Dragon Ball Z : Attack of the Saiyans

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Tandis que certaines adaptations de licences manga peinent à sortir chez nous et que Naruto, One Piece ou Bleach ne sont présents que depuis peu sur les consoles européennes, nous sommes bien mieux lotis en ce qui concernent Dragon Ball et sa suite DBZ. Parce qu’en plus d’être une des pièces-maîtresses du shonen et une des franchises à avoir généré le plus de merchandising, la création d’Akira Toriyama fut véritablement le cheval de Troie qui permit à l’animation japonaise -puis les mangas- de prendre place sur le marché français. Un statut bien particulier ayant fait que, depuis des années, les jeux vidéos estampillés à l’image de Goku et ses potes fleurissent chez nos revendeurs. Manque de pot, on ne peut pas dire pour autant que quantité signifie qualité et hormis quelques jeux de combat des plus recommandables, force est donc de reconnaître que la déception était toujours au rendez-vous dès qu’il s’agissait d’aborder un autre genre. Un constat que Dragon Ball Z : Attack of the Saiyans vient contredire avec la force d’un kaméhaméha en pleine poire !

A cela une raison très simple : ce jeu, c’est celui que nous espérions depuis toujours (moi c’est sûr, en tout cas). C’est à dire un RPG old-school, seul genre vidéo-ludique apte à nous faire revivre l’intrigue originale tout en nous y impliquant pour de bon. Non pas qu’aucun soft de la sorte n’ait jamais été programmé, il y en a même une flopée une Japon, mais les distributeurs considéraient en fait le risque trop grand pour les importer chez nous. Parce que pendant longtemps, dans leur esprit, il n’y avait pas de marché pour les jeux de rôle sur le vieux continent, et au mieux il fallait donc se contenter de jeux d’aventure-action certes sympathiques mais également vite lassants. Un manquement que rattrape désormais ce nouveau jeu en adoptant un gameplay bien connu, calqué sur le modèle des premiers Final Fantasy. Au point même d’ailleurs, preuve ultime de ce désir de retour à des sensations de jeu à l’ancienne, que DBZ : AotS ne requiert en aucune façon l’écran tactile de votre DS. Pas d’innovations à la Magical Starsign ici, vous pouvez ranger votre stylet. Il y a bien alors quelques idées grappillées à droite ou à gauche pour rendre les combats plus dynamiques (appuyer au bon moment sur la touche correspondante pour que votre combattant se mette en garde) et tactiques (système de combos quand les personnages sont en « furie ») mais, dans l’ensemble, le manque d’originalité déplaira certainement aux gamers ne jurant que par l’innovation. Dommage pour eux, c’est qu’ils seront passés à côté du véritable intérêt de cette cartouche.

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Car c’est justement dans cette simplicité que DBZ : AotS va puiser tout ce qui fait sa force d’addiction, à commencer par le plaisir innocent de booster ses personnages à mort. C’est vrai, je vous le demande, quel plus grand plaisir y-a-t-il dans un RPG que de faire du leveling ? Rien, cela va de soi. Et à ce petit jeu le nouveau DBZ s’en sort haut la main en proposant un système sans fioriture mais diablement efficace et lisible, permettant de customiser ses héros comme on l’entend. Passer un niveau signifie ainsi augmenter ses stats mais en plus gagner des points-bonus, à répartir selon votre convenance, auxquels s’ajoutent encore d’autres points servant à upgrader ou acquérir de nouvelles techniques, augmenter les barres d’énergie et de ki, développer à foison les capacités,… Comme dans tout bon jeu de rôle qui se respecte, on prend son pied à faire des allers-retours dans les donjons plutôt que de filer en ligne droite (d’autant que ces donjons aux énigmes pour enfants de 7 ans sont plutôt réduits), juste pour avoir la satisfaction que vos personnages soient aussi balèzes que leurs modèles. De quoi rallonger une durée de vie pas franchement extraordinaire due à la facilité de l’aventure (on peut la plier en moins de 20 heures) même si quelques quêtes annexes à l’intérêt variable sont tout de même présentes, comme par exemple « collectionner » les ennemis en les emprisonnant dans un auto-cuiseur grâce au Mafuba de Ten Shin Han.

Mais la raison pour laquelle on apprécie tant d’errer dans les décors du jeu, c’est peut-être parce que celui-ci retranscrit l’univers graphique de Toriyama avec un charme convenant parfaitement aux capacités de la petite DS. Les phases de combat en particulier, avec des sprites énormes et détaillés plus, cerise sur le gâteau, les voix originales de l’anime qui nous feraient presque oublier la musique insipide. Après, il est sûr que notre avatar lors des déplacements ressemble plus à un amas de pixels qu’autre chose (il n’y a guère que Piccolo qui soit rigolo avec sa cape au vent) mais, dès qu’on laisse promener son regard, ce regret est alors compensé par un environnement aussi coloré que fin, plein de références à l’oeuvre du mangaka. Du fan-service qui fait bien plaisir, et on s’amusera donc de découvrir sous un nouvel angle les lieux célèbres de la saga, plus quelques autres inédits s’y intégrant sans heurt, en tout cas visuellement. Car forcément, en voulant faire un jeu ne tournant qu’autour de « l’attaque des Saiyans » (l’histoire va jusqu’au combat contre Végéta sur Terre), les développeurs ont été obligés de manipuler la trame principale pour l’étoffer. Quitte à parsemer la progression d’incohérences scénaristiques (pourquoi diable Goku vient-il aider ses amis à chercher les Dragon Ball qui doivent servir à le ressusciter ?) ou inhérentes aux mécaniques de jeu (des personnages sachant voler sont stoppés par un pont cassé…), mais c’est la structure même de l’aventure qui pourrait déconcerter avec son fonctionnement en chapitres où, bien souvent, nous n’avons accès qu’à un nombre limité de personnages, en fonction des besoins de l’histoire. Certains ont ainsi regretté que les premières heures de l’aventure se fassent sans Goku, en suivant Krilin, Yamcha et Ten Shin Han dans des scénarios imaginaires, mais ces moments et ceux qui suivront sont finalement loin d’être les plus désagréables. Ne serait-ce que parce que leur déroulement nous est inconne. En effet, autant on prend un plaisir simple mais réel à jouer à DBZ : AotS, autant la progression de l’histoire peut être rébarbative au possible lors de dialogues que nous connaissons par coeur, avec une réalisation/animation statique et un décalage quasi-constant entre les dires des personnages et leurs expressions faciales.

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Ne pouvant donc prétendre à être un des meilleurs RPG au monde, Dragon Ball Z : Attack of the Saiyans peut au moins se targuer d’en utiliser la forme classique avec une efficacité indéboulonnable. Ce qui suffit, déjà, à en faire la meilleur adaptation vidéo-ludique du chef d’oeuvre de Toriyama, jeux de combat exceptés. Pas mal du tout. Et si vous êtes fans de DBZ et de RPG, il y a fort à parier qu’à la fin de celui-ci vous n’en pourrez plus d’attendre le prochain volet, qui nous emmènera sur Namek pour un affrontement dantesque contre le légendaire Freezer ! Fu-fu-fu !

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