Iron Man 2

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Six mois après avoir révélé au monde entier qu’il est Iron Man, le multimilliardaire Tony Stark continue plus que jamais de jouer les playboys insouciants même si son invention attire la convoitise d’un industriel concurrent, Justin Hammer, et celle du gouvernement américain. Mais Tony a d’autres problèmes, à commencer par son coeur artificiel dont un composant est en train de contaminer son sang, le condamnant à une mort certaine sous peu s’il ne trouve pas de solution. Et l’apparition de Ivan Vanko, génie russe revanchard travaillant à la création d’une armée de drones, ne va pas aider Iron Man à prendre sa retraite

« Favreau fait preuve du même intérêt pour son matériau, dommage qu’il n’en soit pas de même à l’égard des spectateurs »

Sorti il y a tout juste deux ans, le premier Iron Man s’était révélé être une bonne surprise et même un excellent film, ce qui n’était pas forcément gagné avec Jon Favreau au poste de réalisateur. Responsable des sympathiques mais pas inoubliables Elfe ou Zathura, il n’était pas dit en effet qu’il saurait rendre honneur au monde des comic-books mais, contre toute attente, sa passion pour le matériau d’origine était bien réelle, et son adaptation possédait une classe folle (souvenir ému de l’incroyable armure). Ayant parfaitement mis en place l’univers du super-héros de métal au détriment d’une action un peu chiche (le seul point noir du film), nous attendions alors tous que Iron Man 2 inverse la tendance et se lâche grave sur la pyrotechnie. Malheureusement, si Favreau fait toujours preuve du même intérêt énamouré pour son sujet, dommage qu’il n’en soit pas forcément de même à l’égard de ses spectateurs…

La passion du réalisateur

Malgré des scènes d’action vite expédiées (le climax aurait vraiment gagné à avoir dix minutes supplémentaires), Tony Stark en armure étant carrément trop fort, Iron Man parvenait à passionner ses spectateurs grâce à un Robert Downey Jr. charismatique en diable et, surtout, grâce à la vision de Jon Favreau sur cet univers, qui le développait dans un cadre réaliste n’en rendant la prouesse mécanique que plus incroyable. Et il continue ici de plus belle, approfondissant le portrait de son super-héros milliardaire qui, face à la promesse d’une mort imminente, brûle la chandelle par les deux bouts, multiplie les excès dans un élan autodestructeur jamais ridicule (merci mister Downey Jr.). On peut regretter que, contrairement à ce qui avait été annoncé au départ du projet, la piste de l’alcoolisme de Stark ait été abandonnée, mais le thème de la maladie permet néanmoins de travailler le côté borderline du personnage. Comme si ça ne suffisait pas, le réalisateur -armé du script ambitieux de Justin Theroux (Tonnerre sous les tropiques)- continue d’élargir à foison le monde de Tony Stark et le confronte à une multitude de nouveaux éléments : l’armée américaine voulant récupérer les plans de l’armure (un élément évoqué dans le précédent mais ici plus fouillé), l’apparition du richissime rival Justin Hammer, la place grandissante du S.H.I.E.L.D. et les prémisses de la formation des Vengeurs (n’oubliez pas de rester jusqu’au bout du générique de fin !), l’héritage paternel, le devoir envers sa compagnie et, bien sûr, l’arrivée d’un nouveau super-méchant, Whiplash aka Ivan Vanko. Autant de sujets que Favreau entremêle pour un résultat d’une grande richesse, excellente extrapolation sur les fondations du premier épisode et rendue d’autant plus passionnante que le casting est au poil (Sam Rockwell, Scarlett ‘chouing !’ Johansson, Mickey Rourke… la classe) à l’exception peut-être de Don Cheadle, visiblement mal à l’aise dans les pompes de Terrence Howard. Avec amour, le réalisateur -qui ne s’est pas donné pour rien le rôle de la « nounou » du héros dans le film- continue donc d’étendre sa vision du héros de son enfance. Et comme nous le savons, l’amour peut parfois être sacrément exclusif.

Les attentes du spectateur

Et pendant que Jon vit sa romance avec l’homme de métal (« juste à l’extérieur » dit-il timidement), nous, les spectateurs, sommes malheureusement un peu la cinquième roue de la Porsche Boxter. Parce que la passion de Jon Favreau pour Iron Man est dévorante et s’il continue d’oeuvrer pour le bien du personnage, il oublie en fait de capitaliser sur les bases du premier film pour nous offrir ce que nous attendions. A savoir un gros actioner déchirant tout sur son passage ! Rien de bien sorcier, juste ce que doit faire toute suite qui se respecte. Mais voilà, dans Iron Man 2, ces moments tant attendus de tôle froissée et de destruction massive se comptent sur les doigts d’une main. Trois scènes, ni plus, ni moins, réparties scientifiquement sur la durée du métrage (comprenez « début, milieu, fin ») : l’attaque de Whiplash lors de la course de F1 de Monaco, une baston entre Iron et War Machine puis, en toute fin, le climax où les deux s’associent contre une armée de drones. Heureusement celles-ci s’avèrent véritablement impressionnantes, remplies de plans ultra-iconiques (Mickey Rourke avec les voitures en flammes voltigeant derrière lui, le long travelling où les deux armures cassent du drone à tour de bras) et de reprises monstrueuses au comic (fans de l’armure, préparez-vous à rester bouche-bée devant l’armor suit !). Mais… voilà… il n’y en a que trois, et ça fait vraiment trop peu pour une suite. D’autant plus quand, tristement, l’affrontement final contre Whiplash est si vite plié…

A sa façon, Iron Man 2 pourrait donc être considéré comme une réussite tant il prolonge ce qui faisait les qualités du premier. Mais manque de pot, à développer avec trop d’affection cet univers, Jon Favreau passe à côté de ce qu’aurait dû être cette suite pour rattraper LA faiblesse de son prédécesseur. Difficile alors d’en vouloir à un type ayant perdu de vue ses objectifs par amour (allez, quoi, c’est beau l’amour !) mais tout de même, en sortant de la salle, faut avouer qu’on est un peu amer…

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