Freddy – Les Griffes de la nuit

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Alors que des lycéens meurent dans des circonstances étranges, d’autres comprennent qu’ils sont en fait tous victimes de Freddy Krueger, un assassin à l’apparence terrifiante les attaquant dans leurs rêves. Ne pouvant rester éveillés éternellement, Nancy et ses amis vont donc devoir rapidement découvrir la vérité sur Krueger s’ils veulent le détruire avant qu’il ne les attrape

« Pour une fois qu’un reboot se justifiait, il est triste de voir l’opportunité foutue en l’air par un manque total de vision à la fois innovante et concluante. »

Platinum Dunes continue son entreprise de remise aux goûts du jour des grandes licences de l’horreur et, après un Vendredi 13 de triste mémoire, le studio s’attaque aujourd’hui à Freddy et ses Griffes de la nuit. Un reboot bienvenu et même indispensable, le boogeyman ayant vu son aura horrifique dilapidée au fil des ans et des film jusqu’à devenir un clown hystérique tout juste bon à amuser (et encore, pas toujours) la galerie. Et puisque que cette nouvelle version s’annonçait encore plus sombre et violente que l’original de Wes Craven, on y croyait. Parce que nous espérions plus que tout voir le père Krueger retrouver de sa grandeur passée. Las, ce Freddy – Les Griffes de la nuit trouve le moyen de se planter dans les grandes largeurs et même de saboter son icône de l’horreur.

Croquemitaine recherche charisme désespérément

Quand il donna vie à Freddy en 1984, Wes Craven avait en tête de créer le croquemitaine ultime, l’incarnation absolue du Mal. Un statut dû bien sûr à son terrifiant pouvoir (pouvoir attaquer dans les rêves) mais également à son passé de tueur d’enfants, impliquant que -même humain- Fred Krueger a toujours été une belle saloperie, un ogre au sens propre. Une dimension du personnage ayant complétement échappé aux auteurs de ce reboot, qui offrent comme nouveauté dans leur script de laisser planer le doute sur la culpabilité de Freddy avant que les parents d’Elm Street ne l’enflamment. Mauvaise pioche, car en renforçant ainsi l’aspect « vengeance » de son massacre de teenagers, Freddy perd son caractère universel pour rentrer dans le lot commun des boogeymen. Et comme si cette trahison (si, si, c’en est une) ne suffisait pas, il n’est pas mieux loti au niveau de sa représentation. Samuel Bayer, clippeur remarqué entre autres pour le Smells Like Teen Spirit de Nirvana, semble en effet incapable de magnifier son serial-killer des rêves et se contente de lui faire crisser les griffes, comme s’il n’avait retenu que ça de lui après huit longs-métrages. Mais ce n’est pas le pire.

Le pire, on l’atteint avec le sacro-saint élément caractéristique de Freddy : son maquillage. Le nouveau modèle, plus réaliste et qui paraissait intéressant sur le peu d’images dévoilées dans la promotion, se révèle en fait être une catastrophe tant il rend inexpressif le visage de son porteur. Et si Jackie Earle Haley (Watchmen) s’annonçait comme un choix porteur pour remplacer le légendaire Robert Englund, tout son talent est annihilé par le visage figé du croquemitaine. Ce dont il semble d’ailleurs parfaitement au courant vu comme il surjoue sans conviction de sa grosse voix d’outre-tombe (franchement pathétique en VF, mais à ce qu’il paraît la VO n’est pas mieux), achevant d’ôter au monstre le peu de dignité qui lui restait. RIP.

Un cauchemar… mais pas forcément celui attendu

A triste sir, enterrement misérable. En tant que premier long-métrage sur son CV, Freddy – Les Griffes de la nuit n’apporte donc que peu d’espoir quant à la suite de la carrière de Bayer, jamais convaincant ici. Nous avons déjà évoqué son incapacité à esthétiser Krueger, mais on touche vraiment le fond quand on s’aperçoit qu’il ne parvient jamais non plus à créer la moindre tension, sa conception du suspense se résumant à des jump scares prévisibles au possible. Peu inspiré, il déçoit encore avec les différentes mises à mort de la péloche (à l’exception tout de même du petit clin d’oeil final) qui sont soit d’une platitude déconcertante (un coup de griffe et c’est emballé), soit repompées sur le film original. Et en moins bien qui plus est, CGI et terreur ayant toujours fait mauvais ménage dès lors qu’on les utilise plus que de raison. Après la destruction du mythe du Freddy, ça fait qu’il ne reste plus grand chose pour sauver le film. Ce qui tombe très bien puisque, de toutes façons, il n’y a presque rien à y sauver. Le tableau continue ainsi de s’aggraver entre un script balourd, confus au point de ne pas savoir déterminer qui est son personnage principal (et les reshoots -voir la scène d’introduction avec la présence incongrue de Nancy- n’y changent rien), et une bande de comédiens mauvais comme des cochons, interprétant des rôles sans la moindre saveur.

Il n’y a donc vraiment pas grand chose de glorieux dans Freddy – Les Griffes de la nuit et pour une fois qu’un reboot se justifiait pour de vrai, il est triste de voir l’opportunité ainsi foutue en l’air par un manque total de vision à la fois innovante et concluante. Samuel Bayer nous rappelle que les clippeurs ne font que rarement de bons réalisateurs de longs-métrages et, avec le support d’un Platinum Dunes qui ferait bien de se reprendre après ses déconvenues à répétition, ils flinguent le retour tant espéré de notre croquemitaine adoré. Pourtant, vu la spécialité de ce dernier, nous aurions dû nous douter qu’il ne servait à rien de rêver…

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2 Réponses à “Freddy – Les Griffes de la nuit”

  1. Très peu de monde dise du bien de ce film.

  2. pitouwh dit :

    Yep, c’est parce que c’est vraiment un gros plantage en beauté… triste…

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