Archive pour mai, 2010

Prince of Persia : les Sables du Temps

19 mai, 2010

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Orphelin des rues débrouillard et culotté, son courage et sa bonté amènent un jour le jeune Dastan à être remarqué par le roi Sharaman, qui en fait son fils. Élevé avec ses deux autres garçons et devenu un remarquable guerrier, il obtient son premier fait de gloire en aidant à conquérir une sainte cité où il découvre l’existence des Sables du Temps et de leur gardienne, la princesse Tamina. Mais, accusé à tort du meurtre de son père, il doit prendre la fuite et emporte avec lui une dague aux mystérieux pouvoirs, capable d’inverser la course du Temps et convoitée par de sinistres personnages. Avec l’aide de la princesse, Dastan doit alors prouver son innocence et protéger les Sables du Temps, sans quoi une catastrophe sans précédent s’abattra sur la Perse

« Un divertissement luxueux, emballé avec professionnalisme mais sans grande passion »

Pirates des Caraïbes : jusqu’au bout du monde ayant dû marquer la fin du voyage pour Jack Sparrow et Benjamin Gates 3 tardant à pointer le bout de son postiche, la collaboration Disney / Bruckheimer n’avait plus sous le coude aucune grosse licence à transformer en blockbuster estival. Après deux années de réflexion, le duo nous revient alors avec du sang neuf à ajouter à son catalogue : d’abord Mission-G et ses hamsters-espions puis, en attendant L’Apprenti sorcier, ce Prince of Persia : les Sables du Temps. Adapté d’un best-seller vidéo-ludique apparu pour la première fois en 1989 sur l’Apple II et décliné depuis en de nombreux épisodes, jusqu’à une nouvelle trilogie sur les consoles next-gen ayant servi ici de modèle, c’est donc à une légion de gamers fiévreusement attachés à la série qu’ils vont se confronter. Ou pas. Car plutôt que de se risquer à la comparaison, le film préfère se forger son propre destin.

Du jeu au film, un parkour inattendu

Les fans du jeu crée par Jordan Mechner, et tout particulièrement ceux s’étant frottés à sa dernière trilogie en date (Les Sables du Temps, L’Âme du guerrier et Les Deux Royaumes), risquent ainsi d’être décontenancés face à une adaptation ne reprenant que très vaguement la trame originale. Ce que l’on pouvait comprendre pour les portages de Super Mario Bros ou Mortal Kombat mais dans le cas de Prince of Persia, où l’intrigue et la narration avaient profité d’une réelle attention (souvenez-vous la construction en flashback du premier volet), la chose a de quoi surprendre. Enfin, passé cet étonnement, nous découvrons que la piste choisie par les scénaristes ne manque pas d’intérêt ni de surprises, comme cette évocation à peine voilée de la recherche infructueuse d’armes de destruction massive en Irak (Disney impertinent ? On aura tout vu !). Mais le plus gros des remaniements concerne le personnage principal, ce prince de Perse qui n’avait jamais eu de nom jusqu’alors et auquel on a considérablement développé l’histoire personnelle. Après un début rappelant furieusement celui d’Aladdin, la relation dépeinte avec son père adoptif, ses frères et son oncle apporte une dimension presque shakespearienne au héros, nous faisant penser notamment à Hamlet. Une excellente idée qui aurait véritablement gagné à être creusée -en tout cas davantage que cette absconse intrigue de destinée- sauf que, probablement en souvenir des erreurs du troisième Pirates des Caraïbes, on ne laisse plus ici le temps au Temps. Réduite à du fonctionnel, l’histoire voit en effet les séquences s’enchaîner à une cadence infernale sans possibilité de mise en place ou d’approfondissement, ce qui prive pour beaucoup le métrage d’une ampleur dramatique qui lui aurait pourtant été profitable.

Mais si les gamers pourront passer outre ces modifications, il est une trahison au jeu qu’ils ne pardonneront pas aisément : ses décevantes scènes d’action. Là où la saga vidéo-ludique s’est bâtie une réputation sur ses animations chiadées (le jeu original était un des premiers à utiliser la rotoscopie) et les prouesses physiques de son héros, présentées bien sûr dans une étourdissante continuité, le film opte pour un découpage au cimeterre retirant toute impression de fluidité aux cabrioles de Dastan. Nous savions que le réalisateur Mike Newell n’avait pas franchement de prédispositions pour ce genre de démonstrations mais tout de même, avec un matériau aux spécificités si marquées, nous espérions qu’il s’en inspirerait au moins un minimum. Et qu’il ne céderait pas à la manie des cadrages approximatifs pour paraître « dans l’action », tant qu’à faire. Las, l’entraînement au parkour de Jake Gyllenhaal n’aura en fin de compte été pour pas grand chose…

Prince of panier percé

Le réalisateur donne en fait le sentiment de se reposer sur sa débauche de moyens pour assurer le spectacle, et on comprendra aisément pourquoi en constatant les largesses consenties par la production. Quelques effets spéciaux bâclés mis à part, le reste du métrage fait donc montre d’une production value à tomber par terre, où fleurissent de magnifiques décors à la richesse rare. Dépaysant et de grande envergure, Prince of Persia : les Sables du Temps ne lésine pas sur les billets verts pour nous en mettre plein les mirettes et le choix de placer Newell aux commandes se justifie alors pleinement, le britannique faisant preuve du même bon goût visuel que sur son Harry Potter et la coupe de feu aux accents médiévaux. En contrepartie de quoi, pour ne pas prendre trop de risques, le film cède à quelques grosses ficelles et à un certain formatage. Il y a évidemment la question du discutable casting, outrancièrement occidentalisé pour ne pas effrayer les spectateurs d’Amérique du nord et d’Europe, et quelques lourdeurs dans les dialogues (voir comment Dastan nous explique le mode d’emploi complet de la dague) mais, heureusement, toutes les facilités concédées par le scénario ne conduisent pas à la débâcle. L’indispensable sidekick n’est ainsi jamais usant grâce au talent comique d’Alfred Molina et, plus fort encore, le jeu du chat et de la souris entre Dastan et la princesse Tamina fonctionne très bien grâce à l’alchimie que font naître les acteurs et leur réalisateur, lequel nous rappelle par ce biais qu’il avait livré une des meilleurs comédies romantiques jamais vues avec Quatre mariages et un enterrement. Et puis, avouons-le, la beauté envoutante de Gemma Arterton n’est pas totalement étrangère à cette réussite : même muette et dans la pénombre, elle continuerait sans peine de nous fasciner !

Malgré tout, et bien que l’idée ne manquait pas de nous intriguer au départ, confier ce Prince of Persia : les Sables du Temps à Mike Newell n’est finalement pas très porteur pour tous ceux qui attendaient une vraie adaptation de la fameuse licence. L’équipe Disney / Bruckheimer, comme ce sera d’ailleurs le cas avec L’Apprenti Sorcier, choisit de s’éloigner de sa source d’inspiration pour mettre en place leur propre trilogie et, pour cette raison, les gamers ne manqueront pas de tomber sur le film. Les autres trouveront un divertissement luxueux, emballé avec professionnalisme -ce qui n’exclue pas quelques erreurs- mais sans grande passion.

(retrouvez cette critique sur excessif.com)

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Freddy – Les Griffes de la nuit

16 mai, 2010

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Alors que des lycéens meurent dans des circonstances étranges, d’autres comprennent qu’ils sont en fait tous victimes de Freddy Krueger, un assassin à l’apparence terrifiante les attaquant dans leurs rêves. Ne pouvant rester éveillés éternellement, Nancy et ses amis vont donc devoir rapidement découvrir la vérité sur Krueger s’ils veulent le détruire avant qu’il ne les attrape

« Pour une fois qu’un reboot se justifiait, il est triste de voir l’opportunité foutue en l’air par un manque total de vision à la fois innovante et concluante. »

Platinum Dunes continue son entreprise de remise aux goûts du jour des grandes licences de l’horreur et, après un Vendredi 13 de triste mémoire, le studio s’attaque aujourd’hui à Freddy et ses Griffes de la nuit. Un reboot bienvenu et même indispensable, le boogeyman ayant vu son aura horrifique dilapidée au fil des ans et des film jusqu’à devenir un clown hystérique tout juste bon à amuser (et encore, pas toujours) la galerie. Et puisque que cette nouvelle version s’annonçait encore plus sombre et violente que l’original de Wes Craven, on y croyait. Parce que nous espérions plus que tout voir le père Krueger retrouver de sa grandeur passée. Las, ce Freddy – Les Griffes de la nuit trouve le moyen de se planter dans les grandes largeurs et même de saboter son icône de l’horreur.

Croquemitaine recherche charisme désespérément

Quand il donna vie à Freddy en 1984, Wes Craven avait en tête de créer le croquemitaine ultime, l’incarnation absolue du Mal. Un statut dû bien sûr à son terrifiant pouvoir (pouvoir attaquer dans les rêves) mais également à son passé de tueur d’enfants, impliquant que -même humain- Fred Krueger a toujours été une belle saloperie, un ogre au sens propre. Une dimension du personnage ayant complétement échappé aux auteurs de ce reboot, qui offrent comme nouveauté dans leur script de laisser planer le doute sur la culpabilité de Freddy avant que les parents d’Elm Street ne l’enflamment. Mauvaise pioche, car en renforçant ainsi l’aspect « vengeance » de son massacre de teenagers, Freddy perd son caractère universel pour rentrer dans le lot commun des boogeymen. Et comme si cette trahison (si, si, c’en est une) ne suffisait pas, il n’est pas mieux loti au niveau de sa représentation. Samuel Bayer, clippeur remarqué entre autres pour le Smells Like Teen Spirit de Nirvana, semble en effet incapable de magnifier son serial-killer des rêves et se contente de lui faire crisser les griffes, comme s’il n’avait retenu que ça de lui après huit longs-métrages. Mais ce n’est pas le pire.

Le pire, on l’atteint avec le sacro-saint élément caractéristique de Freddy : son maquillage. Le nouveau modèle, plus réaliste et qui paraissait intéressant sur le peu d’images dévoilées dans la promotion, se révèle en fait être une catastrophe tant il rend inexpressif le visage de son porteur. Et si Jackie Earle Haley (Watchmen) s’annonçait comme un choix porteur pour remplacer le légendaire Robert Englund, tout son talent est annihilé par le visage figé du croquemitaine. Ce dont il semble d’ailleurs parfaitement au courant vu comme il surjoue sans conviction de sa grosse voix d’outre-tombe (franchement pathétique en VF, mais à ce qu’il paraît la VO n’est pas mieux), achevant d’ôter au monstre le peu de dignité qui lui restait. RIP.

Un cauchemar… mais pas forcément celui attendu

A triste sir, enterrement misérable. En tant que premier long-métrage sur son CV, Freddy – Les Griffes de la nuit n’apporte donc que peu d’espoir quant à la suite de la carrière de Bayer, jamais convaincant ici. Nous avons déjà évoqué son incapacité à esthétiser Krueger, mais on touche vraiment le fond quand on s’aperçoit qu’il ne parvient jamais non plus à créer la moindre tension, sa conception du suspense se résumant à des jump scares prévisibles au possible. Peu inspiré, il déçoit encore avec les différentes mises à mort de la péloche (à l’exception tout de même du petit clin d’oeil final) qui sont soit d’une platitude déconcertante (un coup de griffe et c’est emballé), soit repompées sur le film original. Et en moins bien qui plus est, CGI et terreur ayant toujours fait mauvais ménage dès lors qu’on les utilise plus que de raison. Après la destruction du mythe du Freddy, ça fait qu’il ne reste plus grand chose pour sauver le film. Ce qui tombe très bien puisque, de toutes façons, il n’y a presque rien à y sauver. Le tableau continue ainsi de s’aggraver entre un script balourd, confus au point de ne pas savoir déterminer qui est son personnage principal (et les reshoots -voir la scène d’introduction avec la présence incongrue de Nancy- n’y changent rien), et une bande de comédiens mauvais comme des cochons, interprétant des rôles sans la moindre saveur.

Il n’y a donc vraiment pas grand chose de glorieux dans Freddy – Les Griffes de la nuit et pour une fois qu’un reboot se justifiait pour de vrai, il est triste de voir l’opportunité ainsi foutue en l’air par un manque total de vision à la fois innovante et concluante. Samuel Bayer nous rappelle que les clippeurs ne font que rarement de bons réalisateurs de longs-métrages et, avec le support d’un Platinum Dunes qui ferait bien de se reprendre après ses déconvenues à répétition, ils flinguent le retour tant espéré de notre croquemitaine adoré. Pourtant, vu la spécialité de ce dernier, nous aurions dû nous douter qu’il ne servait à rien de rêver…

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Robin des Bois

15 mai, 2010

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De retour des Croisades aux côtés de Richard Coeur de Lion, Robin Longstride et quelques compagnons d’armes sont témoins de l’assassinat du roi et de sa garde alors qu’ils sont toujours en territoire français. Voyant là l’opportunité de rentrer au plus vite chez eux, ils endossent l’identité des chevaliers et rentrent en Angleterre annoncer la mort de Richard. Mais Robin, devenu Sir Robert Loxley, est amené à conserver ce nom pour venir en aide au père du vrai Robert et à l’épouse de ce dernier, Marianne. Découvrant les conditions misérables auxquelles sont réduits les gens de Nottingham ainsi que l’imminence d’une invasion des français, fomentée par le traître Godefroy, il s’engage dans un chemin que son père avait tracé pour lui et qui l’amènera à devenir la légende que tous connaissent

« En l’état, il y a fort à parier qu’il faudra attendre un director’s cut pour que ce Robin finisse par faire mouche. »

Aussi inséparables que Robin et ses gais compagnons, Ridley Scott et Russell Crowe se retrouvent une cinquième fois pour signer une nouvelle adaptation de la légende de l’homme des bois, le voleur au grand coeur. Un projet fleurant bon le Gladiator et donc le bienvenu mais qui soulevait tout de même une question d’importance : comment diable, après tant de versions au fil des décennies, offrir quelque chose de neuf avec Robin des Bois ? Surtout que si les premières pistes étaient des plus étonnantes (Crowe jouant à la fois Robin et le shérif de Nottingham, par exemple), les différents remaniements scénaristiques semblaient ramener progressivement le film vers une approche bien plus commune. En fin de compte, Scott et sa team justifient l’affaire en s’attaquant aux origines du personnage, nous dévoilant comment Robin est devenu Robin des Bois. Une excellente idée, malheureusement un peu biaisée par le sens des priorités du réalisateur…

Ridley Scott, faiseur d’Histoire

Entré au panthéon des réalisateurs avec des classiques de la SF comme Alien, le huitième passager ou Blade Runner, on aurait pu en oublier que Ridley Scott a aussi un très fort attrait pour l’Histoire et sa représentation au cinéma, à laquelle il s’attelait déjà avec Les Duellistes (son premier long-métrage !) puis 1492 : Christophe Colomb (et sa monstrueuse partition de Vangelis). Il n’est toutefois vraiment remarqué dans le genre qu’à l’orée du troisième millénaire, quand sort un Gladiator pour lequel il réinvente son approche de l’image en un style qui deviendra indissociable de lui, un peu comme ce qu’avait fait son frangin Tony avec Ennemi d’État. S’étant depuis confronté à l’Histoire à plusieurs reprises et sous différentes facettes, Scott avait notre entière confiance pour livrer une vision convaincante du XIème siècle, doublée d’un spectacle de haute facture… et on ne s’y était pas trompé ! Dès les premières secondes du métrage, nous sommes emportés dans cette époque de conflits (comme dans les aventures de Maximus, on commence bille en tête dans une bataille) par la virtuosité de sa réalisation, le souffle épique qu’il applique à sa reconstitution. Chantre du réalisme, Ridley Scott réussit pleinement à ancrer son Robin des Bois dans un cadre crédible, solide, d’autant que lui et son directeur de la photographie John Mathieson -après Gladiator et Kingdom of Heaven- optent pour un rendu de l’image plus naturaliste, moins stylisé. Plus que jamais le réalisateur s’impose donc comme un talentueux historien armé d’une caméra, et le meilleur pour faire revivre le passé dans toute son intensité et sa grandeur.

L’histoire de l’homme (un peu trop) derrière la légende

Mais c’est justement là que se pose le problème : à trop vouloir inclure leur Robin des Bois dans une veine réaliste, Scott et son scénariste Brian Helgeland (Man on Fire, également réalisateur de Payback ou Chevalier) en oublient presque de s’intéresser à leur héros. Si le but premier est en effet de lever le voile sur les origines du personnage, difficile de dire qu’il soit vraiment mis en avant dans les deux premiers tiers du film tant l’intrigue doit tricoter pour mettre en place tous les éléments de la légende, sans oublier de conserver une certaine véracité historique (par exemple, la mort du roi Richard en France). En découle l’impression désagréable que, sur toute cette durée, Robin Hood n’est pas Robin Hood, pas même un Robin Hood en devenir (le véritable ennemi du film n’est même pas le Prince Jean mais Godefroy et ses potes français, c’est dire). Il a beau alors être entouré des célèbres Will Scarlett, Petit Jean et Frère Tuck, tous incarnés par une clique d’excellents comédiens les rendant immédiatement sympathiques, l’intérêt trop tardif du film pour sa quête personnelle ne lui fait entretenir que peu de rapports avec le voleur de Sherwood qu’il est censé être plus tard (ses origines et son combat contre l’exploitation du peuple n’entrent pour de bon en scène qu’au bout d’une heure trente). Sa cible manquée (un comble pour cet as du tir à l’arc !), le long-métrage parvient tout de même à nous passionner grâce à ses magnifiques interprètes mais il reste dommage de ressentir ainsi l’élaboration à tâtons du script, qui trouve en plus le moyen de gâcher ses bonnes idées comme ces orphelins partis vivre dans les bois et devenus des braconniers fantômes.

Ridley Scott nous prouve donc une nouvelle fois à quel point il est à l’aise lorsqu’il s’agit de faire naître l’Histoire sur pellicule, et livre un spectacle flamboyant comme nous l’espérions. Mais si la forme de Robin des Bois confine au génial, son traitement scénaristique est bien plus faiblard et nous convaincra que le projet aurait gagné à porter un autre nom, pour ne pas avoir à se raccrocher ainsi aux branches. En l’état, et comme ce fut le cas à l’époque avec Kingdom of Heaven, il y a fort à parier qu’il faudra attendre la sortie d’un director’s cut pour que ce Robin finisse par faire mouche.

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Green Zone

10 mai, 2010

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En 2003, Bagdad est sous l’occupation de l’armée américaine. A la recherche d’armes de destruction massive avec ses hommes, le commandant Roy Miller multiplie les échecs malgré des renseignements censés être fiables, approuvés même par le gouvernement des États-Unis. Ses supérieurs ne voulant pas réagir face à ces fiascos successifs, Miller se met à soupçonner qu’une vérité toute autre se cache derrière leur présence dans ce pays

« Plus creux qu’il n’y paraît. Mais si on craignait un « Jason Bourne en Irak », il n’en est finalement rien ».

Parce qu’il n’y aura probablement jamais de suite aux aventures de Jason Bourne, on pouvait aisément prendre ce Green Zone pour un palliatif réservé aux fans de l’espion à la mémoire qui flanche. Pensez un peu : la star de la saga est là, ainsi que le réalisateur de deux des épisodes, et il y avait surtout la communication autour du film, qui appuyait lourdement sur les similitudes avec les romans de Robert Ludlum. Une grossière astuce de vendeur de voitures d’occasion, desservant en fin de compte un film loin d’être parfait mais qui gagne à être reconnu pour ce qu’il est, sans chercher midi à quatorze heure (ou pire, des A.D.M. en Irak).

Full Metal Damon

Il était ainsi facile de prendre ce film pour un Jason Bourne bis, avec une bande-annonce qui montrait Matt Damon seul contre tous, poursuivi par le gouvernement. Une machine à tuer avec des états d’âme cherchant à lever le voile sur un sombre mystère. Clairement, tout ça s’embrayait dans une continuité logique avec la trilogie. Mais des les premières minutes du métrage, nos soupçons s’estompent quand nous comprenons que Paul Greengrass, responsable également de films plus « documentaires » comme Bloody Sunday ou Vol 93, veut en réalité faire un film de guerre, ou en tout cas sur la guerre. Ce n’est pas pour rien que la scène d’introduction reprend le climax de Full Metal Jacket, dynamité par la réalisation d’un Paulo nous ayant convaincu de sa très grande maîtrise de la shaky-cam depuis l’ébouriffant La Vengeance dans la peau. Comme si Green Zone se posait en tant que suite logique au long-métrage de Kubrick, modèle de la péloche réflexive sur le casse-pipe, en étendant sa remise en cause de la guerre (le manichéisme n’a pas pignon sur rue ici) à des thématiques plus modernes, au parfum de scandale (n’oublions pas que nous sommes à une époque où les tabloïds constituent le plus gros des ventes des librairies). Et même quand il délaisse un peu cette approche « film de guerre » pour s’assimiler davantage à un thriller d’action dans son dernier tiers, le nouveau Greengrass fonctionne sur une dynamique suffisamment différente de celle des Jason Bourne pour ne pas se perdre dans les méandres du coup commercial.

Enfoncer les portes explosées

Seulement voilà, plus on avance dans le film, et plus on s’aperçoit que celui-ci ne fait que brasser du vent. Ayant déjà abordé le 11 septembre sous un autre angle avec Vol 93, Greengrass voudrait cette fois fustiger les conséquences de cet événement et tout spécialement la politique du gouvernement américain, qui s’en est servi d’excuse pour s’installer au Moyen-Orient. Une volonté des plus nobles mais tournant malheureusement court. Le réalisateur joue la carte du mystère et du suspense au fil de l’enquête du commandant Miller et nous assène même quelques révélations (ou qu’il veut en tout cas comme telles) mais, au bout du compte, qui sera surpris d’apprendre qu’il n’y a jamais eu d’armes de destruction massives en Irak ? Que les États-Unis se sont installés dans un autre pays sous un prétexte fallacieux de leur propre cru ? Personne, si ce n’est l’américain moyen dont la seule fenêtre sur le monde est Fox News. Les autres auront l’impression de voir Greengrass donner des coups d’épée dans l’eau, vainement, d’autant plus qu’il n’aborde jamais le fond du problème, le « pourquoi ? » de cette invasion, quand bien même celui-ci donne son titre au film : la « zone verte ». Cet espace de luxe, calme et volupté dans un pays déchiré par la guerre, une oasis réservée aux exécutifs politiques et commerciaux américains avides d’exploiter les richesses de l’Irak sans passer par de coûteux intermédiaires. C’est là que Green Zone aurait pu faire ses classes de pamphlet utile, et c’est justement ce qu’il laisse de côté.

Le nouveau film du duo Damon / Greengrass est donc plus creux que ce que laissait paraître son sujet mais si nous craignions un « Jason Bourne en Irak », option paresseuse au possible, il n’en est finalement rien. Timoré, Green Zone demeure malgré tout bien rythmé et offre notre comptant de spectacle, ce qui ne va pas sans appuyer encore les lacunes de son scénario. Un divertissement troussé avec talent mais aussi vain thématiquement que la recherche d’A.D.M. en Irak…

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Iron Man 2

2 mai, 2010

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Six mois après avoir révélé au monde entier qu’il est Iron Man, le multimilliardaire Tony Stark continue plus que jamais de jouer les playboys insouciants même si son invention attire la convoitise d’un industriel concurrent, Justin Hammer, et celle du gouvernement américain. Mais Tony a d’autres problèmes, à commencer par son coeur artificiel dont un composant est en train de contaminer son sang, le condamnant à une mort certaine sous peu s’il ne trouve pas de solution. Et l’apparition de Ivan Vanko, génie russe revanchard travaillant à la création d’une armée de drones, ne va pas aider Iron Man à prendre sa retraite

« Favreau fait preuve du même intérêt pour son matériau, dommage qu’il n’en soit pas de même à l’égard des spectateurs »

Sorti il y a tout juste deux ans, le premier Iron Man s’était révélé être une bonne surprise et même un excellent film, ce qui n’était pas forcément gagné avec Jon Favreau au poste de réalisateur. Responsable des sympathiques mais pas inoubliables Elfe ou Zathura, il n’était pas dit en effet qu’il saurait rendre honneur au monde des comic-books mais, contre toute attente, sa passion pour le matériau d’origine était bien réelle, et son adaptation possédait une classe folle (souvenir ému de l’incroyable armure). Ayant parfaitement mis en place l’univers du super-héros de métal au détriment d’une action un peu chiche (le seul point noir du film), nous attendions alors tous que Iron Man 2 inverse la tendance et se lâche grave sur la pyrotechnie. Malheureusement, si Favreau fait toujours preuve du même intérêt énamouré pour son sujet, dommage qu’il n’en soit pas forcément de même à l’égard de ses spectateurs…

La passion du réalisateur

Malgré des scènes d’action vite expédiées (le climax aurait vraiment gagné à avoir dix minutes supplémentaires), Tony Stark en armure étant carrément trop fort, Iron Man parvenait à passionner ses spectateurs grâce à un Robert Downey Jr. charismatique en diable et, surtout, grâce à la vision de Jon Favreau sur cet univers, qui le développait dans un cadre réaliste n’en rendant la prouesse mécanique que plus incroyable. Et il continue ici de plus belle, approfondissant le portrait de son super-héros milliardaire qui, face à la promesse d’une mort imminente, brûle la chandelle par les deux bouts, multiplie les excès dans un élan autodestructeur jamais ridicule (merci mister Downey Jr.). On peut regretter que, contrairement à ce qui avait été annoncé au départ du projet, la piste de l’alcoolisme de Stark ait été abandonnée, mais le thème de la maladie permet néanmoins de travailler le côté borderline du personnage. Comme si ça ne suffisait pas, le réalisateur -armé du script ambitieux de Justin Theroux (Tonnerre sous les tropiques)- continue d’élargir à foison le monde de Tony Stark et le confronte à une multitude de nouveaux éléments : l’armée américaine voulant récupérer les plans de l’armure (un élément évoqué dans le précédent mais ici plus fouillé), l’apparition du richissime rival Justin Hammer, la place grandissante du S.H.I.E.L.D. et les prémisses de la formation des Vengeurs (n’oubliez pas de rester jusqu’au bout du générique de fin !), l’héritage paternel, le devoir envers sa compagnie et, bien sûr, l’arrivée d’un nouveau super-méchant, Whiplash aka Ivan Vanko. Autant de sujets que Favreau entremêle pour un résultat d’une grande richesse, excellente extrapolation sur les fondations du premier épisode et rendue d’autant plus passionnante que le casting est au poil (Sam Rockwell, Scarlett ‘chouing !’ Johansson, Mickey Rourke… la classe) à l’exception peut-être de Don Cheadle, visiblement mal à l’aise dans les pompes de Terrence Howard. Avec amour, le réalisateur -qui ne s’est pas donné pour rien le rôle de la « nounou » du héros dans le film- continue donc d’étendre sa vision du héros de son enfance. Et comme nous le savons, l’amour peut parfois être sacrément exclusif.

Les attentes du spectateur

Et pendant que Jon vit sa romance avec l’homme de métal (« juste à l’extérieur » dit-il timidement), nous, les spectateurs, sommes malheureusement un peu la cinquième roue de la Porsche Boxter. Parce que la passion de Jon Favreau pour Iron Man est dévorante et s’il continue d’oeuvrer pour le bien du personnage, il oublie en fait de capitaliser sur les bases du premier film pour nous offrir ce que nous attendions. A savoir un gros actioner déchirant tout sur son passage ! Rien de bien sorcier, juste ce que doit faire toute suite qui se respecte. Mais voilà, dans Iron Man 2, ces moments tant attendus de tôle froissée et de destruction massive se comptent sur les doigts d’une main. Trois scènes, ni plus, ni moins, réparties scientifiquement sur la durée du métrage (comprenez « début, milieu, fin ») : l’attaque de Whiplash lors de la course de F1 de Monaco, une baston entre Iron et War Machine puis, en toute fin, le climax où les deux s’associent contre une armée de drones. Heureusement celles-ci s’avèrent véritablement impressionnantes, remplies de plans ultra-iconiques (Mickey Rourke avec les voitures en flammes voltigeant derrière lui, le long travelling où les deux armures cassent du drone à tour de bras) et de reprises monstrueuses au comic (fans de l’armure, préparez-vous à rester bouche-bée devant l’armor suit !). Mais… voilà… il n’y en a que trois, et ça fait vraiment trop peu pour une suite. D’autant plus quand, tristement, l’affrontement final contre Whiplash est si vite plié…

A sa façon, Iron Man 2 pourrait donc être considéré comme une réussite tant il prolonge ce qui faisait les qualités du premier. Mais manque de pot, à développer avec trop d’affection cet univers, Jon Favreau passe à côté de ce qu’aurait dû être cette suite pour rattraper LA faiblesse de son prédécesseur. Difficile alors d’en vouloir à un type ayant perdu de vue ses objectifs par amour (allez, quoi, c’est beau l’amour !) mais tout de même, en sortant de la salle, faut avouer qu’on est un peu amer…

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Jonah Hex – trailer : ça défouraille au farwest !

1 mai, 2010

Parce que je ne sais pas m’arrêter quand il le faudrait (la raison a ses raisons que j’ignore complétement), voici la première bande-annonce pour Jonah Hex, adaptation d’un DC Comics avec du western fantastique au programme.

Bon, je vous la fais bref : tout ça a l’air pas mal du tout mais, méfiance, le réalisateur n’a oeuvré jusqu’à présent que sur le film d’animation Horton, soit un univers on ne peut plus éloigné de celui du chasseur de primes défiguré (et bien moins défiguré que dans la BD au passage, mais c’est une autre histoire). On devrait en tout cas pouvoir juger de son grand écart au début de cet été, Jonah Hex sortant le 18 juin aux States.

Josh Brolin tiendra le rôle-titre et sera rejoint au casting par John Malkovich sous le chapeau du méchant, Megan Fox dans les tenues sexy de l’indispensable prostituée / meneuse de revue, Will Arnett (Les Rois du patin), Aidan Quinn (Légendes d’automne) et Michael Fassbender (Inglourious Basterds).

Image de prévisualisation YouTube

 

Et en guise de petit bonus, voici la première affiche internationale du film !

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The Hole, Piranha 3D : les 80′s en force et en trailers !

1 mai, 2010

Allez, on se finit ces news du soir que je n’aurais pas dû faire (c’est pô sérieux) avec deux bandes-annonces pour des péloches sacrément attendues, qui ressusciteront cette année l’esprit des glorieuses 80′s ! Et pour être quand même un peu dans l’air du temps, ce sera en relief !

D’abord le Piranha 3D du frenchy Alexandre Aja (La Colline a des yeux), remake campy d’un classique de Joe Dante. Du beau monde dans la flotte (Elisabeth Shue, Ving Rhames, Christopher Lloyd, Dina Meyer, Jerry O’Connell, plus Richard Dreyfuss et Eli Roth dans des caméos), la promesse d’un spectacle ultra-gore et décomplexé du bikini… n’en jetez plus : le 25 août, on part tous pour le lac Victoria !

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Joe Dante encore, mais cette fois en personne puisque le réalisateur culte va faire son grand retour dans les salles obscures avec The Hole ! N’ayant pas tâté du long-métrage depuis Les Looney Tunes passent à l’action (en 2003, tout de même), le maestro revient avec l’histoire de deux frères découvrant un étrange trou dans la cave de leur nouvelle maison, trou menant à un monde où leurs cauchemars deviendront réalité… Chouette programme plébiscité par tous ceux l’ayant vu jusqu’à présent (les veinards, le film n’ayant aucune date de sortie où que ce soit) et dont ces premières images ne pouvaient mieux nous ravir : yep, ça fleure bon le Joe Dante de la grande époque !

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Batman 3, G.I. Joe 2 : gros été 2012 en perspective !

1 mai, 2010

Parce qu’il faut s’assurer une bonne place dans une période estivale embouteillée, les grands studios ont tendance à prévoir très tôt des dates de sortie pour leur plus gros blockbusters. C’est pourquoi, dès aujourd’hui, nous savons que nous ne verrons pas des masses le soleil courant été 2012, avec deux nouvelles énormes péloches s’ajoutant au Disney Brave (15 juin), à Star Trek 2 (29 juin), au Pixar Newt (courant juillet) et au reboot de Spider-Man (03 juillet).

Pour commencer, le producteur Lorenzo di Bonaventura a confirmé au micro de MTV Movies Blog que la suite de G.I. Joe est en bonne voie et qu’il espère pouvoir lancer le tournage au printemps prochain… pour une sortie à l’été 2012, vous avez tout compris. Le monsieur n’a rien de plus à ajouter (les scénaristes de Zombieland n’ont pas encore rendu leur copie) et en fait, après le premier volet, on se demande si on a envie d’en entendre plus…

En plus concret, et bien que le projet n’avait pas encore eu de feu vert officiel, la Warner Bros vient d’annoncer que la suite de The Dark Knight, toujours réalisée par Christopher Nolan et avec la même team, déboulera dans les salles obscures le 20 juillet 2012. Soit, à deux jours près, quatre ans pile après le précédent volet. Est-ce que ça leur portera bonheur ? On verra ça !

Rappelons juste que toutes les dates ci-dessus concernent les États-Unis mais, normalement, la France devrait être servie dans une fourchette très proche (et on peut même être parfois favorisés, comme pour Iron Man 2 que nous avons avec une semaine d’avance sur les USA !) à l’exception bien sûr des films animés Disney, qui sortent toujours avec un mois de retard chez nous.

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