Nine

nine_daniel_day-lewis_penelope_cruz_marion_cotillard_nicole_kidman_kate_hudson_fergie_rob_marshall_affiche_poster

 

Avant de s’embarquer pour les mers bleues de Pirates des Caraïbes 4, le réalisateur de films aussi discrets que Chicago et Mémoires d’une geisha a trouvé le temps de réaliser une petite comédie musicale, en toute simplicité. L’adaptation d’un show de Broadway, Nine, sorte de prolongement au 8 ½ de Federico Fellini. Et c’est donc en toute simplicité que Rob Marshall a convié à sa recréation fantasmée de l’Italie des 60′s un casting féminin à se damner, promesse d’un spectacle caliente qui nous en faisait presque oublier la présence de Daniel Day-Lewis dans le rôle principal. Ce qui aurait été dommage car si les femmes sont belles et l’ambiance à la fête, le réalisateur tourmenté par ses turpitudes est bien ce qui finit par tirer le film vers le haut.

Guido Contini est la star des réalisateurs italiens, le « maestro ». Pourtant, son supposé génie est en panne-sèche alors qu’il doit entamer le tournage de son prochain film dans une semaine, sans scénario ni même idée directrice. Car Guido est tourmenté, tourmenté par les femmes de sa vie et la manière dont il les a traitées. Tout en donnant le change à la production, le metteur en scène va donc tenter de faire le point sur son existence mais, à vouloir tout avoir, il pourrait bien tout perdre

Au regard de ses précédents efforts, il est évident que Rob Marshall n’est pas du genre à faire de petits films. Adepte d’un cinéma fastueux et léché, il aime à naviguer dans un classicisme démesuré et, en cela, il était donc l’homme de la situation pour Nine, qui se propose de ressusciter l’Italie de Fellini et tutti quanti tout en rendant hommage à la folie créatrice de cette époque. Si l’on ne s’attarde alors pas trop sur une représentation « carte postale » typiquement hollywoodienne, on pourra se laisser charmer par cette vision du pays des pastas où, au détour de certaines scènes, sont même faites des références directes aux moments les plus marquants du cinéma italien. Mais, quitte à passer pour un vicieux, disons-le franchement : ce qui fait vraiment le charme de la botte italienne, ce ne sont pas son architecture ou ses paysages mais bien ses femmes. Et même si Sophia Loren est finalement la seule à pouvoir se targuer d’en être une vraie, Marshall nous donne le change en réunissant quelques-unes des plus belles actrices actuelles. Penelope Cruz, Marion Cotillard, Kate Hudson, Fergie, Nicole Kidman (bon, j’ai un problème avec celle-là, mais elle a ses fans), toutes entourées de pulpeuses danseuses n’en rendant que plus glamours leurs numéros musicaux. Un vrai régal pour les amoureux des formes féminines, Cruz et notre petite française ayant en particulier des chorégraphies et costumes on ne peut plus suggestifs.

Mais voilà, en dépit de cet attrayant emballage, c’est justement la partie « spectaculaire » du long-métrage qui va lui mettre du plomb dans l’aile. La comédie musicale. Car sans même parler de la qualité des chansons, pas inoubliables mais pas inaudibles non plus, il faut bien avouer que cet aspect de Nine peine à se montrer convaincant. La faute à une structure à la rigidité incompréhensible dans un tel contexte, chaque personnage donnant de la voix à tour de rôle en solo… et puis c’est tout. En résulte alors parfois l’impression désagréable que ces numéros musicaux sont désolidarisés de l’ensemble, d’autant que certains sont complètement accessoires et ne font avancer en rien le schmilblick, imposant juste aux spectateurs de dispensables pauses dans la narration. Rob Marshall ayant en plus décidé de faire jouer la plupart de ces scènes dans un décor unique (où seuls quelques éléments changent en fonction du thème de la chanson), le plateau de Cinecittà où Guido Contini doit tourner son propre film, le sentiment de tourner en rond finit par s’imposer à nous.

C’est alors que Daniel Day-Lewis entre en jeu. Et heureusement qu’il est là parce que sans lui, il y a fort à parier que la péloche aurait coulé à pic. Acteur dont l’immense talent n’est plus à démontrer, nous le découvrons ici pour la première fois dans un registre plus léger, presque comique parfois. Un bonus valant largement la danse lascive de Penelope Cruz (c’est dire) tant il s’y révèle excellent, composant un personnage de réalisateur torturé par son sang chaud de latin, à la fois humain, drôle et crédible. Et pourtant on aurait facilement pu tomber dans le cliché avec un tel rôle, l’image du réalisateur italien étant devenue un concept à part entière, mais la découverte d’un Daniel Day-Lewis jouant si bien de la dérision permet d’éviter cet écueil tout en conférant à l’histoire un réel intérêt. On aurait bien sûr aimé que l’intrigue se focalise davantage sur les affres de la création plutôt que sur ceux de la fornication, pour la simple raison que les scènes concernant ce sujet comptent parmi les plus réussies du film (spécialement les échanges avec Judi Dench, costumière et confidente de Guido, qui respirent d’une connivence pleine de naturel), mais malgré une progression cahoteuse, suivre le comédien sous ce jour inhabituel suffit à nous faire passer outre les notes les plus poussives de cette comédie musicale.

En fait, Nine est à l’exact opposé de la précédente comédie musicale de Rob Marshall, Chicago, qui offrait des numéros chantés et dansés entraînants mais se plantait au bout du compte à cause d’un scénario lénifiant au possible, de personnages exaspérants. Ce nouvel effort est donc plus recommandable, en grande part grâce à la présence de Daniel Day-Lewis et d’actrices plus charmantes que jamais, mais sa partition est vraiment trop discordante pour que la mélodie nous reste en tête. Malgré donc sa formation de chorégraphe, la comédie musicale au cinéma ne sied décidément pas à Rob Marshall. Une chance que Jack Sparrow n’ait pas pour habitude de pousser la chansonnette…

sanstitre2.jpg  sanstitre11.jpg  sanstitre3.jpg

2 Réponses à “Nine”

  1. tiniere dit :

    hé bien voilà un film ou je me suis fais c…. ils sont beaux mais cela ne suffit pas!
    7/20 bo à déconseiller

  2. pitouwh dit :

    J’sais pas, le numéro de Penelope Cruz est quand même ultra, ultra chaud…

Laisser un commentaire