Archive pour mars, 2010

Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléans

26 mars, 2010

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Quand il fut annoncé qu’un remake du Bad Lieutenant de Abel Ferrara était en préparation, la nouvelle en déconcerta plus d’un tant le film original est intrinsèquement lié aux obsessions de son réalisateur, à son style de déliquescence urbaine. Savoir de plus que Nicolas Cage remplacerait Harvey Keitel n’était pas pour nous rassurer, l’acteur n’ayant pas spécialement brillé ces dernières années et semblant avoir le chic de participer à des remakes hautement contestables (Bangkok Dangerous, Wicker Man). Sur cette base, Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléans s’inscrivait alors dans la tradition des projets inutiles et pète-gueule, les appelés à la médiocrité. C’était sans compter sur la participation de Werner Herzog, un artiste au travail pas toujours facile d’accès mais souvent intéressant, qui est parvenu à se détacher de son imposant modèle pour offrir quelque chose de neuf. Pas forcément palpitant, mais original.

Dans la Nouvelle-Orléans de l’après ouragan Katrina, l’inspecteur de la police criminelle Terence McDonagh enquête sur le meurtre d’une famille africaine par un caïd local. Mais entre une blessure au dos qu’il soigne à grand renfort de stupéfiants, une vie personnelle compliquée et une ville où la frontière entre Bien et Mal n’a jamais été aussi floue, Terence perd peu à peu pied avec le réel

Du remake annoncé, difficile en fin de compte d’en trouver la moindre trace dans ce Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléans dont seul le titre le relie vraiment au film de Ferrara. Si ce n’est que nous suivons dans les deux cas un flic dans sa descente aux enfers, tout diffère donc entre les deux longs-métrages et ce n’est pas plus mal. Il aurait en effet été idiot de vouloir refaire un film d’auteur pur et dur. Herzog et son scénariste ont ainsi eu la très bonne idée de déplacer leur intrigue dans une Nouvelle-Orléans ravagée il y a peu par une catastrophe naturelle, un cadre en phase avec l’actualité et inédit dans le paysage hollywoodien. Mais plus que de chercher à se montrer original, il s’agit d’établir un lien entre ce lieu tentant de se reconstruire et un personnage principal luttant pour ne pas se casser la gueule, chacun étant la force et la faiblesse de l’autre. Intéressante, cette approche pallie un peu au manque d’impact de l’effilochage mental du policier, mystique (quelques hallucinations barrées sont à prévoir) mais sans la valeur christique sulfureuse de chez Ferrara.

Heureusement, et même s’il se laisse aller en quelques occasions à un cabotinage qui nous rappellera à coup sûr sa performance dans Volte-Face, Nicolas Cage nous prouve combien il peut être convaincant lorsqu’il est bien dirigé. Toujours sur la corde raide, il erre dans ce paysage en ruines tel un fantôme halluciné, coké jusqu’aux yeux, et on ne l’a en fait pas senti aussi juste dans un rôle depuis Lord of War, qui date quand même d’il y a cinq ans.

Néanmoins, si toutes ces considérations sauvent le film du naufrage que nous redoutions, il souffre au final d’une intrigue trop balisée pour rendre l’ensemble vraiment prenant. Eva Mendes a beau traverser le métrage de sa beauté ensorcelante (et suffisant d’ordinaire à nous captiver en toutes circonstances), difficile de se passionner pour des articulations scénaristiques empruntées au tout-venant du genre, s’achevant qui plus est en une conclusion grotesque de facilité. Ce qui est bien sûr une façon pour Herzog d’appuyer son propos, cette façon insolente avec laquelle on peut se créer de faux-héros lorsqu’on en a besoin (voir les promotions pas franchement méritées du ripou de l’histoire), mais ce discours post-11 septembre n’est effectif que sur un plan thématique, pas cinématographique. D’autant que le réalisateur conserve la plupart du temps le filmage presque naturaliste que nous lui connaissons, ne le trompant qu’au détour de quelques séquences un peu plus expérimentales.

Pas vraiment haletant mais pas inintéressant non plus, Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléans se pose donc comme une curiosité de plus dans la filmographie de Werner Herzog, un faux-remake valant surtout pour ses thématiques et les retrouvailles avec le Nicolas Cage des grands jours. C’est peu mais c’est déjà ça, surtout au regard de comment tout cela s’annonçait.

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Moi, moche et méchant – trailer : les bad-guys ont bien changé en bien

25 mars, 2010

Il y a peu nous évoquions le cas de Megamind, un film d’animation dans lequel le héros n’est autre que… le super-méchant de l’histoire. Il faut croire alors que les Temps sont à l’inversion des rôles car avec Moi, moche et méchant, première production de Illumination Entertainment, nous aurons là encore droit à l’histoire d’un génie du mal pas si vilain que ça.

La chose s’annonce tout de même moins intéressante que le long-métrage made in Dreamworks Animation, ce Despicable Me (titre original) lorgnant davantage vers la comédie familiale que son concurrent direct. Nous y suivrons ainsi Groo, un super-méchant fomentant les plans les plus machiavéliques jusqu’au jour où trois orphelins débarquent chez lui, l’amenant petit à petit à dévoiler un autre aspect de sa personnalité… Moins tripant, c’est clair. Et ce n’est pas en vendant la 3D du film sur des images de montagne-russe comme dans cette nouvelle bande-annonce (la 3D doit justement éviter le côté « forain » pour s’imposer comme nouveau langage cinématographique) qu’ils nous attireront davantage.

Enfin, qui sait : entre la performance vocale de Steve Carell (remplacé par Gad Elmaleh sur la VF) et des minions rappelant fortement les lapins crétins, peut-être ce Moi, moche et méchant saura-t-il nous surprendre et nous dérider ? La réponse, vous la trouverez le 13 octobre dans les salles obscures !

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Paul W.S. Anderson s’envole avec Buck Rogers

25 mars, 2010

Paul W.S. Anderson, même s’il est loin d’être le meilleur réalisateur du monde, reste sympathique pour quelques-unes de ses péloches les plus réussies et l’enthousiasme qu’il met dans chacun de ses projets. C’est pourquoi il est toujours bon de savoir sur quoi il travaille et, alors qu’il peaufine le quatrième volet de la saga Resident Evil, il se disait qu’il enquillerait ensuite sur une nouvelle adaptation des Trois Mousquetaires, en 3D évidemment (oui, Les 3D Mousquetaires, c’est bien ça). Ce qui, franchement, est loin d’être excitant. Parce que même en relief, un chapeau à plumes reste un chapeau à plumes…

Heureusement alors pour l’Histoire de France, qui a déjà été tant de fois malmenée par le cinéma (la pauvre), Paulo ne devrait pas se lancer tout de suite sur cette relecture de Alexandre Dumas. Non, comme nous l’apprend Deadline New York, l’homme tâtera à la place de la science-fiction à nouveau en réalisant une nouvelle version de Buck Rogers, le premier héros avec un pistolet désintégrateur du monde de la BD. Un sujet dont il peut bien faire ce qu’il veut vu que par chez nous, l’histoire de ce pilote de chasse projeté dans le futur suite à un coma (sévère, le coma !) n’est pas très connue. On devrait ainsi s’éviter des déceptions comme Resident Evil ou Alien vs Predator !

Sachant que son Resident Evil : Afterlife doit être prêt pour une sortie américaine le 10 septembre prochain, Paul W.S. Anderson a évoqué un possibledébut de tournage pour Buck Rogers à l’automne.

Iron Man 2 – Poster : mais… mais c’est de la merde ?!

25 mars, 2010

Autant les couvertures de leurs comic-books peuvent déchirer, autant les affiches des films Marvel craignent en général sacrément du boudin. Le premier Iron Man n’avait pas dérogé à la règle, se confortant dans une inintéressante galerie de personnages, alors pourquoi en irait-il autrement avec sa suite ? Laquelle, en bon numéro 2 qui se respecte, pousse le bouchon toujours le plus loin comme le démontre son affiche internationale, qui multiplie par 2 les défauts constatés auparavant.

Bien que cela semblait impossible, les p’tits gars de la communication ont donc réussi à caser encore plus de monde sur ce poster de Iron Man 2, sans oublier d’adopter une construction la plus simple et plate possible. Du grand art. On notera tout de même que la Veuve Noire (Scarlett Johansson) échappe à la malédiction de la « tête volante » pour dévoiler ses formes scandaleuses (bah oui, une affiche, ça sert à vendre) et que Mickey Rourke a droit à une jolie explosion sur laquelle ses fouets-laser se détachent à merveille. Du grand art, qu’on vous dit !

Enfin, à n’en point douter, le film sera plus sympathique que ce qu’en reflète sa promotion, donc ne désespérons pas et, de pied ferme, attendons le 28 avril !

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p.s. : Je m’excuse mais en fait, il manque du monde sur cette affiche ! Aveuglé par sa laideur, je n’avais pas remarqué que Sam Rockwell (qui jouera le milliardaire Justin Hammer, concurrent de Tony Stark) était absent du visuel… ce que je peux être mauvaise langue, parfois…

News en vrac : Austin Powers 4, Captain America, Spy Kids 4, Melancholia,…

24 mars, 2010

- Actuellement en train de finaliser la pré-production de Transformers 3 en vue d’un tournage à la fin du printemps, Michael « Awesome ! » Bay a lâché quelques confessions sur le projet par le biais de son site officiel. Nous savons ainsi qu’un nouveau robot fera son apparition et aura la forme d’une Ferrari (Michael aime les « belles » voitures), mais également que John Malkovich, Frances McDormand (Fargo) et Ken Jeong (Very Bad Trip) rejoindront le casting. Ce qui, déjà, est bien plus intéressant.

- Après le gigantesque flop Love Gourou, Mike Myers essaiera de retrouver les faveurs du public en donnant une quatrième aventure à l’espion le plus sexy de sa majesté, Austin Powers. Evoqué depuis quelques temps, on aurait pu craindre que le projet ne soit tombé à l’eau mais Jay Roach, réalisateur des trois précédents, nous rassure : Myers travaille en ce moment au scénario et ne devrait pas oeuvrer en vain, le studio étant très intéressé par cet Austin Powers 4 ! Bon, maintenant on attend de voir !

- Lars von Trier a secoué le monde du cinéma il y a peu avec son Antechrist et, loin de vouloir revenir à ses drames minimalistes, le danois fou s’attaquera d’ici quelques mois à un long-métrage d’envergure (en tout cas sur le papier) avec Melancholia. L’histoire de la fin du monde, provoquée par la rencontre de la Terre avec une autre planète… A surveiller de très près.

- Un temps attaché à John Woo puis Paul W.S. Anderson avec The Rock dans le rôle principal, l’adaptation du jeu vidéo Spy Hunter pourrait bien ne pas être aussi morte que nous le pensions. En effet, Warner a racheté il y a peu l’éditeur Midwayet par conséquent, en plus d’un nouveau Mortal Kombat, le studio cherche à rentabiliser ses nouvelles licences. Un scénariste est d’ores et déjà à l’oeuvre, et on lui souhaite bien du courage pour réussir à tirer quelque chose de potable d’un matériau si bas-du-front.

- Autrefois apparu sur grand écran sous les traits de Robin Williams, Popeye le Marin reviendra prochainement y faire un tour pour nous enseigner les bienfaits des épinards et de la pipe (à fumer, hein) ! C’est Sony qui chapeaute la chose et, ayant retenu la leçon des nombreux ennuis que rencontra la version live de Robert Altman, décision a été prise de le faire intégralement en CGI. Sage décision.

- Enfin, ils ont trouvé leur Captain America ! Après avoir fait durer le mystère et cité les noms d’acteurs pas franchement connus, Joe Johnston (Wolfman) et Marvel ont joué la sécurité en choisissant finalement Chris Evans pour cette délicate mission, c’est à dire un comédien déjà familier du monde des super-héros (il était la Torche dans Les 4 Fantastiques) et paraissant en même temps familier au grand public. La sécurité avant tout, voilà un crédo parfait pour ce réac’ de Cap’ !

- La trilogie achevée, on aurait pu croire que Robert Rodriguez en aurait fini avec ses Spy Kids mais non : le réalisateur travaille en ce moment sur le quatrième volet, Spy Kids 4 : All the Time in the World, qui sortira aux States le 19 août 2011. Toutefois, les héros des précédents films ayant grandi (et joliment en ce qui concerne Alexa Vega), cet épisode introduira de nouveaux personnages et sera donc un reboot. Et puisque Rodriguez fut l’un des premiers à vouloir ramener le relief dans les salles obscures (même si c’était avec la vieille technologie toute pourrie), ce ne sera que justice que son nouveau projet soit en 3D.

Red State : Kevin Smith en tournage cet été !

24 mars, 2010

Connu pour ses comédies aux dialogues percutants, Kevin Smith s’échine depuis maintenant trois ans à mettre sur pieds Red State, un film d’horreur sans la moindre once de second degré. Un virage à 180° pour le réalisateur de Dogma ou Jay et Bob contre-attaquent qui explique peut-être les difficultés rencontrées pour le financer et, après en avoir appelé à la générosité des internautes (sans succès, faut pas déconner), Smith avait semble-t-il fini par trouver des collaborateurs prêts à produire cet objet de curiosité.

Information confirmée aujourd’hui par ShockTillYouDrop, en précisant de plus que le réalisateur va mettre entre parenthèses son Hit Somebody (un film sur le hockey avec Sean William Scott) pour tourner Red State dès cet été ! Nous devrions donc pouvoir découvrir ce slasher inspiré d’un fait réel (le massacre de plusieurs personnes par des catholiques extrémistes) dès l’année prochaine, et ce n’est pas trop tôt !

En attendant nous pourrons découvrir le dernier effort de Kevin Smith, le buddy-movie Top Cops (avec Bruce Willis et Tracy Morgan), dès le 23 juin prochain dans les salles obscures.

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Bleach : bientôt au cinéma… en live ?!!

23 mars, 2010

Une adaptation, en soi, c’est déjà difficile à accomplir. Mais il y a des cas où la réussite est encore plus improbable et, dans le genre, les adaptations de mangas par Hollywood se posent comme le top de l’entreprise casse-gueule. Rien que l’année dernière, nous en avons eu deux exemples cinglants avec les pathétiques Dragon Ball Evolution et Blood : The Last Vampire (adapté lui d’un anime, mais ça revient au même), aussi éloignés de leurs sources d’inspiration que cinématographiquement inintéressants. Toutefois, le producteur hollywoodien est un animal coriace, et il en faudrait bien plus pour lui faire lâcher le morceau.

La Warner Bros, déjà empêtrée dans sa version live de Akira, s’ajoute ainsi un nouvel Everest avec le projet de porter sur les écrans Bleach, le shonen de Tite Kubo. Plus facilement adaptable à priori qu’un Dragon Ball, ne serait-ce qu’en raison de son cadre « réaliste », l’opération n’en reste pas moins délicate pour rendre tout ça crédible et au moins aussi efficace dans un long-métrage classique. Quant aux modifications apportées au matériau d’origine pour ne pas choquer le spectateur américain lambda (attendez-vous à ce que Ichigo soit renommé Steve et vive dans le MiddleWest ou un truc du genre), n’en parlons même pas…

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Et tout ça commence plutôt mal puisque, selon Heat Vision, la seule personne contactée pour l’instant par le studio est Peter Segal, réalisateur de Y-a-t-il un flic pour sauver Hollywood ? et plus récemment de Max la Menace. Des films très sympa (voire carrément culte pour le troisième opus de Frank Drebin) mais loin de ce que l’on imagine pour Bleach. Heureusement, Segal ne devrait être que producteur sur ce manga-live, mais il y a fort à parier qu’il faille se préparer au mieux à une grosse crise de rire, au pire à un torrent de chaudes larmes…

Percy Jackson le voleur de foudre

20 mars, 2010

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Avec le succès pour le moins monstrueux des différents épisodes de Harry Potter, chaque studio s’est pris à rêver d’avoir sa propre juteuse licence tirée de la littérature pour kids. C’est ainsi que nous avons vu pulluler les adaptations ces dernières années, avec plus ou moins de bonheur : Le Monde de Narnia et sa suite, Coeur d’encre, A la croisée des mondes, L’Assistant du vampire, Les Portes du Temps, l’allemand Bibi Blocksberg, Les Chroniques de Spiderwick et encore beaucoup d’autres. Aujourd’hui c’est à la Fox de réitérer l’expérience avec Percy Jackson le voleur de foudre, premier volet d’une série de romans écrits par Rick Riordan faisant cohabiter notre monde moderne avec la mythologie grecque. Et histoire de bien marcher dans les lucratives traces du sorcier binoclard, le studio d’imaginer alors ce film comme un calque du premier HP, au point d’aller jusqu’à embaucher Chris Columbus pour assurer la réalisation. Il va sans dire que, parti sur une telle base, Percy Jackson avait déjà du plomb dans l’aile.

Percy Jackson est un adolescent comme beaucoup d’autres à ceci près que, sans savoir pourquoi, il a une affinité particulière avec l’eau. Il en découvre la raison le jour où il apprend qui est son père : Poséidon, dieu des océans. Mais loin de se réjouir, il apprend également que les dieux le soupçonnent d’avoir volé la foudre de Zeus, l’arme la plus puissante de l’Olympe. Devant prouver son innocence et libérer sa mère des griffes de Hadès, Percy et ses amis s’engagent alors dans une aventure dont dépendra le sort du monde

Dès les premières minutes du métrage, la ressemblance avec le blockbuster littéraire de J.K. Rowling et son adaptation ciné saute aux yeux. Percy, même s’il est un peu plus vieux, est comme Harry un « enfant » menant une vie difficile, se sentant différent des autres même s’il ne sait pas vraiment pourquoi, et capable de choses extraordinaires qu’il ne s’explique pas plus. Mais en dépit de ces traits communs, Percy Jackson parvient à nous captiver de par ses influences mythologiques qui réservent quelques scènes bien prenantes. La sortie des eaux d’un Poséidon gigantesque et majestueux, l’attaque nocturne du Minotaure, une harpie agressive à souhait, autant d’instants que Chris Columbus emballe avec un savoir-faire rôdé aux grosses machines pétées de thunes. De l’ampleur, du spectaculaire, tout ce qu’il faut pour oublier un postulat pas vraiment original. Puis arrive le moment où notre jeune héros apprend qu’il est un demi-dieu et, plutôt que de se retrouver embringué dans une aventure palpitante, est conduit… à l’école secrète des apprentis-héros. Là, difficile de fermer les yeux sur les « similitudes » avec Harry Potter, surtout que ce qui fonctionnait chez les sorciers ne va pas de même chez les héros (pour information, le terme « héros » était à l’origine indissociable du statut de demi-dieu). Parce qu’il ne s’agit que d’une étape, supposément formatrice du jeune Percy mais en même temps trop vite survolée pour rendre son évolution intéressante, voire vraisemblable. En résulte un abandon d’intérêt du spectateur pour le personnage principal, suivi de très près par un abandon semblable pour l’intrigue.

Parce que si le film poursuit au départ un ligne très claire avec le vol de la foudre de Zeus, Percy devant se disculper de ces fausses accusations, l’histoire bifurque ensuite sur toute autre chose avec la quête pour sauver la mère du héros des griffes d’Hadès. Nous avons alors droit à un Dragon Ball bidon où nos trois ados traversent les États-Unis pour retrouver des « billes magiques », qui leur permettront de s’échapper de l’Enfer une fois qu’ils y auront récupéré la captive. Les considérations premières, pourtant omniprésentes dans le titre (ça s’appelle tout de même « le voleur de foudre »), ne sont alors plus d’actualité, et le glissement des enjeux déséquilibre l’ensemble. C’est donc en toute logique que la conclusion de Percy Jackson ne nous convaincra pas, résolvant le problème d’une manière presque insultante tant la révélation est éventée depuis longtemps et le climax vite torché, la péloche ayant perdu un temps fou à vouloir faire tenir un maximum du livre en un minimum de temps. D’autant qu’une fois les trois jeunes héros en vadrouille sur la route, les séquences qui s’en suivent n’ont rien de franchement excitant. Pire, il leur arrive même de tomber dans le grotesque (la méduse interprétée par Uma Thurman) ou le franchement rébarbatif (Las Vegas et son esthétique digne d’un clip de Lady Gaga, qui fournit d’ailleurs la musique pour la hype). Et ce ne sont pas les personnages principaux qui permettront de rehausser cette marmelade, chacun étant cruellement stigmatisé par le rôle qu’il doit jouer : Percy est aussi propre sur lui que plat, Grover est le « black de service » tout juste bon à faire des blagues, être cool, et Annabeth est simplement ridicule dans son incarnation d’une amazone sauvage et indomptée.

En plus donc de ne pas même chercher à camoufler sa forte inspiration dans le gros succès de ces dernières années, Percy Jackson le voleur de foudre n’est pas plus fichu de recopier correctement sur son petit camarade et sabote un univers pourtant prometteur, servi par un casting pour le moins classieux (et sous-exploité, bien évidemment). N’ayant pas non plus fait se déplacer les spectateurs en masse, il est relativement incertain que l’on voit un jour une suite débarquer dans les salles obscures, ce dont nous ne nous plaindrons pas. Hé oui, n’est pas Harry Potter qui veut.

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