Solomon Kane

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Rendu extrêmement populaire dans les années 80 grâce au film de Milius avec ce bon vieux Schwarzy, Conan est à l’origine un personnage du fiévreux écrivain Robert E. Howard. Mais ce qu’on oublie parfois trop vite, c’est que Howard n’a pas seulement imaginé les aventures barbares du Cimérien et, parmi ses autres récits, nous retrouvons ceux ayant pour héros un certain Solomon Kane. Un puritain pourfendeur de démons et monstres à la morale aussi droite que son allure, impitoyable au combat. Autant dire que le potentiel cinématographique est carrément là. Alors, est-ce que le film de Michael J. Bassett saura être profitable au Puritain comme le fut celui de Milius pour le Cimérien ?

Dans un seizième siècle où la magie noire le dispute à la foi religieuse, Solomon Kane est un soldat de Dieu engagé avec ferveur et fureur dans son combat contre les forces du Mal. Multipliant les massacres sans vergogne, il est bientôt damné et, pour sauver son âme, renonce totalement aux armes. Devenu un Puritain, son errance l’amène à rencontrer une famille avec laquelle il trouve une nouvelle paix. Mais quand celle-ci est menacée par les hordes infernales d’un puissant sorcier, Solomon Kane n’a pas d’autre choix que de s’abandonner à un nouvel affrontement

Comme les nombreuses bandes de sword and sorcery qui suivirent la sortie de Conan le Barbare, la bonne volonté évidente derrière Solomon Kane ne signifie pas que le film parvient à feinter les défauts. En fait ils y sont même légions, inhérents à certaines productions de Samuel Hadida et sa société Davis Films. C’est à dire que d’un sujet en or mais ambitieux, on se retrouve au final avec une péloche bancale, bâtarde, de peur de se couper d’une partie du public en poussant le concept trop loin. Rappelez-vous les Resident Evil et l’invention du « gore propre »… Un fait d’autant plus rageant que toute l’intrigue aspire à la violence la plus brutale qui soit, symbolisation de l’horreur qui se trame en cette contrée (une constante du genre qu’il partage avec le film de guerre) mais également baromètre de la progression du héros, appelé à accepter sa condition de soldat illuminé. Alors ok, les combats sont plutôt sympa, mais on a vu plus démonstratif dans le genre. Et même quand le film se permet des choses relativement osées, on se garde bien de vous en montrer le moindre résultat. Mais le plus insidieux avec ce désir de la prod’ de rentrer au plus vite dans ses frais, c’est le sacrifice de précieuses minutes au montage afin de caler le plus de séances possibles par jour (on imagine pourquoi la post-production fut si longue). Très rythmé, Solomon Kane aurait ainsi gagné à franchir la barre des deux heures pour offrir davantage de souffle à son récit et, surtout, combler des blancs assez gênants. Une remarque concernant principalement les grands méchants, qui n’ont qu’un temps de présence ridicule à l’écran pour ne finalement rien y faire. Il faut voir l’ampleur du gâchis concernant le sorcier Malachi -apparition en toute fin, personnage inutile, mort pourrie alors qu’il est joué par le très cool Jason Flemyng- pour comprendre comme l’ensemble peut manquer de rigueur dans sa construction.

Ceci dit, en fier guerrier qu’il est, l’ensemble de ces défauts ne parvient pas non plus à mettre Solomon Kane à terre. Avec à sa barre un Michael J. Bassett (Wilderness) pas finaud mais efficace, le film garde tout du long un feeling pulp très plaisant, qui dédramatise ses errements (c’est pourquoi même quand James Purefoy surjoue à mort, ça passe). Non pas que ce courant artistique soit caractérisé par ses carences narratives, mais il est en fait dominé par un tel amour du genre approché qu’il nous communique cette flamme, la fait entrer en résonance avec la notre propre envers et contre tout. Et le réalisateur anglais de nous plonger alors dans une Europe ténébreuse à souhait, où les éléments ajoutent sans cesse au malheur des pauvres hères (la neige dans un premier temps, puis la pluie, sont omniprésentes). Des images fleurant bon la dark-fantasy et nous faisant presque oublier une partition horripilante de Klaus Badelt, tout en dissonances incongrues, sans compter qu’elles font aussi la part belle à un bestiaire fantastique varié. Pas forcément original, mais l’intention d’en donner au spectateur pour son argent se ressent dans chaque seconde du métrage et participe de cette bonne volonté qui achève d’emporter notre adhésion.

Ce n’est donc pas le Conan de Milius mais, à bien y regarder, cela aurait pu être largement pire. Après, on pourra toujours remettre en cause le respect du film par rapport au matériau original, bien plus sombre et intransigeant, mais il n’en reste pas moins qu’au petit jeu des licences massacrées (une spécialité hollywoodienne), Solomon Kane en sort la tête haute. Loin d’être parfait, il n’en constitue pas moins une honnête petite série B divertissante et plutôt agréable à voir, qui gagnera à être découverte par tous ceux ayant privilégié (et à raison) en cette fin d’année Avatar. Sûr qu’à sa sortie en vidéo, ce sera un vrai carton !

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2 Réponses à “Solomon Kane”

  1. mabataille dit :

    Pour 1 film Disney je lé trouver bcp tro violan

  2. pitouwh dit :

    Pour la 100ème fois, Solomon Kane n’est pas Taram et le chaudron magique ! Enfonce-toi ça dans le crâne, mioche !

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