Tamagotchi, le film

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Vous souvenez-vous des Tamagotchis, ces jouets électroniques en forme d’oeuf sortis à la fin des années 90 et consistant à élever des créatures virtuelles ? Hé bien si la mode s’est quelque peu essoufflée chez nous, il n’en va pas de même dans leur pays d’origine où ces petites bestioles ont continué de proliférer, bénéficiant même de leur propre série animée. Un succès leur ayant permis de débouler dans les salles nippones en 2007 avec un premier long-métrage, puis un second l’année suivante. Bizarrerie de la distribution, c’est celui-là même qui nous arrive aujourd’hui, Tamagotchi, le film : la plus belle histoire de l’univers. Et comme vous vous en douterez, c’est à réserver à un très, très jeune public…

Tout va pour le mieux sur la planète des Tamagotchis où Mametchi et ses amis attendent impatiemment la venue de la bibliothèque volante à leur école, avec ses livres magiques dans lesquels on peut plonger et vivre des aventures merveilleuses. Un plaisir qu’aucun petit tamagotchi n’est prêt à se refuser, à l’exception du solitaire et tristounet Kikitchi. Mais il y a plus grave car celui-ci entend un appel à l’aide venir d’un des livres

Avant toute chose il est bon de préciser un point crucial concernant les Tamagotchis : en dépit des apparences, ce ne sont absolument pas des animaux de compagnie, même imaginaires. Le fabricant Bandai a en effet été très tôt confronté à un mini-scandale, les spécialistes de l’enfance craignant que la faculté de résurrection des créatures virtuelles ne perturbent l’esprit des bambins. C’est bien connu : si la mort de mon Tamagotchi n’a rien de grave, pourquoi ne pas essayer avec le pauvre Médor ? Un raisonnement un peu hâtif que Bandai a contourné en prodiguant une mythologie à ses créatures (relayée par la série), où la mort est exclue puisqu’elles viennent en fait d’une autre planète et y retournent quand elles disparaissent de notre écran… Vous trouvez l’argument un peu lourd et simpliste ? Il faudra vous y faire, car c’est pile le genre d’énormités que l’on retrouve dans Tamagotchi, le film. On y parle d’amitié, de quête du bonheur, de plaisir de la lecture (on en profite aussi pour faire la pub d’un géant du fast-food américain), ce qui en soit est très bien, mais le tout est exécuté avec un traitement à la truelle qui le destine clairement aux spectateurs de moins de cinq ans. Il faut voir comment un gag second degré très répandu dans les mangas -les yeux « brillants »- est ici utilisé sans aucun recul humoristique, pour comprendre à quel point le film s’acharne à être le plus accessible possible, à transmettre émotions et informations sans la moindre finesse. Dès lors le design des personnages, déjà pas gâtés de par leur inspiration des jouets, paraîtra hideux à n’importe qui ayant quitté les bancs de la maternelle (mais pourquoi cette petite ampoule aux yeux exorbités ?) quand il s’agit là encore de capter au plus vite l’attention des gamins, avec des formes et des couleurs facilement identifiables.

Toutefois, sur un plan purement technique, Tamagotchi, le film présente quelques jolies choses comme par exemple une utilisation agréable du cel-shading. Bien sûr elles ne sont pas souvent mises en valeur ici, si ce n’est au cours du climax où le monde se déchire comme les pages d’un livre, mais ce savoir-faire visuel laisse présager du très bon pour le projet suivant du réalisateur Joji Shimura avec le studio Oriental Light and Magic, puisqu’ils se sont chargés de l’adaptation animée du jeu vidéo Professeur Layton. A défaut donc de trouver un quelconque intérêt ici, les membres les plus âgés du public pourront toujours voir l’aventure de Mametchi et ses amis comme un bon augure (ne serait-ce que technique) pour Professeur Layton et la Diva éternelle !

Bon, il faut alors vous faire une raison : même si vous aviez adoré élever et vous promener avec votre Tamagotchi il y a de cela plus de dix ans, ce long-métrage ne vous fera revivre en rien le plaisir simple d’avoir un compagnon de jeu fictif. En revanche, si vous avez désormais un véritable tamagotchi à la maison (ou plusieurs, sait-on jamais) et que celui-ci peine encore à écrire correctement son prénom, Tamagotchi, le film saura probablement lui faire passer un bon moment. Ou l’empêchera tout du moins de penser à mettre les doigts dans la prise électrique pendant une heure et demie, ce qui fait déjà ça de gagné. Mais quand on la compare entre autres aux oeuvres les plus enfantines d’un Hayao Miyazaki, Mon voisin Totoro et Ponyo sur la falaise en tête, cette version ciné des Tamagotchis arbore quand même une bien triste figure en réclamant des jeunes spectateurs de n’être que des éponges.

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