Bienvenue à Zombieland

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Si les zombies ont toujours entretenu des liens très étroits avec l’Amérique, que ce soit au travers de leurs origines haïtiennes ou bien de la pléthore de films sur le sujet réalisés dans le sillon de Romero, il est indéniable que le renouveau de cette vorace créature s’est fait par l’intermédiaire de nos voisins britanniques. Le 28 jours plus tard de Danny Boyle, bien sûr, puis le Shaun of the Dead de Edgar Wright qui légitima la « zombie comedy ». C’est d’ailleurs vers ce dernier que semble se tourner Bienvenue à Zombieland, avec son duo d’anti-héros lâchés dans un monde infesté de morts-vivants. Sauf qu’ici, en lieu et place de la batte de cricket (et la « winchester », bien sûr), ils sont armés de fusil à pompe et mitraillettes. Alors, après y avoir ajouté leur sauce, les américains tiennent-ils enfin leur Shaun of the Dead ?

Suite à une épidémie, tous les êtres humains se sont transformés en zombies. Tous ? Non, pas Columbus, un jeune homme craintif et maniaque dont l’existence ultra-ordonnée lui a permis de survivre jusqu’ici. C’est alors qu’il fait la rencontre de Tallahassee, un autre survivant qui se trouve être son exact opposé. Mais dans ce monde où chacun essaye de vous dévorer, on ne va pas faire la fine bouche, non ?

Au premier abord, la tentation de relier ce Zombieland à la rom-zom-com de Edgar Wright peut être grande mais, après visionnage, l’idée vous quitte comme elle est venue. D’accord, il y a des similitudes entre les deux projets mais leurs différences sont encore plus primordiales, et en particulier une : là où Shaun of the Dead fonctionnait beaucoup sur le registre de la parodie (sans se moquer pour autant), Zombieland n’y touche presque jamais. Parce que son jeune réalisateur, Ruben Fleischer (dont c’est le premier long-métrage), avoue de lui-même ne pas être un fan du genre ni même le connaître spécialement. Difficile, donc, d’y faire référence. Mais ce pour quoi il a un talent certain, c’est la comédie, et pour faire sortir son film de zombies de la masse il va alors le mixer avec des règles directement empruntées au buddy-movie. Une idée qui fonctionne très bien dans ce contexte apocalyptique, excellent prétexte pour faire cohabiter deux personnages contraires même si, en cours de métrage, cet aspect de l’histoire est un peu délaissé et provoque un ralentissement du rythme.

Qu’importe, le film fonctionne malgré tout car il peut se reposer -en premier lieu- sur un casting impeccable. Bon, les actrices (Emma Super Blonde Stone et Abigail Little Miss Sunshine Breslin) ne sont pas spécialement gâtées avec des rôles de petites chacals irritantes, mais il n’en va pas de même avec leurs acolytes masculins. Impérial dès qu’il joue les timbrés ou les outcasts, Woody Harrelson trouve avec Tallahassee un personnage fait sur mesure pour lui, tout en gouaille et démesure. Mais la vraie révélation de cette bande de bras cassés, c’est bien évidemment son comparse Jesse Eisenberg. Déjà parce qu’on ne le connaissait pas du tout, au contraire des trois autres, et aussi parce qu’il nous rend son personnage très sympathique en dépit de sa maniaquerie. Drôle, efficace à sa façon dans l’action (voir la course sur le parking au début), il complète efficacement Woody le looney pour former un duo apte à nous entraîner dans leur aventure.

Pas con, Fleischer assure en plus encore davantage ses arrières en jouant la carte d’une action bien gratuite dès qu’il le peut, allant même jusqu’à filmer avec force de détails nos héros saccageant un magasin. Juste pour le plaisir de tout péter. Une logique de jouisseur ponctuant l’intrigue de scènes bien croquignolettes (les « zigouillages de zombies de la semaine ») et qui se parachève dans un climax très fendard, où fleurissent les idées le long d’un carnage festif (le décor si prête génialement) et pétaradant. Mais le réalisateur ne se contente pas de nous balancer des fusillades comme ça, il garde toujours à l’esprit une approche ludique de l’image. Son film étant porté par la narration de Eisenberg, dé-réalisante par sa nature même, il se permet plusieurs fantaisies conduisant son film à sans cesse interpeler notre oeil. Le monstrueux générique de début sur « For Whom the Bell Tolls » de Metallica nous plonge immédiatement dans cette liberté que prend la réalisation, et qui se traduit le plus souvent par des ralentis généreux (tout est plus beau au ralenti) mais surtout l’intégration interactive des règles de Columbus. Un style auquel Zombieland se tiendra jusqu’au bout, et ça tombe bien puisque cette originalité lui sied joliment.

Ne cherchant pas à singer le modèle de ses glorieux aînés ni même à s’imposer comme un nouveau chef d’oeuvre du genre, Bienvenue à Zombieland a été pensé dans le seul but de communiquer sa bonne humeur au spectateur. Et ça fonctionne on ne peut mieux ! Inventif, marrant, explosif, il s’agit là d’un excellent divertissement qui, par sa manie de jouer sur de nombreux niveaux, saura réjouir des cinéphiles d’horizons variés. Et si vous êtes un peu tristes à la fin de quitter ces sympathiques survivants, pas de panique : récompensé par un joli carton au box-office, une suite est déjà à l’étude et sera… en 3D ! Yeepee yeah !

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3 Réponses à “Bienvenue à Zombieland”

  1. judepomm dit :

    Moi je veux etre Tallahassee quand je serais plus grand

  2. mabataille dit :

    Un renouveau génial quand on pense à quoi s’abîme Romero dernièrement.
    Gros coup de coeur pour ma part.
    Si tous les gars qui ne connaissent pas bien le genre « zombi » pouvaient faire pareil ça en ferait des bonnes peloches.

  3. pitouwh dit :

    Je ne sais pas si on peut parler de renouveau (comme tu y vas sur Romero, en plus !), mais il est sûr que c’était sacrément cool.

    Et puis, moi aussi, je veux être Tallahassee ! Et John McClane les weekends !

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