » dès qu’il y a des humains dans les parages – sont réduits à leur plus simple expression. Les animaux prennent le pouvoir et se lancent à fond dans l’affaire !

Bigger, Better, Furrier

Familier de l’animation après son travail sur une poignée de courts-métrages, le réalisateur Brad Peyton prodigue alors à son premier long les même qualités que les petits films animés dont il descend (Warner, le studio derrière le film, perpétue ainsi régulièrement la tradition de ses Looney Tunes, qui font d’ailleurs leur retour avec un Bip-Bip & le Coyote en 3D présenté avant la péloche de Peyton). Pas de temps mort, un goût pour l’absurde toujours salvateur, et en plus le film fait évoluer le conflit chats /chiens vers une collaboration contre nature rappelant certains des Tom & Jerry, superposant ainsi au cartoon un contexte de buddy movie qui continue de dynamiser l’ensemble et de lui donner un cachet « film de genre », ou plus exactement parodie de films de genre. Et parodie qui ne se fout pas du monde qui plus est car elle satisfait complétement au cahier des charges de toute bonne suite qui se respecte. Plus riche que l’original en matière d’ennemis bien typés, de scènes d’action (plus marrantes qu’impressionnantes toutefois, nous ne sommes pas chez Bruckheimer et son G-Force) ou de références savoureuses (avec une préférence pour les oeuvres ayant plus de quinze piges, favorisant donc les spectateurs adultes aux mioches… cool !), Comme chiens et chats 2 remplit sa tâche avec la meilleure volonté du plus fidèle des plus fidèles amis de l’homme. De la séquelle comme on les aime, en somme.

Comme chiens et chats – La Revanche de Kitty Galore fait donc partie de ces suites sachant caresser le fan dans le sens du poil car, en se débarrassant de ses encombrants humains (même s’il est vrai que le môme du premier avait la meilleure blague du film), il devient un véritable « cartoon live d’espionnage animalier ». Puéril, nous sommes d’accord, mais aussi sacrément généreux. Et puis quel plaisir de retrouver le plus méchant des matous angoras, Mr Tinkles en personne, revenu entre autres pour annoncer lors de l’épilogue un hypothétique Comme chiens et chats 3 dont on ronronne déjà à la simple idée. Alors, tous en choeur : LES CHATS ASSURENT !

(retrouvez cette critique - en version express - sur Excessif.com)

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Critique ciné : Predators

24 juillet, 2010

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Huit personnes se réveillent alors qu’elles font une chute vertigineuse droit sur une jungle. Sans savoir ce qu’ils font là, ils commencent à explorer l’endroit et comprennent alors qu’ils ne sont plus sur Terre mais sur une autre planète. Une réserve de chasse plus exactement, où règnent d’étranges et impitoyables créatures. Devenus gibiers, les humains vont devoir s’unir s’ils veulent survivre à cette menace

« Sa plus grande réussite reste de nous donner envie de revoir les originaux »

Comptant sans problème parmi les créatures les plus fascinantes du cinéma, le Predator avait quelque peu terni ses dreadlocks suite au double crossover AvP, contre lequel beaucoup continuent de s’insurger (moi je trouve qu’il y avait des trucs marrants dans le Requiem, mais passons). Il en faut cependant plus à la Fox pour abandonner une juteuse licence et, alors que nous attendons la préquelle de Alien par Ridley Scott (en deux films : fuck yeah !), c’est à la langouste-rasta de rouvrir les hostilités en solo. Sous l’impulsion d’un Robert Rodriguez fantasmant la chose depuis longtemps, le monstre revient donc sur les écrans. Oui, mais la légende est-elle de retour elle aussi ?

Des gueules de portes-bonheur

Si les deux AvP se contentaient d’aguicher le spectateur avec la promesse de voir nos monstres favoris sur grand écran, et bien que cela aurait encore suffi pour Predators, le dernier de la franchise met les petits plats dans les grands en s’assurant les services de prometteuses personnalités. A commencer par un casting sérieusement mortel, qui instille une ambiance badass peu commune dans un film de studio : Danny Trejo, Laurence Fishburne, Walton Goggins (toujours égal à lui-même),… que des vraies gueules, au sommet desquelles nous trouvons un Adrien Brody ayant la classe en action hero (c’était pas gagné). Tout juste peut-on regretter que certaines proies humaines ne soient là que pour la figuration mais, dans l’ensemble, le groupe fonctionne bien, avec une dynamique pas très recherchée mais toujours efficace, qui respire la série B en sueur à plein nez.

Cependant, le plus important des troupes se trouve derrière la caméra avec tout d’abord un Nimrod Antal (Motel) qui persiste et signe au rayon habile artisan, et compose quelques scènes bien furieuses qui a défaut d’égaler celles du film de McT (le modèle évident de Predators), les citent au moins avec fougue. De son côté, et même s’il lui est arrivé de faire des belles panouilles au cours de sa carrière, Robert Rodriguez (Desperado) – ici producteur – est clairement l’homme fort du projet. Ayant élaboré les grandes lignes de l’histoire il y a déjà plusieurs années, c’est sous son influence que la saga s’engage vers des horizons à ce point bandants. Fans de la première heure et fantasticophiles de tous poils ne peuvent qu’être surexcités à l’idée d’une Chasse du comte Zaroff sur la planète des Predators, mais c’est bien la promesse d’un épisode libéré de l’emprise de la Fox qui nous faisait espérer au mieux. Au prix de quelques concessions sur le budget (ce qui explique en partie certains CGI un peu foireux) et grâce à l’autonomie autarcique de Rodriguez, on a alors une péloche de fanboy à la place des films de producteurs que pouvaient être les AvP et ça, foutredieu, ça fait plaisir !

La formule Rodriguez

A côté de la liberté qu’elle offre, la formule Rodriguez présente néanmoins un inconvénient de taille : à l’image de son initiateur, elle favorise l’impro à la préparation. Tout juste un an s’est écoulé entre le moment où Antal est arrivé sur Predators et sa sortie, et dix mois depuis le début de son tournage. Un délais microscopique et symptomatique d’une production à l’emporte-pièce, ressentie davantage dans un scénario torché en quelques mois par des débutants qu’à l’image. En plus donc de dialogues parfois honteux et d’incohérences par-ci, par-là, sans oublier un paquet d’éléments laissés sans explication, c’est surtout dans son manque éloquent de structure narrative que le long-métrage déçoit. Linéarité, absence d’une véritable histoire dépassant son tripant postulat, il y a de quoi se sentir frustré face à un récit trop gourmand ou peut-être trop peu ambitieux, capable de multiplier les bonnes idées sans jamais les faire réellement aboutir pour ensuite se perdre en digressions vaseuses (le Predator attaché, la guerre entre les deux espèces,…).

On sent alors que Predators est conscient de son héritage et veut lui rendre les honneurs qu’il mérite mais, malheureusement, il manque aussi de maturation pour concrétiser vraiment sa bonne volonté, marqué au fer blanc par les méthodes de travail du chien-fou qu’est Robert Rodriguez. Le retour au source reste tout de même appréciable et assez fendard pour faire oublier les errements AvP, mais sa plus grande réussite reste de nous donner envie de revoir les originaux !

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Auto promo : Les rébellions animales au cinéma

21 juillet, 2010

A l’occasion de la sortie en salles du conspué La Forêt contre-attaque, avec l’inimitable Brendan Fraser en tête d’affiche, j’ai fait un petit dossier sur les rébellions animales au cinéma. On m’avait demandé de le faire « fun » alors, plutôt que mes habituels paragraphes en gros paquets, j’ai essayé d’aérer tout ça. Vous me direz ce que vous en avez pensé.

Dossier Les Rébellions animales au cinéma

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La loutre, mon animal totem. Hail to the loutre !

Splice

19 juillet, 2010

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Elsa et Clive, deux jeunes scientifiques reconnus pour leurs travaux sur les croisements génétiques, décident un jour d’abandonner le protocole et la déontologie pour passer à l’étape suivante, en ajoutant à leur mixture de l’ADN humain. C’est ainsi que naît Dren, créature unique en son genre et en perpétuelle évolution. Mais alors que le couple de chercheurs tentent de protéger le fruit de leurs travaux, une relation particulière se met en place entre eux trois et, bientôt, Dren devient bien plus qu’un sujet d’expérience

« Moins hermétique que ses oeuvres précédentes, Splice s’assume comme un vrai film de genre et ne lèse jamais le spectateur »

Un peu réduit au rôle de « réalisateur à concepts » depuis le succès de son Cube, Vincenzo Natali revient avec ce qu’il faut tout de même bien appeler son projet le plus bandant à ce jour. Imaginez un peu : produit par le toujours rassurant Guillermo del Toro, support idéal d’un Natali ayant juste besoin d’être un peu déridé, Splice est vendu comme un film de monstre scientifique baigné dans la beauté plastique d’un conte noir et cruel… oui, ça met copieusement l’eau à la bouche. Et le mieux, c’est qu’au bout du compte on ne se bave pas dessus pour rien !

Frankenstein Resurrected

Scientifique dans l’âme passionné de fantastique et SF comme en atteste sa filmographie, Vincenzo Natali ne pouvait que se confronter un jour à la pierre angulaire de la fiction scientifique, le mythe de Frankenstein selon Mary Shelley. La relation conflictuelle entre le créateur et sa créature est donc au coeur de son Splice, elle nourrit la moindre minute de métrage, mais plutôt que de ressasser la même intrigue, la réalisateur s’amuse à l’éclairer sous un jour nouveau. Sans même parler alors de contexte moderne, de la génétique remplaçant la foudre et la couture sur cadavres, c’est dans la figure du « créateur » que Natali va pour de bon rendre sa version unique. Car ici, il n’y a pas un scientifique seul mais deux, et un couple qui plus est. Avec tout un passif qui donne à l’équation « créateur / créature » une dimension bien particulière, ce à quoi nous assistons étant clairement identifié comme la formation d’une famille où papa et mamans chercheurs éduquent leur rejeton monstrueux. Leurs rapports n’en sont que renforcés et le sous-texte décuplé, les thématiques malsaines s’insinuant tout naturellement dans un tel contexte (inceste, maltraitance, le film se permet beaucoup) et donnent à cette adaptation non-officielle de Frankenstein une résonance résolument novatrice..

Et puis, que serait une histoire à la Frankenstein sans son monstre ? Intégrée d’office parmi les plus beaux monstres du cinéma fantastique, Dren est une créature excellemment pensée selon les stades de son évolution, les sentiments qu’elle doit évoquer aux spectateurs à tel ou tel moment, et se révèle ainsi être tour à tour répugnante, fragile, terrifiante, drôle et même sensuelle pour de vrai, ce qui relevait de la gageure avec sa tête de cul de bébé. Des sentiments que l’on doit autant à Natali qu’aux artistes du studio KNB, toujours au top, ou encore à une Delphine Chanéac moins mimi qu’au naturel mais bien plus convaincante.

Un réalisateur monstre

De son côté, et pour sa première expérience en la matière, Natali semble très à l’aise dans un cinéma plus mainstream, ou en tout cas plus commercial, et livre une péloche véritablement brillante, aussi intéressante à suivre que belle à regarder. Moins hermétique que ses oeuvres précédentes, Splice s’assume comme un vrai film de genre sans perdre en chemin son propos et, en cela, ne lèse jamais le spectateur. Certains ont alors pu reprocher au film son final un peu trop démonstratif, basculant de l’univers de Cronenberg à celui de Jeepers Creepers, mais il s’agit justement de clôturer un film de genre comme il se doit et ça, Natali le respecte. Avec sa propre intelligence et une générosité qui ne doit pas être inconnue au producteur del Toro, le réalisateur compose ainsi un final sachant clore l’ensemble des thématiques de l’histoire tout en nous filant d’ultimes et précieux frissons, par le biais de quelques images splendides, iconiques et puissantes. Et c’est ainsi que Dren, au détour de quelques images en contre-jour dans un marais brumeux, s’établit définitivement comme une version moderne des éternels Universal Monsters, et fait honneur comme il se doit au Frankenstein dont elle s’inspire.

Extrapolation passionnante autour de la dualité « créateur / créature », Splice s’inscrit donc dans la grande tradition des monstres hollywoodiens en y apportant un regard neuf et complexe, autant spectaculaire qu’introspectif. Vincenzo Natali fait en tout cas là un pas déterminant dans sa carrière et s’ouvre un tout nouveau champ de perspectives qu’il nous tarde de le voir explorer. Oui, c’est désormais sûr, on peut faire du commercial sans que ce soit de la merde ou qu’on ait à vendre son âme !

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Shrek 4, il était une fin…

19 juillet, 2010

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Nous retrouvons notre héros alors qu’il goute aux joies de la vie de famille, entouré de sa femme, ses enfants et des amis à peine envahissants. Mais le démon du midi titille également les ogres, et Shrek regrette de plus en plus le bon vieux temps où sa simple vue faisait détaler les paysans. C’est là qu’il fait la rencontre du nain Tracassin, gnome dont la puissante magie pourrait lui permettre de revivre, un jour durant, sa vie d’autrefois. Mais Shrek se fait avoir : le royaume est désormais aux mains de Tracassin et, pire que tout, ses amis ne se souviennent plus de lui

« Shrek a vieilli et, en prenant de l’âge, c’est devenu un vieux con »

Sans pouvoir non plus égaler l’excellence d’un Pixar, il faut convenir de la réussite de Dreamworks ces dernières années, au cours desquelles ont fleuri les projets originaux et brillants (Kung Fu Panda, Monstres contre Aliens, Dragons,…). Et étonnamment, celui qui était leur figure de proue est donc devenu leur boulet. C’est vrai, Shrek ne fait plus autant rire, surtout depuis un troisième épisode aussi vain qu’un pet sur une tringle. Le quatrième et dernier de la saga saura-t-il alors faire renaître la magie, apporter une conclusion heureuse au conte de fées qui avait si bien commencé ?

Un ogre pour emblème

Il a beau avoir une tête de chou confit et ne pas toujours être très commode, Dreamworks aime son ogre grognon comme s’il s’agissait du plus beau des bébés. Après tout, ne leur a-t-il pas rapporté le premier Oscar jamais décerné pour un film d’animation ainsi que quantité de dollars ? Rien que pour ça, le studio se devait de tenir un certain standing et d’offrir au personnage une nouvelle aventure digne d’intérêt, de celles qui ne vous font regretter le prix du ticket de cinéma. Outre l’ajout un peu automatique du relief, Shrek 4, il était une fin assure donc le spectacle au travers d’une poignées de scènes gentiment épiques (la film s’aventure cette fois davantage du côté « heroic » de la fantasy) nous donnant à penser que les surprises de L’Ecole fantastique étaient bien dues à son réalisateur Mike Mitchell, ici aux commandes de son premier long-métrage animé. Mais là où se fait particulièrement sentir l’intérêt de l’équipe pour la saga, c’est dans leur volonté de développer les personnages et de les accompagner dans leurs histoires personnelles. Mine de rien, il s’agit de la conclusion de leur saga-phare et il ne faudrait pas saloper le boulot ! Après les joies de la paternité, Shrek est ainsi confronté à la crise de la quarantaine et s’embarque dans un voyage lui permettant d’en finir une fois pour toute avec son dilemme fondateur, sa transformation du stade de monstre misanthrope à celui de bon père de famille. La question étant : a-t-on envie de voir Shrek le dégueu se transformer en un modèle de l’american way of life ?

Le conte est-il bon ?

Shrek 4, il était une fin, en tant qu’ultime volet et moment de la maturité, se veut être moins potache que les précédents. Avoir moins recours à l’humour référentiel et l’insolence pour faire comprendre la sagesse et la légitimité acquises par la saga. Une idée qui ne manque pas de bon sens mais qui tombe finalement comme un cheveu dans la soupe, là n’ayant jamais été le propos des différents films ou en tout cas de ceux ayant un quelconque intérêt (Shrek le troisième commençait à creuser dans cette voie, avec le résultat que l’on sait). Dreamworks avait fait de ces éléments la marque de fabrique de la franchise et voudrait maintenant les abandonner pour obtenir plus de respectabilité, oubliant que c’est précisément grâce à eux que le personnage est devenu si populaire. La sanction ne se fait pas attendre : le film a une grave carence en humour – malgré un méchant assez sympathique – et on finit par s’ennuyer assez vite devant une intrigue cousue de fil blanc, sans originalité ni réel intérêt. En effet, n’est pas Pixar qui veut, et là où John Lasseter & co ont réussi par exemple à nous intéresser avec le parcours des héros de Toy Story, il n’en va pas de même chez le concurrent pour la simple raison qu’il ne s’est pas intéressé dès le départ à ses personnages. Simples vecteurs de comédie à leurs débuts, ils ne peuvent comme par magie éveiller en nous de véritables émotions, ce que ne semble décidément pas comprendre Dreamworks.

N’en déplaise à l’habituel happy-end des contes de fées (selon la formule moderne en tout cas), c’est donc sur une note bien triste que vient s’achever la saga Shrek, en droite lignée du malingre épisode trois. Voulant s’aventurer sur un terrain qui n’est pas le sien, Dreamworks perd de vue sa cible et finit par retirer à son univers tout ce qui le rendait intéressant, cette irrévérence rafraîchissante des débuts. Mais que voulez-vous : Shrek a vieilli et, en prenant de l’âge, c’est devenu un vieux con. Nous sommes bien contents d’en avoir fini avec lui.

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Promo maison : la saga Toy Story / Pixar passée au crible !

13 juillet, 2010

Ce n’était pas dans mon habitude jusqu’à présent mais ça risque bien de le devenir : à chaque fois que je ferai un dossier pour Excessif.com, je mettrai ici un petit lien vers ces perles de culture et de rédaction. Faut bien vendre sa came comme disait l’autre…

Alors, pour ceux que ça intéresse (c’est à dire tout le monde… non ?), vous pourrez retrouver en cliquant sur le lien ci-dessous mon dossier sur la génèse de la saga Toy Story, mise en parallèle avec l’évolution du studio de tous les miracles, j’ai nommé Pixar ! Prêts à vous cultiver pour briller en société ? Yep ? So bring it on !

DOSSIER LA SAGA TOY STORY / PIXAR

 

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